‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 232 sur 407 · Mansi, op. cit., t. v, col · texte numérisé non relu

Mansi, op. cit., t. v, col

l'iô. SYMBOLE IVl ACrni-S DOCUMENTS OV PAIITI D ANTIOCHI-:

de trois édits adressés au coiulle par les empereurs. C'est la déclaration svnodale signée par Jean d'Antioche et par tous ses partisans avec la suscription De sc/iis/naticifi '.

Le conciliabule des partisans d'Antioche à Kphèse adressa une troisième lettre au clergé, aux moines et au peuple d'Antioche, tlaiis laciuelle il raconte, non sans s'adresser à lui-même beaucoup d'éloges, ce qui s'était passé. On fait remarquer ([ue Cyrille et Memnon, malgré leur rigoureuse captivité, ne changeaient cependant pas de sentiments et continuaient par désespoir à mettre le désordre partout, sans s'inquiéter aucunement de l'excommunication prononcée contre eux et continuaient à exercer les fonctions ecclésiastiques. Aussi, conformément à une règle de l'Église (le canon 4" du concile d'Antioche de l'année 341), ne pouvaient-ils plus être réintégrés. Ils le savaient et cherchaient à cause de cela à perpétuer le désordre dans rÉglise. On pouvait à Antioche avoir bon [2.301 espoir, remercier Dieu de ce qui s'était fait, prier pour les égarés, prêcher contre la doctrine impie de Cyrille et livrer aux juges tous ceux qui voudraient la propager -.

Le conciliabule s'adressa de nouveau à Acace de Bérée, l'assurant de son zèle contre l'apoUinarisme et lui faisant connaître que ceux qui avaient été trompés par Cyrille refusaient d'obéir aux ordres de l'empereur et de rejeter leurs faux principes. Pour eux, ils avaient à grand'peine rédigé une réfutation détaillée de ces principes, et avaient invité leurs adversaires à une discussion doctrinale. Mais ces derniers n'avaient pas répondu à cette invitation et continuaient à jeter partout le désordre et à envoyer dans toutes les villes et les provinces, contre ceux d'Antioche, des lettres mensongères, pleines d'accusations qui ne pouvaient tromper que les simples ; tous les autres savaient que ce qui vient de clercs déposés est sans valeur. Quant à ces clercs, ils étaient déposés à tout jamais, parce que, après leur excommunication, ils avaient continué à remplir leurs fonctions ecclésiasti([ues ; quant à Cyrille et Memnon, ils étaient surveillés de très près dans leur prison et entourés, jour et nuit, de soldats. Acace pouvait remercier Dieu et prier pour ceux d'Antioche et pour les égarés, afin que ces derniers revinssent à l'antique foi ^.

1. Mansi. op. cil., l. iv. cul. 1375 ; Hai-doiiin, op. cit., l. i, col. 1535.

2. Mansi. op. cit., l. v, col. 78'i ; Haidouiu, op. cit., 1. i, col. 1559.

3. Mausi, op. cit., t v, cul. 785 ; Hurdoulu, op. cit., l. i, col. 1568.

146. L'empereur mande auprès de lui les députés des deux partis.

Les efforts de Dalmatius et des évêques présents à Constantinople ne furent pas sans heureux résultats. Dans leur lettre aux Pères d'Ephèse ces évêques rapportaient comme un bruit que l'empereur était en de meilleurs sentiments à Tégard du vrai concile ^. [231] On ignore comment s'opéra ce changement dans les idées de l'empereur ; nous savons seulement que Théodose accéda à la demande du concile et résolut d'entendre les députés des deux partis. Baronius suppose que la défaite de son général Aspar, dans la guerre en Afrique contre les Vandales, avait profondément impressionné et converti l'empereur ; mais Tillemont remarque, avec raison, que si Théodose n'avait pas agi jusque-là, c'était par ignorance, non par hostilité, par conséquent, il ne pouvait guère voir dans le malheur une punition de Dieu ; en outre, cette défaite n'est pas antérieure à la fin du mois d'août (431) et on n'a pu en connaître si rapidement le résultat à Constantinople -.

Le décret par lequel l'empereur cita devant lui huit orateurs des deux partis ne nous est pas parvenu ; nous ne le connaissons que par ses résultats et par la réponse qu'y fit chacun des deux partis. Le comte Jean le communiqua aux uns comme aux autres, et chaque parti se hâta de choisir ses fondés de pouvoir. Du côté des catholiques, ce furent Philippe, prêtre romain et légat du pape, les évêques Arcadius (également légat du pape), Juvénal (de Jérusalem), Flavien (de Philippi), Firmus (de Césarée en Cappadoce), Théodote (d'Ancyre), Acace (de Mélitène) et Evoptius (de Ptolémaïs en Afrique) ^. Cyrille eût volontiers fait partie de cette ambassade afin de

1. C'est ce que dit le texte grec : XpriO-rà rà Trapâ to-j ÔEoçjiXECTâTou [3acrcXé(o; ïi|j.Ïv ày^kXks.Ta.1, où r|[j,ïv ajouté à àyyéiy.e-za.i signifie : // vient à notre connaissance. La traduction latine a modifié ce sens : Jmperator meliora de nohis cogitare dicitur. Mansi, op. cit., t. iv, col. 1450; Hardouiu, op. cit., t. i, col. 1603.

