Opposition, conciliabule de ceux d'Antioche
Candidicn voulant détourner le coup (jui devait résulter de la publication de la sentence contre Nestorius, commanda aux crieurs c[iii devaient annoncer cette sentence dans la ville, d'avoir à garder le silence ^. En même temps, un édit fit connaître son mécontentement, et déclara que ce qui avait été fait par une partie de rassemblée avant l'arrivée de Jean d'Antioche et des évoques latins, était nul lie plein droit. Candidicn adjura, par une lettre particulière, les évèques absents de la première session de ne pas se joindre aux autres, mais d'attendre l'ouverture du concile général -. Nestorius ne tarda pas non plus à présenter ses plaintes, et, dès avant l'arrivée de Jean dAntioche, il écrivit aux empereurs une lettre dont voici le résumé. Les Egyptiens et les Asiatiques avaient tenu une session, contrevenant par là aux volontés de l'empereur qui avait ordonné une délibération générale. En outre, le peuple d'Ephèse excité par son évêque s'était livré à toutes sortes de brutalités contre Nestorius et ses amis. On avait envahi ses appartements, dispersé l'assemblée qui s'y trouvait réunie, et fait entendre contre elle des menaces de mort. Ces évèques avaient dû se réfugier dans l'église de [IJIJ Saint-Jean ou dans un ;72<3/'/?//7'///«, pour y siéger ; mais Mcninon en avait fait fermer les portes. L'empereur devait donc leur permettre de retourner chez eux, à moins qu'il ne consentît à les protéger au cas où se prolongerait leur séjour à Ephèse ; dans ce cas aussi, l'empereur devait faire célébrer un véritable concile d'évêques, sans moines ni clercs. La présence de deux évèques instruits choisis dans chaque province et celle du métropolitain devait suffire à constituer cette réunion. Outre Nestorius, dix autres évèques signèrent cette lettre ; c'étaient : Fritilas d'Héraclée en Thrace, Ilellade de Tarse, Dexian de Séleucie, Himère de Nicomédie,
drc ijuo quelques notes sténogi'aphiques (d'où leur nom de notaires) sur ce qui s était dit. et ce ne fut que plus tard qu ils purent mettre toutes choses en ordre sur le papier et qu ils rédigèrent les actes synodaux. Cf. Tillcmonl, Méin. hist. eccli-s.. t. xiv, p. '±05.
1. Voyez son récit dans Mansi, up. cit., t. iv. col. 1263 ; Hardouiu, op. cit.^ t. I, col. 1451.
2. Dans Hardouiu, up. cit., t. i, col. 1447 ; Mansi, op. cit., t. v, col. 772.
Alexandre d'Apamée, Eutherius de Tyane, Basile de Thessalie, Maxime d'Anazarbe, Alexandre d'Hiérapolis et Dorothée de Marcianopolis en Mysie ^.
Pour qn'àEphèse l'opinion publique demeurâtfavorable au concile, Cyrille et Rheginus, archevêque de Constantia (Salamine) en Chypre, ainsi que Théodore d'Aiicyre, prêchèrent à plusieurs reprises contre les erreurs de Nestorius ~. Le concile envoya aux empereurs le rapport annoncé, qui s'appliquait surtout à faire voir pourquoi la première session n'avait pu être retardée. Non seulement on avait attendu seize jours après le terme fixé par les empereurs ; mais plusieurs évêques étaient tombés malades à Ephèse, quelques-uns y étaient morts, et les plus âgés dans l'épiscopat avaient demandé avec instance de pouvoir rentrer chez eux. De plus, Jean d'Antioche avait fait dire par Alexandre d'Apamée et par Alexandre d'Hiérapolis que l'on devait commencer. On avait donc, nonobstant le refus de Nestorius de comparaître, ouvert la première session le 22 juin, et, au milieu de l'assemblée, on avait placé sur un trône le saint Evan- r|i)21 gile représentant du Christ. On dit ensuite en détail les opérations de la première session, et on en appelle au pape Célestin, qui avait frappé Nestorius de la même sentence que le concile. Enfin, on demande aux empereurs de veiller à l'extirpation des erreurs dans toutes les Eglises et à la destruction des livres de Nestorius. Les actes de la première session, qui venaient d'être rédigés, furent ajoutés à la lettre ^.
Quelques jours après, le 26 ou 27 juin *, Jean d'Antioche arriva
1. Mansi, op. cit., t. iv, col. 1234; Hardouiu, op. cit., l. i, col. 1438. Dans la traduction latine de ce document (dans le Synodicon Irensei, Mansi, op. cit.. t. V, col. 766), on trouve six évèques de plus (par exemple, Julien de Sardique), et, à la fin du document, on lit cette phrase : et omnes alii qui erant pariter, suhscripserunt similiter.
2. Leurs homélies se trouvent dans Mansi, op. cit., t. iv, col. 1246 sq. ; t. v, col. 218 sq. ; Hardouin, op. cit., t. i, col. 1443 et 1663, 1666. Saint Cyrille donna une de ces deux homélies lorsque sept autres évèques vinrent se réunir au parti du synode et assistèrent au service divin qui se fit dans l'église de Maria Deipara. D'autres sont désignées dans la suscription comme ayant été prononcées «le jour de saint Jean l'Evangéliste ». Cf. ïillemont, op. cit., t. xiv p. 401 sq.
3. Mansi, op. cit., t. iv, col. 1235 sq. ; Hardouin, op. cit., t. i, col. 1439 sq.
4. Cette date résulte des actes du conciliabule que Jean tint à Antioche, Voyez la page suivante. On se demande seulement si, parmi les cinq jours dont parle le synode, il faut aussi compter le 22 juin ; dans ce dernier cas Jean serait arrivé le 26, qui était un vendredi, ou bien, dans l'autre cas,