CONTHE-ANATHÈMES DH NESTORIUS
per societatem, qna beatx et e.v se natiiralitcr Dominicœ Unigeniti natuiiv conjuncta et connc.ia esl, vencratiir ; anathcma sit.
Quiconque dit que la forme d esclave (clans le Christ) doit être honorée pour elle-même, c'est-à-dire en raison de sa propre nature et qu'elle est L''"'J la souveraine de toutes choses^, au lieu de dire qu'elle na droit à la vénération que parce qu elle esl unie à la nature iiienheureuse et toutepuissante du Fils unique, qu'il soit anathème.
Si quis fornix se/vi consuhstanllalcm esse di.verit Spiritiini sancluni et non potins per illius medintionem, quie est ad Deuin Verhiim ab ipsd conceptionc, habuisse dLverit coputationem seu conjunctioneni, per quant in liomines communes siniul nonnunquam mirandas curationes exercuil, et e.v hoc fu^andorum spirituum eveniebat esse potestatent ; unatliema sit.
Quiconque dit que (dans le Christ) la forme d'esclave est de même substance que le Saint-Esprit, au lieu de dire que c'est par l'intermédiaire du Saint-Esprit qu il doit son union au Logos en vigueur depuis la conception, par laquelle (union) il lit au milieu des hommes des guérisons miraculeuses et posséda le pouvoir de chasser les démons, qu'il soit anathème.
Si quis illud in principio Verbum pontificem et apostolum confessionis nostrse factum esse seque ipsum obtulisse pro nobis dicat, et non Emmanuelis esse apostolatuni potius dixerit, oblationenique secundum eamdem rationem ei dividat, qui univit, et illi qui unitus est ad unnni societatem filii, hoc est, Deo, quœ Dei sunt, et homini., qux sunt hominis, non dcputans ; anathema sit.
Quiconque dit que le Verbe qui subsiste depuis le commencement esl devenu le grand-prèlre et 1 apôtre de notre foi, et s'est offert lui-même pour nous, au lieu de dire que cet apostolat est propre à l'Emmanuel ; quiconque attribue le sacrifice de la môme manière et à celui qui a fait l'union (c est-à-dire le Logos) et à celui qui a été uni (c'est-à-dire 1 humanité) pour en laire une libation commune, refusent ainsi d'attribuer à Dieu ce qui revient à Dieu et à l'homme ce qui revient à Ihomme, qu'il soit anathème.
1. Maiius Mcrcatoi- icmarque, avec raisou, que jamais les '"alliolitjues u onl souleuu de pareilles opiuious.
284 LIVRE IX, CHAPITHE I
Si qiiis unitam carnem Verbo Dei, ex naturœ propriœ possihilitate vivificatricem esse dixeiHl, ipso Domino et Deo pronunciante : Spiritus est, qui vivîficat, caro nihil prodest ; anathema sit. Spiritus est Deus, a Domino pronunciatum est. Si qais ergo Deiun Verhiim carnaliter secundum substantiam carnem factum esse dicat [hoc est modo et specialiter custodite) ; maxime Domino Christo post resurrectionem discipulis suis dicente : Palpate et videte, quoniam spiritus ossa et carnem non habet, sicut me videtis habere : anathema sit.
Quiconque dit que la chair unie au Logos divin donne la vie par la force de sa nature propre, quoique le Seigneur et Dieu ait dit: « L'esprit vivifie etla chair ne sert à l'ien » (Jean, vi, 64), qu'il soit anathème. Le Seigneur ajoute encore : « Dieu est esprit » (Jean, iv, 24). Si donc quelqu'un croit que le Logos divin est devenu, dune manière charnelle, chair quant à sa substance, et s'il soutient cela à l'égard du Seigneur Christ, qui après sa résurrection disait cependant à ses disciples : « Palpez et voyez, car un esprit n'a pas des os et de la chair comme vous voyez que j'en ai » (Luc, XXIV, 39), qu'il soit anathème i.