2. Baronius, ad annum 4ol, n. 137 sq. ; Tillemont, Mém., t. xiv, n. 61 sur saint Cyrille.

3. Il est assez surprenant que, dans le document synodal ayant trait à ce choix (dans Mansi, op. cit., t. iv, col. 1458 ; Hardouin, op. cit., t. i, col. 1601), le prêtre romain Philippe se trouve nommé primo loco et avant les autres lé-

l',6. l'eMPEULUH MANDi: AUPHKS DE LLI l.i:s DÉPUTÉS 361

se justifier des accusations portées contre lui; mais il dut, ainsi que Meinnon, rester en prison. Du côté de ceux d'Autioche, on choisit Jean d'Antioche, Jean de Damas, Ilîmère de Xicomédie Paul d'Eniisa, Macaire de l.aodicée, Apringius de Chalcis, Théo- [>-J J (loret de Cyr, et Helladc de iUolémaïs (Phénicie) ^.

Les iustructions données par le concile à ses députés peuvent se résumer aiusi : « Les pieux empereurs ayant permis, au nom de l'univers entier représenté par le concile qui combat pour la foi orthodoxe, il'euvoyer une députation à Constantiuople, dans Tintérèt de l'orthodoxie cl des deux saints évoques Cyrille et Memnon, nous vous avons confié cette mission ; voici nos instructions, ^'ous devez, par-dessus tout, refuser toute communion avec Jean d'Antioche et son concile d'apostats ; ils n'ont pas voulu s'unir à nous pour déposer Nestorius ; jusqu'à son départ, ils n'ont cessé d'être ses patrons ; ils ont osé, en opposition avec les canons, déposer Cyrille et Memnon ; jusqu'à ce jour, ils ont constamment défendu les principes de Nestorius. IMusieurs d'entre eux ont été déposés et sont célestins (pélagiens), enfin, ils n'ont pas rougi de présenter calomnieusement comme hérétique le concile de l'univers entier. Si l'empereur vous fait des instances sur ce point (comme il faut toujours lui obéir dans la mesure du possible), vous promettez d'accepter la communion de ceux d'Antioche^ à la condition qu'ils signeront la déposition de Nestorius, qu'ils demanderont par écrit pardon au concile, au sujet de Cyrille et de Memnon, à la condition surtout qu'ils anathématiseront les erreurs de Nestorius, condamneront ses partisans et uniront leurs efi'orts à ceux du concile pour que Cyrille et Memnon soient réintégrés. Du reste, vous ne devrez rien faire sans en avertir le concile ; car une réconciliation complète avec ceux d'Antioche ne pourrait avoir lieu sans son assentiment ; vous ne pourrez entrer de fait en communion avec ceux d'Antioche avant que le concile ait de nouveau ses chefs (Cyrille et Memnon). Cette pièce est signée de l'évêque Bérinien de Perga, qui probable-

gats du pape qui étaient cependant évêques, et avant Juvénal, etc. Pierre de Marca, De concordia, lib. V, c. iv, § 8, croit que c'est là une faute de copiste; mais Tillcmonl, Mémoires, l. xiv, j). 471, a montré la faiblesse de cet argument sans émettre un autre avis 11 suflira de rappelei- ([ue l'Iiilippe se trouve dans d'autres documents également primo loco ; nous avons eu déjà l'occasion de le rappeler ; mais, dans la pièce dont nous aurons bientôt à parler, il se trouve ultimo loco.

1. Mansi, op. cit., t. iv, col. liiO'J ; liurdouin, op. cit., t. i, col. 1562.

ment était le plus ancien des métropolitains et exerçait (Juvénal faisant partie de la députation) les fonctions de président '^.

Le concile remit à ses députés la lettre suivante pour les empereurs : « Il avaient enfin répondu à la prière de l'assemblée et [233J permis, par l'entremise du comte Jean, l'envoi des députés. Le concile les en remerciait et choisissait pour députés Arcadius, etc. (le prêtre romain Philippe se trouve ici nommé en dernier) ; il priait les empereurs de les accueillir favorablement et de les écouter. Il voulait en outre raconter dans cette lettre ce qui avait été pour eux un si grand sujet de souffrance. La lettre rapporte donc comment Nestorius assigné, seize jours après le terme fixé, avait fait défaut, comment Jean d'Antioche et ses partisans s'étaient conduits, comment Cyrille et Memnon avaient été dépossé, et enfin comment l'empereur avait été trompé par de faux rapports et sa conduite dans ces circonstances. Le concile baisait, et par sa lettre et par ses députés, les genoux de l'empereur, et demandait instamment la révocation de la sentence extorquée contre Cyrille et Memnon et leur rétablissement dans l'assemblée ; ils étaient orthodoxes ; tout le concile partageait leur foi. Il considérait leur emprisonnement comme celui de tous les évêques, et il priait les empereurs de les délivrer 2. »

Ceux d'Antioche donnèrent des instructions écrites aux députés qu'ils avaient choisis ; ces instructions étaient assez vagues sur les droits et les devoirs de ces députés, et le conciliabule se réservait de ratifier tout ce qui serait fait. Il se déclarait prêt à tout approuver, pourvu que l'on rejetât les principes hérétiques de Cyrille. — Le parti d'Antioche tout entier, Alexandre d'Hiéropolis et Dorothée de Marcianopolis en tête, signèrent ces pleins pouvoirs ^.

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