Marius Mercator, dans /*. /., t. xlviii, col
2. Ibid., col. 787. Nestorius s'insurgeait contre la seuleidée de « communication des idiomes », sous prélexle qu'on faisait ainsi de Dieu une créature finie et que larianisme ou l'apollinaiisme y auraient trouvé leur compte alors que justement ils étaient incapables de trouver une bonne distinction entre les divers attributs de la personne du Clirist : « Celui qui dit simplement que Dieu est né de Marie rend le dogme ridicule aux païens, disait-il. Manifeslcment ce qui est né, c'est la nature humaine, mais la divinité lui est associée. » 11 était d'accord avec l'roclus quand celui-ci disait : « Celui (]ui est né de la femme n'est ni simplement Dieu, ni simplement homme, car il est déjà 1 humanité engendrée associée à la divinité. Le Sauveur csl-il bien ressuscité des morts .' Et si celui qui crée les vivants est mort, qui pouriait communiquer la vie ; j) Pour Nestorius, la a communication des idiomes » eût entraîné pour Dieu l'état de créature pauvre et indigente. L'I^glise par la e communication des idiomes »
Procliis est plus significatif encore ; on y lit : « Ils appellent mortel le Dieu qui donne la vie, et ils osent rabaisser le Logos jusqu'à des fables de théâtres, comme s'il avait été enveloppé de langes (étant enfant) et s'il était mort (plus tard)... Pilate n'a pas tué la divinité, mais seulement l'habit de la divinité... Ce n'est pas le Logos que Joseph d'Arimathie a enveloppé dans un linceul de lin et qu'il a enseveli... Ce n'est pas celui qui est mort qui donne la vie, car qui l'aurait ressuscité lorsqu'il était mort? En s'unissant à l'homme. Dieu n'a pas été changé, mais il s'est uni à la nature humaine, et en la saisissant [complexihus stringens) il l'a élevée en demeurant lui-même invariable... Afin de satisfaire pour les hommes, le Christ a pris la personne de la nature coupable [debentis suscepit personani natarae)... Le Christ n'est pas simplement homme, il esta la fois Dieu et homme... et je prie cet homme avec la divinité comme le cooperarius dwinse auctoritatis ^ comme l'instrument de la bonté du Seigneur... comme le vivant manteau de pourpre du roi... Separo naturas^ sed conjungo reverentiam. Ce qui a été formé dans le corps de Marie n'est pas Dieu lui-même, mais comme Dieu habite dans celui qui a été choisi, il est aussi appelé Dieu, parce que c'est Dieu qui l'a choisi. Ce n'est pas Dieu qui a souffert, mais il était uni à la chair qui a été crucifiée... Nous voulons donc appeler la sainte Vierge 6£0oo)^oç, mais non pas Ôsoroxoç, car Dieu le Père est seul Ssotôxoç ; mais nous voulons honorer la nature qui est le vêtement de Dieu en même temps que la nature qui se sert de ce vêtement ; nous séparons les natures, mais nous ne séparons pas nos hommages ; nous le reconnaissons comme double, mais nous le prions comme s'il était un ^. »
On voit par là que Nestorius
a) Voulait, avec raison, conserver les deux natures et proclamer l'intégrité de chacune d'elles ^ ;
n'entend pas transformer la divinité en un être créé, mais seulement sauvegarder l'unité de la personne. (H. L.)