Si qiiis confltens passiones carnis has quoque Verbo Dei et carni simul., in qua factiis est, sine discretione dignitatis naturarum tribuerit, anathema sit.
Quiconque en professant les souffrances de la chair, les attribue aussi au Logos de Dieu, de même qu'à la chair dans laquelle il a paru, sans discerner la dignité des natures, qu'il soit anathème.
Nestorius se bat ici avec des fantômes, il attribue à saint Cyrille des opinions que celui-ci ne professe pas ; par contre, il laisse percer çà et là ses propres erreurs, sa division de l'humain et du divin dans le Christ, ou plutôt sa division du Christ unique en deux. 1176]
Nestorius ne fut pas seul mécontent des anathèmes de Cyrille ; l'école d'Antioche le fut également ; en particulier Jean, archevêque d'Antioche, André, évêque de Samosate, et le célèbre Théodoret de Cyr soutinrent que ces anathèmes étaient entachés d'apollinarisme et les combattirent. Jean d'Antioche attaqua en particulier le troisième anathème, dans une lettre à Firmus, archevêque de
1. La partie du texte placée entre parenthèses est une glose, addition apocryphe, qui manque dans beaucoup de manuscrits. Cf. Marins Mercator, P. L., t. xlviii, col. 919.
i:?2. CON'TRE-AXATHÈMES DE NESTOHIUS 285
Césaréc, et ù d'autres évoques orientaux ^, sous prétexte que, d'après cet anatlièine, la chair ne formait dans le Christ qu'une seule nature avec la divinité, et (juc par c()nsé(pient riuiinanité et lu divinité ne faisaient, dans le Christ, ([u une seule nature. Le malentendu portait sur 1 l'xpression h^ziq çjj'./.y;. Jean se refusait à croire qu'elle fût réellement de Cvrille ; et oubliant la lettre qu'il avait antérieurement écrite à Nestoiius, il (it volte-lace en faveur de ce dernier, d'autant plus facilement (|ue Ne&toiius s'était déclaré prêt à accepter l'expression a mère de Dieu », pourvu qu'on l'interprétât dans un certain sens. André de Samosate écrivit contre les anathcmes de Cyrille un li\ro entier, dont nous possédons encore un fragment assez considérable qui nous a été conservé dans un mémoire justificatif écfit par suint Cyrille -; André de Samosate attaqua les douze propositions de Cyrille, et en particulier la troisième, où l'ëvcû^'.; ç'jjiy.Y] lui sembla un mélange des deux natures, et, par conséquent, une expression monophysique. Le sentiment de Théodoret parut de plus de poids dans celte discussion, car il attaqua les anathèmes de Cyrille, non pas seulement dans un seul écrit,
1. Mausi, op. cil., t. V, col. 756 ; Hardouin, op. rit.^ t. i, col. 1347. « Je vous fais parvouir, écrivait Jean d'Antioche à Firmus de Césarée, certains chapitres qui circulent dans la cité impériale an grand scandale des fidèles. On prétend qu'ils sont l'œuvre du très religieux évèque Cyrille, mais je n'y puis croire. La doctrine est tout à fait choquante pour ceux qui ont été élevés dans la vraie foi... 11 est absolument nécessaire d'arrêter la pernicieus"^ influence de ces cltapitres. S'ils pénètrent jusque dans le Pont, non seulement il ne faut pas les approuver on les tolérer, mais il faut les combattre avec acliarnemenl. » Tandis qu'il expédiait ces recommandations nu métropolitain de la Cappadoce, Jean adressait l'écrit de Cyrille à André de Samosate et à Théodoret de Cyr, les pressant, d'en faire paraître les réfutations qui ne tardèrent pas à voir lo jour. Ou admet communément ((uc la réfutation parvenue sous le nom des Orientaux est l'œuvre d'André. Elle est d'une étrange médiof-rité ; l'auteur semble incapable de pénétrer la pensée de Cyrille. Théodoret est moins médiocre, mais il voit l'apnlliunrisiue partout, là surtout où il n'y en a pas trace. Le P. Malié, op. cit , p. 507, i|iii a fait une étude approfondie de toute la controverse soulevée autour des anathérnatismes, conclut que « l'examen de cette double attaque (d'André et de Théodore!) et de la double justification opposée par Cyrille aura pour résultat de nous donner une idée claire et précise de la querelle qui divisa l'Eglise grecque au moment du con'-ile d'Ephèse. Pour le rlire loui de suite, conlinue-t-il, notre élude nous a conduit à cette «conclusion, bien digne d'ètie remarquée, que les deux christologies eu présence, cf-lle d'Antioche et celle d'Alexandrie, malgré des dillërences très notables, sont en somme l'une et l'auti-e parfaitement orthodoxes, i (H. L.)
