I.KTTRK DRS O RTHODO XKS , LEUll SKCO.VDE SF.SSIOX
Le légat I*rojectiis expliqua, diiiio manière très claire, le sens de la lettre du pape, en faisant voir que la sentence portée antérieure-
« Un stnil L'u inoui'aul n'a salislait pcnir luiis, niif parce qu'il les ilôpassail tous do boanconp en diguilû. j Ad rei;inas, i, 7, P. (!.. l. i.xxvi, col. 1108. S'il n'avait vie (jnim honmif eommo les aulics, il aurail liû il'alimd ddVir salisl'action pour liii-n)ùnio. ce dont il n cùl pas Ole capable. « Si le Christ n'a élé ni vrai Fils de Dieu, ni Dion par ualuio, mais siniplonient ce que nous sommes: un liommo ordiuaii-o ot un inslrunicnt do Dion, nous avons étô sauvés, non en Dieu, mais par un do nos ôj^aux ipii osl iiiori (-ommo nous cl (jui est rossus- <'i(t' par la \orlu d'une puissance élrangoro. Coinmcnl donc la mort a-t-ollo été vairu'uo j)ar lo CLIirist ? J'onlonds le; Seignoui- prononcer sur son àmc les paroles suivantes : Personne no nu- la prend ; c'est nn)i (jui la dépose sponlanémont, cai- j ai la puissance do la déjjoseï" et do la reprondro. Celui qui no connaissait pas la mort osl, à cause de nous, loiidn' avec son corps et son àine sous le coup de la inoil, aliti (]ue nous re\inssii)ns a\oc lui à ]a vie. 11 est l'ossuscité a|)i'ès avoir vaiiu-u lo monde souterrain, non vn cpialifé d homme, mais comme Dieu, dans la chair, avec nous oL au-dessus do nous. Notre nature a obtenu en lui, comme dan.s son chef, l'immorlalilé. La mort a été vaincue, quanil elle a étendu sa j)rise jus(|u'à son coi'|is qui ('lail la vie mémo: de même ([u'ello a trionipin; en Adam, elle a ôt('' vaincue dans lo (>lirisl. u Epist., 1, P. G., t. i.xxxii, col. 37. Xoslorius a abusé des équivocpics et sa terminologie fuyante a permis d'appeler très justement son onsoignenienl une logomachie. I-es termes de çyTiÇ) "JTtùo-Taaiç et TrpoffwTiov demeuraient dans une proximité déconcertante. Il ne (allait pas moins ([ue la pénétration et l'obstination de Cyrille pour distinguer ce qu'on rendait systématiquement obscur. C'est saint Cyrille ([ui mot on pleine lumière l'arliflce de IS'estorius qui fait consister l'unité dans la simililudo de nom des deux natures, eu sorte qu'on pourrait nommer chaque tidèle Fils et Christ, puisque tous participent au titre d'enfant de Dieu et à l'honneur départi au Seigneur. En conséquence, iî somme Nestorius de renonc(>r à la séparation des deux natures après leur union, Adw Nestoritiin, II, 8, P. G., t. lxxvi, col. 92, car si les deux natures ont existé séparément l'une de l'autre il faut admettre deux Christs. De recta in Deiim fide, c. VI, P. G., t. i.xxvi, col. 11 'il. Nostorius se défend d'un tel excès, mais il ne peut le faire que s'il soutien! 1 uniié du Fils de Dieu et l'union du Logos et du Fils de .Marie en une seule personne. Ad Ilegirias, i, 12, P. G., t. lxxvi, col. 1220. Saint Cyrille ne se contente pas de celte demi-concession tant que les nesloriens contestent l'union essentielle des deux natures. Eu outre, il est contraire au langage usité dans l'Eglise, d'attribuer au Logos pr'i^ à partie titre do Ciirisl qui appartient en propre au Sauveur pai- suite de la nature humaine cpi'il a prise et (jui a été consacrée par le Saint-Espiit. La sépaiation des deux natures conduit à une autre consé([uonce que h) neslorianismo parait s'obstiner à ne i)as apercevoir. L'adoration qu'il revendique pour le Sauveur ne de ^L^^ie séparé du Zo^o.s divin est une vétilabh^ anthropolàliie. L'union relative avec le Logos no corrige nullement lo caractère idol:\lrique de (;ette adoration cpii devra èti'o rendue au même titre et avec .uitanl <ie r.iison à tous les justes. Ré'duilc à cps pi'oportions, rincarnation |)eii! non seulement sa force mais encore sa beauté. ]^a \ii humaine cesse do trouver dans l'union hypos-
