l.KS CANONS Df DKUXIKMI. CONCILK (KCL'M KNIQl'K
fin-uie dans les anciennes collecti()ns canonifiiies, <lans Socrate et Soxomt'ne, ([ui 1 un et laiilrc allirment (jue cette ordonnance a été
dans le Go cantm Je Nicée, signifie f prérogatives » ou n privilèges >, mais ici l'addition des mots tt,; Ttiif,; précise elliinile le sens à rinsliliilinn que les anciens tr.iducteurs latins rendaient par priinatus Itunoris, distingué de toute autorité elPective. La j)araphrase arabe de ces canons dit que « 1 évèque de Constantinople prend rang tout de suite après l'évèque de Rome, » (Mansi, Coiicil. omplisx. coll., t. m, col. 57S| et Zonaras fait observer que [i.i-i dénoie un rang secondaire : JTToIîi^aeriiov y.al âXiTTOJffiv, comme le reconnaît la Novelle 130* de Justinien. La raison donnée de la faveur réclamée par C'onstanlinoi)le est digne d'attention. La ville bâtie par Constantin est une « nouvelle Home i, à ce litre elle doit donc n'avoir qu'une infériorité d'ancienneté à l'égard de la lîome ancienne et celle-ci ne jouit de son privilège qu'à titre purement politique : la majesté de la Ville. La manœuvre se devine sans peine ; pour rabaisser les prétentions de l'Église romaine, on lui rappelle qu'elle tient son rang éminent d'une pure rencontre, elle participe à la grandeur de la ville et rien ne prouve que les révolutions des empiresne la feront pas descendrequelque jour au-dessous de celte jeune cité, à peine émancipée de son rang modeste de parœcia du diocèse d'iléraclée. Rome s'insurgea toujours contre cette tendance qu'on pourrait appeler « naturaliste » et soutint que sa primauté n'était pas attachée à une contingence politique, mais à la fondation du siège épiscopal par Pierre, elle était donc c apostolique », d'où sa véritable supériorité. Le rang occupé depuis trois siècles assurait d'ailleurs au siège de Rome une prt'éinincnce fondée sur l'habitude des Eglises provinciales, sur leur reconnaissance pour les bienfaits reçus et sur le rôle dogmatique et disciplinaire de plus en plus visible. Les st>uvenirs du passé n'étaient pas entièrement négligeables. Théodoret dans sa lettre au pape Léon, Epist., i:xui, Ibnda la supériorité de l'Eglise de Rome, sur rillustration cl la grandeur de la cité, sur sa foi et pardessus tout sur la possession des tombeaux des apôtres. Ce dernier argument a son intérêt d'autant plus grand que; des documents letouchés à une époque tardive racontent une tentative d'enlèvement des deux corps par des Grecs, opéraiit à iiiiiu armée. — L'obstination déployée par les empereurs et par les évêques de Constantinople pour rehausser le siège épiscopal de cette ville n'entamait pas seulement la prédominance du siège de Rome, elle lésait les droits acquis des sièges d'Alexandrie cl d'Autioche qui avaient joui du second et du troisième rang dans la liiérai-chio. A l'égai-tl d'Alexan<lrie, la maladresse de l'évèque Pierre qui av.iil prétendu imposer .Maxime le Cynii]ue à Constantinople, se trouvait sévèrement punie. Quant à l'Eglise d'Anlioche, sa situation particulière à la date du concile de o81, la mettait hors d'état de revendicjuer bien éiiergiquemcnt ses droits. Le schisme mélétien lui valait, avec d'autres maux, cette inibrlune d'assister sans résistance ellicace possible à sa propre déchéance. Il va sans dire que ce remaniement dans la hiérarchie des grands sièges fut considéré comme n<jii-aveiiii par l'Occident. Paschasinus, légat du pape Léon au concile de Chalcédoine, observ;i dans la première session que « par la volonté de Uieu > Anatolius de Constantinople était le premier (Mansi, Concil. anipUss. coll., t. vi, col. G07) ; dans la 16« session, lui et sou co-légat.
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pioiniilgiiée par lo coiuile de ConsUiiiliiioplc ^. Beaucoup de Grecs ont souleiiu que par ce canon révcqiie do Conslanlinople avait été proclamé l'égal, sons Ions rapports, de lévéqne de Rome, et selon eux la préposition après n'indique que la postériorité du temps ; mais dès le moyen âge, Zonaras avait reconnu comme dénuée de londcmcnt cette explication et avait admiscjue, dans sa NovellelSO" du livre V du litreinde ses Constitutions impériales, Justinien reconnaissait la supériorité du siège de Rome sur celui de Constantinople -. ['■°J
D'après le sens littéral, le 3° canon n'accorde à l'évcque de Constantinople ([ue la prééminence d'honneur.
Le célèbre Pierre de Marca s'est efTorcé dans une dissertation très étendue, de prouver que le jus zaTpiapyixbv, c'est-à-dire la juridiction d'un patriarche, lut reconnu à l'c-vèque de Constantinople pour la première fois par le IV concile œcuménique (de Chalcédoine) honorem Vero sohini in sijnodo Constanlinopolitana. Ilergenrother a reproduit cette opinion '^ ; cependant nous persistons ii regarder comme plus vraisemblable que le canon de Constantinople a accordé à l'évèquo de Constantinople, en môme temps que la prééminence d'honneur, la juridiction sur le diocèse de Thrace qui jusqu'i» ce jour dépendait de l'évèque dlléracléc.
Socrate donne sur ce point plus de renseignements que le 3'' canon. Il dit : « Le synode établit des patriarches, car il fit la division des éparchies (provinces). Nectaire (de Constantinople) rcynt, pour sa part, la ville impériale et la province de Thrace. » Le même fait est rapporté par Théodoret ; il dit, dans son Ej)islola i.xxxvi ad Flavinnum^ que les Pères de Constantinople « avaient séparé
Lucentius, dcs.ivouèrent les cauons de Conslanlinople (Mansi, op. cit., I. vu, col. 'i'i'-), enfin, le pape Léon liii-mciiie déclara que l'élévalion du siot^e de Constantinople aux dépens de ceux d'Alexandrie ot d'Anlioclic, allait contre les règles de Nicéc. Il désigna le 3* canon comme quonimdam episco/iorum conscriptio qui n a jamais été porlé à la connaissance du siège apostolique, saint Léon, Kpist.,c\i, 2, 5, P. /,.,t. i.iv. col. lOO.'J, 1005; saint Gréy:oirele Grand, Epislular.j VII, l'-pist. x\xiv,P. L., t. i,xxvii,coI.892. Les légats romains au concile de Constantinople de 869, signèrent le 2 le canon qui rangeait Constantinople tout do snil(! après Rome (Mansi, op. rit., t. xvi, col. 174). Le second rang ne fut définitivement concédé qu'après l'érection dun patriarcat latin au concile de Lalian de 1215 (Mansi, op. cit., t. xxii, col. 991) ; ce rang lut reconnu au patriarche grec à Klorence, en lib9. (11. L.)
1. Socrate, Jlist. ecclcs,, 1. V, c. viii, Sozomène, Ilist. eccles., 1. VII, c. ix, P. G., t. Lxvii, col. 576, 14^6. (H. L.)