‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 183 sur 407 · Mansi, op. cit., t. iv, col. 883 sq · texte numérisé non relu

Mansi, op. cit., t. iv, col. 883 sq

'■j. Id., t. IV, col. 886 ; on lisait en outre dans la réplique celte phrase belli-

A la même époque Nestorius profita d'une occasion qui se présentait pour gagner à sa doctrine, si cela était possible, le pape Célestin. Il lui écrivit que plusieurs évêques occidentaux, en particulier les pélagiens Julianus, Florus, Orontius et Fabius, s'étaient plaints à l'empereur et à lui de ce que, quoique orthodoxes, ils étaient l'objet de persécutions. On les avait congédiés à plusieurs reprises, mais ils avaient renouvelé leurs plaintes. Il demandait donc où en était leur affaire. Au reste, il avait entrepris, dans son diocèse, la guérison d'une nouvelle sorte d'hérésie répandue même parmi les clercs, et offrant de l'analogie avec les doctrines corruptrices d'Apollinaire et d'Arius ''.

Une deuxième lettre, adressée un peu plus tard au pape, porte que Nestorius attend depuis longtemps la réponse au sujet des évêques occidentaux (c'est-à-dire pélagiens), et Célestin pourrait bien enfin le renseigner sur ce point. En même temps, il parle des nouvelles erreurs renouvelées de l'apollinarisme et de l'arianisme ^.

queuse : « L'expérience fera connaître les fruits que nous retirerons du scandale : quant à moi, je conserve la patience et la charité fraternelle, quoique vous ne l'ayez point gardée envers moi, pour ne rieu dire de plus. » (H. L.)

1. Voici la traduction de cette lettre dont Hefele n'avait donné qu'un résumé : « Ces gens réduisent l'Incarnation du Seigneur à une espèce de confusion, disant que le Dieu s'est fait homme et a été édifié ;ivec son temple et enseveli avec sa chair, comme s'il avait pris son origine de la Vierge Mère du Christ, ChrisfotocoSy et ils prétendent que la même chair n'est pas demeurée après la résurrection, mais qu'elle a passé dans la nature de la divinité. Ils ne craignent pas de nommer la Vierge theotocos, quoique les Pères de Nicée aient dit seulement que Notre-Seigueur s'est incarné de la Vierge Mnrie, sans parler des Ecritures qui la nomment partout Mère du Christ et non du Dieu-Verbe. Je crois que Votre Sainteté aura appris par la renommée les combats que nous avons soutenus à ce sujet, et qui n'ont pas été inutiles, car plusieurs se sont amendés et ont appris de nous que l'enfant doit être consubstantiel à sa mère, qu'il n'y a aucun mélange du Dieu-Verbe avec l'homme, mais qu'il y a une union de la créature et de l'humanité du Seigneur jointe à Dieu et tirée de la Vierge par le Saint-Esprit, Que si quelqu'un emploie le mol de theotocos en vue de la nativité temporelle du Fils de Dieu, nous disons que ce mot ne convient pas à Marie, car une vraie mère doit être de la même nature que ce qui est né d'elle. On peut néanmoins permettre l'emploi de ce terme en ce sens que le temple du Verbe, inséparable de lui, est tiré d'elle ; mais qu'elle soit la Mère du Verbe cela ne se peut, car on n'enfante pas ce qui est plus ancien que soi. » Le texte latin de cette lettre dans Marins Mercator, P. L., t. xlviii, col. 174 ; Hardouin, Coll. concil., t. i, col. 1307 ; Mansi, Concil. ainpliss. coll., t. IV, col. 1021. (H. L.)

2. P. L., t. xi.viii, col. 178 ; Hardouin, op. cit., t. i, col. 1309 ; Mansi, op. cit., t. IV, col. 1023.

I2y. LUTH- 1-XTHI-: CVIlILLi; ET NKSiOniLS 253

Les discussions qui s'étaient élevées entre Cyrille et Nestorlus avaient déterminé queK[ues alexandrins condamnés par Cyrille, pour des fautes graves contre les nueurs, à se rendi-e ii Constantinople afin d'v porter plainte contre leur archevêque. Lun de ces accusateurs avait été convaincu de concussion dans la distribu- [160] tion d'aumônes faites aux pauvres; le second avait maltraité, dune manière épouvantable, sa propre mère ; le troisième avait volé, et c'est à ces mécréants que Nestorius ajoutait foi. Cyrille se plaignit du procédé de .N'eslorius dans une secomle lettre ^ où il le prie de met-