ment par le pape devait maintenant être mise à exécution pour 1 avantage de l'Église catholique et conformément aux règles de la foi universelle, c'est-à-dire que tous les évêques devaient donner leur assentiment;! la sentence papale et en faire celle de l'Eglise universelle. D'après cela, le concile n'avait pas à rechercher (tel était du moins l'avis du pape) si Nestorius avait ou n'avait pas enseigné des doctrines erronées ; ce point était hors de discussion. Depuis la sentence de Rome, le concile n'avait plus qu'à l'accepter et à la fortifier par i
son adhésion. Dans sa première session, le concile avait compris sa tâche d'une autre manière et il avait entamé un nouvel examen des [iO(j| doctrines de Nestorius. Il approuva cependant cette déclaration du pape, soit parce qu'il n'y fit pas d'opposition, soit parce qu'il donna son approbation explicite. Ainsi Firmus, archevêque de Césarée en Cappadoce, déclara que « la lettre écrite antérieurement parle Siège apostolique à Cyrille avait déjà donné sur la question de Nestorius une règle et une sentence ('1/y;çov -/.al tjt:ov), et qu'eux, les évê-
tatique le centre de sa gravitation surnaturelle et de son développement mystique. Le dogme de la Rédemption n'est pas moins maltraité et amoindri, de même que celui de la justification et de la sanctification de l'homme par la grâce du Christ. Jésus ne pouvait conserver dans le système nestorien sa supériorité morale sur les autres hommes qu'à la condition de posséder exclusivement l'union avec Uieu, laquelle devait dès lors être supprimée pour le reste des hommes. Nestorius s'appuie sur le texte aux Hébr., xi, 17, pour démontrer que le Logos n'a point de frères. Saint Cyrille démontre de son côté l'état de parenté avec le divin Logos oîi nous mettent la grâce et la haute dignité du chrétien sanctifié. En réalité le Logos divin a pris l'humanité dans le sein d'une femme afin que nous ayons part d'une façon analogique à sa naissance dans le sein du Père. Le Logos engendré de toute éternité par le Père est né avec nous selon la chair afin que nous puissions acquérir de Dieu, en esprit, son genre de naissance, pour que nous ne fussions plus enfantés de la chair, mais transformés en êtres surnaturels et que nous devenions enfants de Dieu par la grâce. L'homme se rapproche des perfections d'une nature divine sans les posséder absolument. Le Fils ne transforme en sa nature divine rien des choses créées ; cela est impossible, mais la ressemblance divine est imprimée sur tous ceux qui sont associés à sa nature divine et participent à l'Esprit- Saint. C'est par ce dernier aspect que le nestorianisme s'accommodait du pélagianisme et, dans la pratique, faisait alliance avec lui. On est si bien habitué à isoler les hérésies qu'on semble n'avoir pas fait attention à l'étroite corrélation qui existait entre les deux erreurs. Léporius l'a plus ou moins confusément iiperçu. Julien d'Eclane, si incomplètement apprécié aujourd'hui encore, malgi'é d'estimables travaux, marqua, praùqua le point de sulurc entre les deux doctrines en passant de l'une à l'autre, s'y mouvant à l'aise, complétant l'une par l'autre et ne sacrifiant rien de l'une à l'autre. (H. L.)
n?. TH01SIKME SESSION
ques réunis, n'avaient (juàse régler d'après ce type, et à faireexécuter la sentence canonique et aj)t)stoli(|ue portée contre Ncstorius ^. » Le légat Philippe, (p-ii parait avoir joui il'unc certaine prééminence sur ses collègues, remercia le concile de ce (jue « les membres saints s'étaient unis a la lètc sainte, sachant 1res bien ([iie Pierre est la tète de la foi commune et de tous les apôtres, » et il demanda que l'on présentât les décisions synodales prises jusqu'alors, afin (|ue, conformément aux ordri's du pape, les légats pussent les confirmer (^iîx'.io7M\j.vr. On h' lui promit, et la session l'ut close -.