2. Saint Cyrille, Apolu^eticus adversus Orientales, P. C ,t.Lxxvi, col. 315 sq.
mais dans plusieurs ouvrages qu'il composa ou de sapropre initiative ou à la demande de son supérieur ecclésiastique l'évêque d' Antioche ^. Quelques historiens ont prétendu que Cyrille s'était écarté de l'orthodoxie, autant sinon plus que Nestorius, et que toute la discussion ne portait que une question de mots, et nullement sur un point essentiel du christianisme. Dans sadissertation sur lacondamnation de Nestorius, le docteur Gengler a très bien montré ce qu'il y avait de superficiel dans cette opinion ^ : « En réalité^ ce ne fut pas seulement une question de mots qui agita l'Eglise au milieu du v® siècle, lorsque les anciennes discussions étaient à peine termi-L*''J nées ; il s'agissait d'un ensemble de principes qui menaçaient de bouleverser ce qu'il y avait de plus intime dans la foi chrétienne ; ce système ne voulait pas s'accommoder de l'expression Gsotôxoç. Contre cette fausse théorie dans laquelle Nestorius avait donné tête baissée, l'expression beziby.oç fut comme le drapeau de la foi chrétienne orthodoxe et il joua au v" siècle, dans les nouvelles discussions, le rôle qu'avait joué le mot b[).0Q-j(7izq dans l'histoire de l'arianisme. C'est ce que vit très clairement saint Cyrille; il l'exprima d'une manière très expresse, et demeura persuadé que tel était le rôle de ce mot dans cet état de choses ; il compare, comme nous l'avons dit plus haut, l'expression Oîotô/.oç avec l'expression b[j.ooù(yioq; et de même que l'illustre Athanase a sauvé la foi chrétienne sur le Logos par sa défense aussi obstinée que sa.gedeVb[xoo'ja\oq, de même Cyrille, en défendant le Osotoxoç, a maintenu la doctrine orthodoxe au sujet de l'incarnation du Logos. C'est ce que les contemporains de Cyrille ont reconnu ; ils lui ont donné le titre mérité de second Athanase, et il fut, en effet, le digne successeur du grand évêque d'Alexandrie ; dès le commencement, il vit, comme l'avait vu saint Athanase pour la question de l'arianisme, toute la portée du différend ; il ne s'est fait aucune illusion, il n'a pas eu besoin de rendre, dans la suite du débat, ses expressions plus précises ; il soutenait à la fin ce qu'il avait soutenu au commencement, et la profession de foi qu'il signa en dernier lieu n'était pas une rétractation, elle n'était que l'expression de ce qui avait été pendant longtemps ses opinions personnelles, et ce que ses adversaires avaient attaqué par un injuste aveuglement, »
1. Theodorel, JReprehensio XII anatheinatismorum Cyrilli, P. G., l. lxxxiii, col. 1493 sq. ; Théodoret, Epist. ad Joanii. Antioclienum, P. G., t. lxxxiii, col. 1414 sq., el dans Cyrille, P. G., t. lxxxii, col. 94 sq.
2. Dans Tûhinger theolog. Quartalschrift, 1835, t. ii, p. 216.