Cf. Epist. Memn.. loc. cit
4. Epist. synod.. dans Mansi, op cit., t. iv, col. I3:J4 ; Hardonin. op. cit., t. I. col. 1507,
suivre son récit, Jean d'Antioche réclama la lecture de la lettre impériale de convocation ; ensuite, Candidien poursuivit son exposé, et, sur une nouvelle question de Jean, affirma que Nestorius avait été condamné sans avoir été entendu. Jean trouva ce procédé conforme au caractère des membres du concile, puisque, au lieu de le saluer amicalement, ils s'étaient jetés en tumulte sur lui (c'est ainsi qu'il dénaturait leur démarche). Mais le saint concile maintenant groupé autour de lui rendrait contre eux les décisions nécessaires. Ce concile dont parle Jean d'une manière si pompeuse comptait en tout quarante-lrois membres, y compris Jean lui-même, tandis que du côté opposé il y avait plus de deux cents évêques. Jean demanda ce qu'il fallait décider au sujet de Cyrille et de ses partisans, et plusieurs évêques, qui n'étaient pas précisément connus comme nestoriens, prirent la parole pour raconter comment Cyrille etMemnon d'Ephèse avaient, dès le début, maltraité les nestoriens, ne leur avaient concédé aucune église et ne leur avaient pas permis, même au jour de la Pentecôte, de célébrer l'office divin. En outre, Memnon avait envoyé ses clercs dans les maisons des évêques pour les sommer avec menaces de prendre part au concile. Lui et Cyrille avaienttout bouleversé pour rendre impossible une enquête sur leurs propres erreurs. La dernière lettre de Cyrille (adressée à Nestorius et accompagnée des anathèmes) n'était cependant pas irréprochable, on y pouvait découvrir des opinions ariennes, apollinaristes et eunoméennes ; Jean avait le devoir de veiller à ce que les chefs de ces hérésies (Cyrille et Memnon) fussent punis ainsi que le comportait une telle impiété, et que les évêques qu'ils avaient trompés fussent soumis à une peine ecclésiastique.
A ces accusations calomnieuses et effrontées, Jean répondit avec une feinte douceur, qu'il « avait espéré de ne pas se trouver dans l'obligation de chasser de l'Eglise quiconque avait été élevé au [194J divin sacerdoce ; mais qu'il fallait, pour sauver le corps entier, sacrifier des membres inguérissables, et pour cette raison Cyrille et Memnon avaient mérité leur déposition, ayant causé du désordre et étant allés contre les ordres de l'empereur. En outre, ils étaient hérétiques dans les anathématismes mentionnés plus haut. Tous ceux qu'ils avaient trompés devaient être excommuniés jusc[u'à ce qu'ils eussent reconnu leurs fautes, anathématisé les principes hérétiques de Cyrille et souscrit au concile de Nicée sans y rien ajouter, enfin jusqu'à ce qu'ils eussent reçu Jean dans le concile. Les évêques réunis approuvèrent cette proposition, et Jean prononça