137. Troisième session le ii juillet. Deux lettres synodales.
La troisième session eut lieu dès le lendemain, 11 juillet ; elle se tint dans la maison de Memnon. Les légats du pape déclarèrent avoir lu, dans lintervalle, les actes de la première session et avoir trouvé la sentence tout à lait canonique et conforme à la discipline de l'Église ; cependant, d'après l'ordre du pape, ils devaient réclamer la lecture publique en leur présence des actes de cette première session, ce qui eut lieu aussitôt.
Chaque légat du pape, et le prêtre Philippe (encore le premier) parla, après un long préambule sur la prééminence du pape, sur l'excommunication et la déposition de Ncstorius, et Cyrille d'Alexandrie remarqua qu ils avaient parlé ainsi en qualité de représentants du pape et de l'assemblée des évêques occidentaux. Il ne leur restait qu'à signer les actes des trois sessions déjà tenues, ce qu'ils firent immédiatement ^. Philippe signa le premier, quoique d'ordinaire il occupât le troisième rang. [201] Les évêques présents signèrent alors une lettre synodale adressée à l'empereur. Ils y racontaient comment les Occidentaux avaient célébré un concile à Rome avant l'ouverture de celui d'Kphèse, et comment la doctrine de Ncstorius y avait été condamnée. Le pape Célestin avait d'abord fait connaître par lettre cette condamnation ; ensuite trois légats envoyés par lui avaient confirmé la sentence du concile d'I^phèsc. Toute la chrétienté avait donc, à l'exception de
1. Maiisi, oj.\ cit., t. IV, col. 1287 ; Hardouin, op. cit., t. i, col. 1471,
2. Mansi, op. cit.. 1. iv, cul. 1290 ; Hardoiiiu, op. cit.. I. i, col. 1474.
3. Mausi, op. cit., t. iv, col. 1299; Hardouin. op. cit.. I. i, col. 1482.
quelques amis deNestorius, porté un jugement unanime ; on demandait donc à l'empereur d'autoriser l'Eglise de Constantinople à recevoir un nouvel évêqiie, et les membres du concile à rentrer chez eux ^. Dans une seconde lettre adressée à tout le clergé et au peuple de Constantinople, le concile émit l'espoir de rencontrer bientôt un évêqiie digne de la ville impériale. Cyrille signales actes le premier; après lui vint le prêtre Philippe de Rome, ensuite Juvénal de Jérusalem, et les deux autres légats -.
i38. Quatrième session, le 16 juillet.
Cinq jours plus tard, le 16 juillet, la quatrième session se tint dans la grande église de Marie, et ses actes nous montrent partout Cyrille en qualité de représentant du pape. Après lui viennent les trois légats (le prêtre est, cette fois, le dernier), puis Juvénal, etc. Cyrille et Memnon avaient composé un mémoire contenant en abrégé l'histoire du concile et celle du conciliabule. Ils terminaient ce mémoire en demandant que Jean d'Antioche et ses partisans fussent cités pour rendre compte de leur conduite ^. On envoya aussitôt trois évêques assigner le patriarche Jean à comparaître; [2021 mais celui-ci ne leur accorda pas d'audience ; ils trouvèrent sa maison entourée de gens armés qui se permirent d'injurier le concile et la foi orthodoxe, et menacèrent les députés.
Ayant, à leur retour, rapporté à Cyrille ce qui s'était passé, celuici déclara que Jean avait évidemment de mauvais sentiments qui l'empêchaient de venir. Les choses étant ainsi, le concile n'avait qu'à déclarer sans valeur le jugement porté sur Cyrille et sur Memnon, et à prononcer contre Jean la peine qu'il avait encourue. Juvénal de Jérusalem fit alors remarquer que Jean aurait dû rendre hommage et donner satisfaction, ainsi que c'était son devoir, au Siège apostolique de la grande Rome et à l'Église apostolique de Jérusalem ; d'autant plus qu'il était conforme à l'ordre et à la tradition apostolique que le siège d'Antioche fût jugé par celui-là. (Un scoliaste grec fait remarquer à cet endroit que le juge dont il
1. Mansi, op. cit., t. iv, col. 1302; Hardouin, op. cit., i. i, col. 1482.
2. Mausi, op. cit., t. iv, col. 1303; Hardouin, op. cit., l. i, col. 1483.
3. Mausi, op. cit., l. iv, col. 1306 sij. ; Hardouiu, op. cit., i. i, col. 1486 sq.