‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 156 sur 407 · Doctrine sur l'union des deux natures en Jésus-Christ · texte numérisé non relu

Doctrine sur l'union des deux natures en Jésus-Christ

admise avant Nestorius.

L'Ealise avail défendu l'humanité du Christ contre les docètes, et sa divinité contre les ébionistes et les ariens, etc. Le développement de la science théologique conduisit bientôt àla question christologique proprement dite : de quelle manière sont unies dans le Christ la nature divine et la nature humaine ? La foi les montrait intimement unies, mais le mode de cette union restait imprécis, et les explications qu'en donnaient les anciens Pères ne sortaient pas des formules et des expressions vagues. Ainsi saint Ignace appelle le Seisneur ';y.oy.oz>bzz: "*. Et Tertullien recommande de dire : le Logos a revêtu l'humanité incarne est indutiis), de préférence à cai^o factus, parce que cette dernière expression pourrait faire croire que le Logos a été changé [transfiguratus) en chair, Origène envisage l'union des deux natures comme un tissu (7uvjç;aiv376ai), mais le plus souvent il se sert jjour désigner cette union du mot y.pajiç, c'est-à-dire mélange, correspondant au terme latin comnii.itio ^. Ainsi font saint Irénée ^, saint Méthode et d'autres auteurs plus récents. Ter-

1. S. Ignace, Ad Smyrn., c. v, dans Funk, Patruin apostol. opéra, iu-8, Tiibingae, 1887, t. i, p. 238.

1. Tertullien, Ail.ersus Pra.rearn, c. xxvii, P. L., t. ii, col. 214.

3. Contra Celsum, 1. 111, c. xli, De princip., 1. 111, c. vi, 3, P. G. t. xi, col. 972, 256.

4. S. Irénée, Adv. hxrt's., 1. III, c. xix, n. 1, /^. G., t. vu, col. 938.

tullien dit que le Christ est horno Deo mistiis ^, saint Cyprien Deiis [^^2] cuni liomine miscetnr -, et Lactanee Deus est et liomo e.c utroqiie génère permistus ^. Ils parlent aussi de la vie de chacune de ces deux natures (juvopû[rr), de leur copulatio, conne.rio, etc. '^, mais il faudra attendre le IV concile général pour que le problème de l'union et du mode d'union des deux natures soit posé et résolu par la doctrine de l'union hypostatique. D'après cette doctrine, les deux natures du Christ sont inséparablement unies sans être mêlées dans la personne divine (JTrôcTTaŒiç) du Logos. En l'Homme-Dieu n'existe pas une personne divine et une personne humaine ; il n'est pas non plus une fusion de ces deux personnes ; son principe personnel est la personne même du Logos, unie à la nature et non à la personne humaine. S'il en était autrement, il n'y aurait pas d'unité dans le Christ, mais deux personnes dans une seule et même individualité, celle du Christ; fait anormal et inadmissible, ces personnes fussentelles mêlées l'une à l'autre, ou subistant l'une à côté de l'autre. Cent ans environ avant que l'Eglise eût résolu définitivement la question christologique, Apollinaire, de Laodicée en Syrie, avait proposé une solution difiérente, basée sur de faux principes ^. Il

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