‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 231 sur 407 · Symbole et autres documents du parti d'Antioche · texte numérisé non relu

Symbole et autres documents du parti d'Antioche

1) iiii autre côte, les évècjiu's du paili d Aulioche ne négligoroiil i-icn poui'gagiioi- remperiMii- à Iciii' cjîuso. Ils lui envoyèrent, par le comte Jean, une Icttic dont nous ne possc'dons plus (|ue le tcxlt; latin. Cette lelti't' clail plus ijue polie, (die (devait au-ilessus des nues le récent décret de rcuipcreui' rehilil'à la disposition de Cvrlllc, décret destliK-, d'api'és eux, à lendre la paix à l'univers entier troublé par Cyrilli'. Des la réception de cet édit, ils s'étaient hâtés de condamner K's anathématismes de Cyrille, en conli-adiction avec ladoctiinc de rKvanglle et celle des apùlrcs, el dans lesquels ri'lgyptien se vante davoir anathémafisé tous les saints des siècles passés. Il était parvenu, grâce à l'ignorance desuns et ;i la maladie des autics, comme aussi gi'àce à ses intrigues et ii sa ténacité, à obtenir pour sa doctrine l'approbation d'un concile. Ainsi cjiu' l'avait écrit Acace [228] de Bérée, c'étaient là des principes apollinaristes, et cetévè({ue ({ui était âgé de cent dix ans, et qui avait connu dune manière si exacte l'apollinarisme, méritait toute créance ; ils avaient donc, conjointement avec le comte Jean, pri('' les évoques trompés par Cvrille, et attachés à ses principes, d en reconnaître la fausseté et de sigiier avec eux le symbole deNicée. (les évoques s'y étaient rclusés, dès lors eux-mêmes n'avaient eu d'autre parti à prendre que de confesser la vraie foi et de condamner, p:ir une déclaration écrite, ces faux principes. Lesymbolede NIcée n'avaitpas besoind'addition ; mais comme les empereurs et le comte Jean avaient demandé une explication au sujet de la sainte Vierge Mère de Dieu, ils voulaient bien, quoique cela dépassât les forces humaines, s'explicjuer sur ce point, après avoir invoqué le secours divin et pour se délivrer de leurs ennemis : (c Nous confessons que Notre-Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, véritablement Dieu, est véritablement homme, composé d'une âme raisonnable et d'un corps ; en ce qui concerne la diviiii(é, il est né (c'est-à-dire a été engendré) du Père avant tous les temps, et, en ce qui concerne l'humanité, il est né d'une Vierge à la fin des jours, pour nous et p(uir notre salut; il est de même substance (pie le Père sous le rapport de la divinité, et de môme substance (pie nous sous le rappoi't de 1 humanité : car les deux natures se trouvent unies lune à l'autre, el c'est pour cela (pie nous ne professons (pi'un

seul Christ, un seul Seigneur et un seul Fils. A cause de cette union, exempte cependant de tout mélange, nous confessons que la sainte Vierge est la Mère de Dieu, parce que Dieu le Verbe est devenu chair, et qu'en se faisant homme il s'est uni dès le moment de la conception au temple (à l'humanité), qu'il a pris d'elle (c'està-dire de la sainte Vierge) ^. »

Les évêquesdemandentaux empereurs leur protection pour lareligion mise en péril parles principes des Egyptiens, et leur proposent d'exiger de tous les évèques la réprobation des principes de Cyrille, et l'acceptation sans réserves du symbole de Nicée, la paix de l'Église étant à ce prix-.

Cette lettre eut un double résultat : elle fit tort à Cyrille en montrant l'apoUinarisme là où il n'y en avait pas, et tendit à faire voir l'inanité des accusations de nestorianisme portées par Cyrille et ses amis contre ceux d'Antioche dont la formule pouvait s'expliquer ("2291 dans un sens orthodoxe, et fut plus tard approuvée par Cyrille luimême. Dans cette lettre, ceux d'Antioche avaient passé sous silence un point sur lequel tous les membres de leur parti ne se seraient pas entendus pour signer cette formule ; c'est ce que nous voyons par une lettre de l'évéque Alexandre d'Hiérapolis, qui se prononce très explicitement pour Nestorius et contre le Osotoxoç et la formule de ceux d'Antioche ; il va même jusqu'à accuser ceux-ci de mensonge et de perfidie, puisque l'empereur ne demandait pas une telle déclaration et qu'ils avaient trahi l'orthodoxe Nestorius '^

On voit par là que Cyrille pouvait, avec raison, accuser de nestorianisme certains membres du parti d'Antioche ; mais, d'un autre côté, cette accusation se limitait à quelques-uns seulem^ent, et il était dans la vérité en soutenant que ceux d'Antioche disputaient entre eux au sujet du Osotôxoç.

Dans cette même lettre aux empereurs, ceux d'Antioche rappellent un document rédigé après l'arrivée du comte Jean, dans lequel ils avaient d'une part renouvelé le symbole de Nicée et d'autre part rejeté par une déclaration écrite les douze anathématismes de Cyrille. Il m'a semblé reconnaître ce document dans une pièce qu'on regarde ordinairement comme plus ancienne, mais qui a été bien certainement rédigée après l'arrivée du comte Jean, puisqu'il y est question

1. Voyez plus bas, § 155, où ce symbole reparaît et où se trouve le texte grec original.

2. Mansi, op. cit., l. v, col. 781 sq. ; Hardouin, op. cit., t. i, col. 1557.

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