Cinquième session, le 17 juillet, et les deux lettres
synodales.
Le lendemain, les évêques tinrent leur cinquième session, ('vrille fit le rapport suivant : Jean et ses amis avaient publié un écrit plein dimprudence et de folie, portant une sentence de déposition contre lui et contre Memnon, et les accusant d'apollinarisme, d'arianisme ou d'eunomianisme. Tout cela était complètement dénué de fondement ; Memnon et lui anathématisaient toutes les hérésies, celles-là en particulier, ainsi que les erreurs de Nestorius et de ses partisans. Le concile devait assigner pour la troisième fois Jean et ses amis, afin qu'ils fissent la preuve publique de leurs accusations (contre Cyrille [203] et Memnon) ou qu'ils lussent condamnés eux-mêmes, pour faux rapports à l'empereur. On envoya donc à Jean trois évèques accompagnés d'un notaire pour l'inviter une troisième fois en le menaçant des peines canoniques au cas où il ne paraîtrait pas. Ils parvinrent à sa demeure ; mais au lieu de les recevoir, Jean voulut leur faire remettre par son archidiacre un document en leur disant : « Le saint concile (c'est-à-dire le conciliabule) vous envoie ceci. » C'était probablement le prétendu décret de déposition de Cyrille et de Memnon que les députés du concile refusèrent de recevoir. L'archidiacre alla annoncer ce refus à son maître, et revint aussitôt
1. Mansi, op. cit., t. iv, col. 1310-1315 ; llardouiii, op. cit.. l. i, col. 1487 sq.
après avec la même pièce en déclarant que les décrets (du concilia- ~
bule) avaient été déjà envoyés à l'empereur et qu'il fallait, pour ce motif, attendre de nouvelles instructions. Les députés ayant voulu exposer, de vive voix, la proposition qu'envoyait faire le concile, l'archidiacre s'enfuit en disant : « Vous n'avez pas voulu recevoir le document, je ne veux pas, de mon côté, entendre le message de votre concile. » Les députés purent cependant faire connaître à quelques prêtres de Jean d'Antioche ce dont il s'agissait, afin qu'ils en fissent part à Jean lui-même. Le concile déclara avoir bien des motifs pour se montrer plus sévère vis-à-vis de Jean et de ses compagnons, mais préférant la douceur, il se contenta de l'excommunication (sans déposition) et de la suspension de toute juridiction ecclésiastique jusqu'à ce que Jean eût reconnu sa faute. S'il ne le faisait pas dans un court délai, on porterait contre lui une sentence sévère et conforme aux canons. Il allait de soi que les décisions portées contre Cyrille et Memnon étaient nulles de plein droit. Les actes de cette session devaient être envoyés aux empereurs.
Le concile donna ensuite les noms de ceux qui se trouvaient sous le coup de ces peines et de ces menaces. C'étaient : Jean d'Antioche, Jean de Damas, Alexandre d'Apamée, Dexian de Séleucie, Alexandre d'Hiérapolis, Himère de Nicomcdie, Fritilas d'Héraclée, Hellade de Tarse, Maximien d'Anaznrbe, Dorothée de Marcianopolis, Pierre de [204] Trajanopolis, Paul d'Émèse, Polycronius d'Héraclée, Euthérius de Tyane, Mélèce de Néocésarée, Théodoret de Cyr, Apringius de Chalcis, Macaire de Laodicée la grande, Zosys de Esbuntis, Saluste de Corycus, Hesychius de Castabala, Valentin de Mutlubbaca (Malins), Eusthate de Parnassus, Philippe de Tliéodosianopolis, Daniel, Julien, Cyrille, Olynipius, Diogène, Palladius (ceux-ci sans désignation de siège), Théophane de Philadelphie, Trajan d'Augusta, Aurèle d'Irenopolis, Musaeus d'Arcadiopolis, Ilellade de Ptolémaïs K En tout trente-cinq évêques. La comparaison de leurs noms avec les quarante-trois signatures au bas du décret de la première session du conciliabule, montre que le parti avait fait quelques recrues, mais suivant la prédiction de Cyrille, il avait perdu notablement plus de monde qu'il n'en n'avait gagné.
Le concile fit deux rapports sur ce qui s'était passé et les envoya au pape et à l'empereur ; ces deux pièces ne sont pas sans impor-
1. Mansi, op. cit., t. iv, col. 1318-1326; Hardouia, op. cit., t. i, col. 493-