1. Cetlo cleuxième lettre, publiée en fcvriei" i30, au début, du mois, a mérité radmiratioii de toute l'atiliquilé chrétienne. IClIe ( fut non seulement approuvée celte année par le c^)nclle de Rome et par le concile général d'Egypte, comme orthodoxe et entièrement irrépréhensible, mais elle tut lue aussi dans le concile œcuménique d'Ephèse et approuvée par tous les évéques, chacun en |)articulier. Dans le concile de Conslanlinople, sous saint Klavien, eii 'i48^ Eusèbe de Dorylée proposa cette lettre, que l'amour de Dieu et le zèle de la foi avaient fait écrire, comme la lègle de la doctrine de l'Église contre Nestorius et contre Eutychès. j Tillemont, Méin. hist. ecclés., t. xiv, p. 338. Cette lettre qui reçut le nom de Deuxième lettre à Xestoriiis ou de Tome peut être considérée comme le chef-d'œuvre de saint Cyrille. Le style est laborieux et affecté, « sans ornements, » dit Tillemonl, mais d'une précision et d'une rigueur logique irrésistible. L'érudition tant scripturaire que patristique est immense. La Deuxième lettre prit, dès le jour de son apparition, le rang principal dans la controvei'se ; nous la verrons invoquer plus tard dans les conciles comme un texte canonique. Voici la base de l'argumeiilation lo.it entière : Nous devons admettre dans le même Jé.sus-Christ les deux gc'-néralions ; — l'éternelle, par laquelle il procède de son Père ; la temporelle, par Liquelle il est né de sa mère. Quand nous disons qu'il a souffert et qu'il est ressuscité, nous ne disons pas (jue le Dieu-Verbe ait souffert en sa propre nature, car la divinité est impassible, mais le corps qui lui a été fait propre ayant souffert, nous disons qu'il a souffert lui-même et par suite (ju'il est mort. Le Verbe divin est immortel de sa nature ; il est la vie même, mais son corps a souffert la mort pour nous, sa chair est ressuscitée, et on lui attribue en cela la mort et la résurrection. Xous ne disons pas que nous adorons l'homme avec le Verbe, je crains que le mot avec ne doiine quelque idée de division, nous l'adorons comme une seule et même personne, parce que le corps du Verbe ne lui est pas étranger. C'est ainsi que les Pères ont osé nommer la Vierge mère de Dieu, non cjue la nature du Verbe ait pris d'elle le commencement de son être, mais pai-ce qu'en elle a été formé et animé le corps auquel s'e&t uni le Verbe divin, hypostase de la Trinité, ce qui fait dire qu'il est né selon la chair... Le but de nos adversaires est de confesser duux Christs et deux Fils, l'un proprement homme, l'autre proprement Dieu et de faire seulement une union de personnes : voilà l'essence de leur querelle... Ils nous calomnient en nous faisant dire que la divinité est née de -Marie el qu'elle est morte ; nous disons que le Verbe divin est né et mort suivant l'humanité qu'il a pi-ise. (H. L.)

tre fin aux scandales de sa prédication. Il donne ensuite une exposition de la doctrine orthodoxe. Le Logos ne s'est pas fait chair, dit-il, dans ce sens que la nature de Dieu s'est métamorphosée ou changée en aàp^ et 'J;u7v;, mais en ce sens qu'il s'est uni d'une manière hypostatique la c-àp^ animée d'une <huy-q Xo-^^v/Si], et qu'il est ainsi devenu homme d'une manière indéfinissahle. Les deux natures difj éventes s'étaient réunies pour former une véritable unité (xpcç bi'z-r^xa ri-jV àXY]Oiv}iv cru vaxOsïa-ott çùc-et?) ; des deux natures s'était formé un Christ et un seul Fils, non que cette union ait détruit la différence existant entre les deux natur^es, mais dans ce sens qu'elles constituetit un Seigneur Jésus-Christ et Fils par V union indissoluble de la divinité et de V humanité. Cyrille réfute ensuite la supposition injuste de Nestorius, d'après laquelle lui et ses amis auraient enseigné que le Logos avait tiré son commencement de Marie, et il poursuit: « Ce n'est pas un homme qui est né de Marie et sur lequel le Logos serait ensuite descendu ; m:iis le Logos s'est uni avec la nature humaine dans le sein de Marie, et s'est fait chair. Il a souffert, c'està-dire que le Logos, qui est par lui-même impassible, a souffert dans le corps qu'il a pris ^. »

Nestorius répondit : « qu'il consentait à se taire au sujet des impertinences contenues dans la surprenante lettre de Cyrille, mais qu'il ne devait cependant pas les passer toutes sous silence. Cyrille s'en rapportait au symbole de Nicée, qu'il avait lu d'une manière superficielle; son ignorance lui servait d'excuse. » Il veut ensuite [161] lui montrer par ce symbole et par la sainte Ecriture que l'on ne doit pas dire : Dieu est né et il a souffert ; ni : Marie est la Mère de Dieu ; ces manières de parler étant païennes, apollinaristes et ariennes. Cyrille avait dit avec raison que les deux natures avaient été unies par une personne, et que la divinité envisagée en elle-même ne pouvait naître ni souffrir ; mais ce qu'il ajoutait, à savoir que la divinité du Christ avait participé à la souffrance, etc., détruisait tout ce qu'il avait soutenu plus haut. Nestorius terminait de cette manière moqueuse et acerbe : « Cyrille déploie trop de zèle pour la cause de Dieu et s'occupe trop de l'Église de Constantinople, mais il a été trompé par les clercs de sa suite [x%q cr-T)? 'l'awç oiaôéffswç), condamnés à Constantinople, pour crime de manichéisme. A Constantinople, tout est pour le mieux et l'empereur professe une orthodoxie irréprochable ". »

1. Mansi, op. cit., t. iv, col. 887 sq. ; t. vi, col. 659 ; lîardouin. op. cit., t. I, col. 1273 ; t. n, col. 115.

2. Hardouin,o/;. cit.,i. i, col. 1277 ; Mansi, op. cit., t. iv, col. 891 sq.

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