Hergenrother, Pliotius, l. i, p
98 Li:s CANONS DU UKUXIKMI, CONÇU. K U:CU.M KNIOUK -7
les diocèses les mis des autres. » I lt're:eiir()tli(>r est ohlitré de reconnaître tjiie « ce ne lut plus à revècjue d Ilciaelic (|iie lut altribiiée la juridietioM du diocèse de lliiaee, mais à e(l:ii di' (loijslantinople. » Ce (jui lU' peut sijj^nifier autre cliose sinon cpie l'évc'^cjue de Coiistanlinoj»l(' olilinl dès lors la juiidielion sur les diocèses de Thrace.
l*arnii les motifs qui amenèrent le coneile a niodiner le rang des piiiiii|>au.\ sièges épiscopaux, tel (piil avait été fixé par le G® canon de .N'ieée, nous devons loul dahord considérer une raison politi(jue : les empereurs souhailaieiil naturellement, cjue la nouvelle Home lut peu éloignée de leur résidence particulière, Constantinople ayant été élevée au rang de la nouvelle Home, même pour son siège épiscopal, il devenait indispensable de placer cette ville dans la hiérarchie ecclésiastique immédiatement après la Rome ancienne. En outre, chez les Grecs il était dérègle déclasser les évèchés daprès limportance des villes. Le canon 9" du concile d'Antioche, de 341, avait formellement établi cette règle. Le IV*^ concile œcuménique (can. 17) se prononcera plus tard dans le même sens. Nous le verrons en écrivant l'histoire du IV" concile œcuménique, >^ 200, et nous reparlerons du concile de Constantinople et des pi'ûtestations c[ue Rome souleva contre celte thèse. Pour le moment, contentons-nous chi faire; lemarquer (jue la défaveur qui s'attachait au siège d'Alexandrie, a dû contribuei- à fonder la supériorité du siège de Constantinople sur Alexandrie ; cette ville s'était en eilet montrée sous un jour très fâcheux dans ses rapports ecclésiasti([ues avec (À)nstantinople. Du reste, pendant de longs siècles, Rome se refusa à reconnaîtie ces modifications dans le rang des sièges épiscopaux de l'ancienne Église. Et lorscjue Gratien, dist. XXII, c. 3. inséra notre canon dans sa collection, les censeurs romains y ajoutèrent la note suivante : Canon hic e.r iis t'.s7, (^iios apostolica liomana sedes a principio cl lon^o po.sl lempore non rccipit.
Can. 6.
\\-.'S\ Mxriy.cj t:j lvjv'.y.:j -/.j). ty;'; /.r- y.jTbv i-azb; ty;'; vt KcovTTavt'.-
\i.'r~.i t:j; -a; y:j-.zj yt'.pzzo'/rfivj-x^ iv ;[(;)Sy;::ctc [ix()[j.(^ yjâ,pzj, zâv-wv V.2'. T(Li'/ T.ip: ajTSv Y£v3[i.£vov à/.'jpoOÉvTrov /.xi -ùh r.xp 'a'jr;j.
Au siijri ch' Maxime le (^ynlcjuc et des dc-sordres qui se sont pi'oduits à cause de lui à Conslantiiiople (nous déclarons) «pu; .Maxime n'a jamais été évèque et qu'il ne l'est pas rijènje aujourd'hui, et que ceux i|ui ont été
ordonnés par Ini, pour (jiiehjiK.' degré de la rlôrir.ature que ce soit (ne sont réellement pas ordonntjs), car tout ce qui s'est fait à son éy^ard (c'està-dire la prétendue ordination qu'il avait reçue) et loul ce qu'il a fait luinaôme est sans valeur.
Nous avons, à plusiotirs reprises, parlé de Maxime *, et nous avons dit comment il a\ait cru recevoir l'ordination cpiscopale. Aussi le concile avait-il raison de prononcer sa déposition. On ne faisait pas alors une distinction bien précise entre l'ordination ou la consécration non valide [invalida, xv.upz^) et celle qui n'était pas permise {illicita) ; l'ordination non valide légalement et pratiquement inefficace était désignc'-e tout simplement comme invalide, ay.uooç. tandis que plus tard le droit ecclésiastique établit une distinction très claire entre la nullité légale et la nullité sacramentelle. Les deux lettres du pape Damase ii Acboliusde Thessalonicjue, montrent que ce pape ne voulait pas, au début, confirmer l'élection de Maxime. Mais, peu après, beaucoup de Latins, et en particulier saint Ambroise, changèrent d'avis et, dans un concile tenu pendant l'automne de cette même année 381, ils se prononcèrent pour Maxime et en faveur de ses prétentions au siège de Constantinople, tandis qu'ils repoussaient Grégoire de Nazianze et Nectaire. Ils proposèrent la réunion d'un concile auquel prendraient part les évèques de l'Orient et de l'Occident, et dans lequel on trancherait définitivement la question du siège de Constantinople -. Mais, dans le concile tenu à Constantinople en 382, les évêques grecs défendirent la légitimité de Télection de Nectaire, et l'empereur Théodose envoya à Rome des ambassadeurs pour soutenir cette opinion '■^.
Le résultat de ces négociations fut la reconnaissance, par le pape, de l'élection de Nectaire ; une génération plus tard, le pape Boniface l*"" affirmait, en efrot, que le pape Damase avait fini par approuver cette élection '.
1. W. Brigiit, The Canons of the first four gênerai Concils, in-12, Oxford, 1892, p. 111 sq. Cf. L. Sallcl, f.es rénrdinatinna. Etude sur le sacrement de l'Ordre iu-8, Paris, 1907. (H. L.)
2. Lettre synodale des Latins à l'empereur Tlicodose dans Hardouin, Coll. concil., t. I, col. 845 ; Mansi, Concil. ampliss. coll., t. m, roi. iVM.
3. Tliéodoret, Ilist. ercles.. I. V, c. ix, P. G., t. lxxxii, col. 1217.
4. Boniface I, Kpist. ad episc. Illyrix, dans V. de Marca, De concordia sacerdotii et imperii, 1. V, c. xxi, n. 10. [M. Rade, Damasus, Bischof von Rom, ein Beitrag zur Geschichtc der An fange des romischen Primats, in-8, Freiburg, 1882, p. 107, 116 sq., 133; A. E. Biirn, An introduction to the Crecds and to the Te Deum, in-8, London, 1899, p. 109. (H. L.)]