‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 234 sur 407 · LES DÉPUTÉS DES DEUX l'AUTIS SONT MANDÉS · texte numérisé non relu

LES DÉPUTÉS DES DEUX l'AUTIS SONT MANDÉS

nous apprend que l'empereur Théodosc avait, sur ces entrefaites, change de plan et ordonné aux députés de se rendre, non plus à Constantinople, mais à Chalcédoine (en lace de Gonstanlinople, sur l'autre rive du Bosphore), et de l'attendre dans cette ville. L'agitation des moines de Constantinople lui avait lait prenilrc. au dire de ceux d Anliochc, ce parti.

L-"^^J Cette même lettre nous apprend c[ue, huit jours auparavant, Xcstorius avait rei;u ordre de quitter l^phèse et de se retirer dans son ancien monastère. Les députés d'Antiochc se plaignaient de cette mesure, qui pouvait sembler une confirmation de la sentence injuste prononcée contre Nestorius. Ils se déclarèrent prêts à combattre jus(ju'au sang pour la loi, et ce jour-l;i, il du mois de gorpieiis, ils attendirent lempereur. qui voulait se rendre à Rufinianum, faubourg de Chalcédoine. Enfin, ils se recommandaient aux prières des leurs, pour lesquels ils souhaitaient la fermeté dans la loi, et terminaient en annonçant qu'IIimère (évèque de Nicomédie et l'un des députés de ceux d'Antioche tombé malade en route) n'était pas encore arrivé ^.

Nous apprenons également que Nestorius avait reçu ordre de quitter Ephèse, dans l'intervalle de temps qui s'écoula entre le départ des députés des deux partis et leur arrivée à Chalcédoine. Nous possédons encore ledit, un peu mutilé, toutefois, qui lui transmit cet ordre ; il venait probablement du préfet du prétoire Antiochus, quoique, suivant l'usage, il eût été donné au nom de tous les préfets. Il est laconique, quoique poli, rédigé en termes précis. On annonce à Nestorius qu'on accède <à son désir de quitter Ephèse pour se rendre dans son ancien couvent ^, on lui donne une escorte pour le voyage et le choix de l'itinéraire, qui lui plaira le mieux, par mer ou par terre ; les officiers ont ordre de l'escorter jusqu'à son couvent de Saint-Euprépius, à Antioche. A la fin, on lui souhaite toute sorte de bien dans la nouvelle vie qu'il va mener, et

dcb Romains. Cf. Ideler, Lehrbuch der ChronoL, 1831, p. 180 S(j. Pelau a aussi émis ce seutimenl, mais Usher et d autres ont pensé que le mois de gorpieus commençait avec le 25 août, et par conséquent que le 11 goipieus correspondait au 4 septembre. Cf. Tillomont, Méni.hist. ecclés., (. xiv, uol. 63 sur saint Cyrille.

1. Hardouiii, up. cit., l. i, col. 1568 ; .Mausi. op. cit., 1. iv, cnl. 1406, et mieux encore dans le t. v, col. 794, avec les notes de Baluze, iOicI.

2. Il demanda la permission de s'y rendre lorsque lempereur convoqua les députés, cl ([u'il vil sa cause coniplèlcment perdue. l''vagrius, 1. I, c. vu.

on ajoute qu'à cause de sa sagesse, les consolations seraient superflues 1. [235]

Nestorius répondit ^ qu'il avait reçu la lettre du préfet par laquelle l'empereur le sommait de se rendre dans son couvent. Il acceptait l'ordre avec reconnaissance: car, à ses yeux, rien n'était plus honorable que d'être disgracié pour la cause de la religion. Il demandait donc au préfet de s'employer auprès de l'empereur pour que l'on publiât dans toutes les églises des édits impériaux portant condamnation de la fausse doctrine (des babillages) de Cyrille, afin de ne pas scandaliser les simples.

Pour revenir maintenant aux députés des deux partis et à leurs efforts, nous devons malheureusement constater tout d'abord l'extrême pénurie des documents originaux^ : car nous ne possédons pas une seule pièce du côté des députés orthodoxes ; nous n'avons, à leur sujet, qu'un renseignement contemporain très laconique. Les documents qui concernent ceux d'Antioche et l'empereur sont aussi trop peu considérables pour que nous puissions suivre le détail des négociations de Ghalcédoine. Nous crovons devoir exposer dans l'ordre chronologique suivant le peu que nous savons sur ce point. Nous trouvons d'abord une courte lettre des députés du parti d'Antioche à leurs commettants, dans laquelle ils annoncent l'arrivée de l'empereur pour le 11 gorpieus (11 septembre 431). Quelques jours plus tard, ils envoient encore à leurs partisans à Ephèse, une courte lettre où ils parlent de la première négociation de Ghalcédoine, en présence de l'empereur. Ils manifestent la plus grande joie de ce que l'empereur a accueilli très favorablement leurs discours, et de ce qu'ils ont remporté l'avantage sur leurs adversaires. Ce que ces derniers avaient lu, avait produit mauvais effet. Ils avaient constamment porté leur Cyrille jusqu'aux nues, et demandé qu'il comparut en personne pour exposer son affaire. Ils n'avaient pu l'obtenir ; on avait surtout insisté pour que l'on s'occupât de la foi et que l'on confirmât la doctrine des saintsPères; en outre, eux (du parti d'Antioche) avaient réfuté Acace de Mélitène,

1. Mansi, op. cit., t. v, col. 792 ; Hardouin, op. cit.., t. i, col. 1631.

2. Epistola Nestor ii ad euindem prœfectum prxtor. Antiocheniim (pour Antiochium), clans Mansi, op. cit , t. v, col. 793, et Hardouin, op. cit., t. i, col. 1631.

3. C'est cette pénurie et l'habile parti tiré des rares documents connus par Hefele, qui nous a empêché d'étendre ou de compléter son récit par des notes. (H. L.)

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