‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 235 sur 407 · Li;S DKPUTKS DES DEUX PARTIS SONT MANDÉS · texte numérisé non relu

Li;S DKPUTKS DES DEUX PARTIS SONT MANDÉS

ami de Cyrille, parce (juil avait soutenu que la divinitc- pouvait souf- Irir. L'empereur avait manifesté d une manière si brusque son mécontentement :iu sujet de ces blasphèmes, que son manteau de pourpre était tombé. Tout le sénat partageait cette indignation. L'empereur avait ordonne, en iloruicr lien, ([uc chaque parti exposât sa foi, dans un écrit (luon lui rcinci I rail . Ils avaient répondu qu'ils ne pouvaient donner d'autre profession de foi ([ne celle du concile de Nicée, etcette réponse avait aussi pleini'iuciil satisfait rcnipcicur. Toul Constantinoplc se ti)uriiait vers eux, pour les prier de combattre vaillamment en l;ncur de la loi. l'^nliii, ils envoyaient, avec leur lettre, deux exemplaires de la profession de loi de Nicée destinés à l'empereur, afin que le conciliabule pùl également les contre-signer *. [2361 ^'i^'i'x du parti d'Aiilioche demeurés à l'^phèse se réjouirent fort de ces bonnes nouvelles ; ils renvoyèrent à leurs députés les deux exemplaires en cjnestion après les avoir signés, et, dans leur réponse, assurèrent qu'ils préféraient la mort à l'acceptation d'une seule des propositions hérétiques de Cyrille. Ces propositions étant hérétiques, toutes les sentences de déposition prononcées par ceux qui les professaient étaient de plein droit nulles et sans valeur. (Ils avaient en vue Nestorius, ainsi que le prouve la lettre suivante). On comptait sur les députés, pour obtenir de l'empereur que les anathèmes de Cyrille fussent rejetés, les sentences de déposition infirmées, et on leur envoyait un exemplaire de l'explication donnée par Cyrille sur ces anathèmes, afin qu'il leur fût plus facile de démontrer son impiété '^.

Cette lettre était signée par quarante-deux membres du parti d'Antioche, Tranquillinus, d'Antioche en Pisidie, à leur tète ^. Ils écrivirent en même temps à l'empereur pour le remercier de son accueil à leurs députés, exalter le zèle de Théodose pour la paix, intercéder en faveur de Nestorius, sans cependant le nommer et en alléguant que sa déposition, prononcée par le parti hérétique de Cyrille, était nulle de plein droit. {Nos humillune supplicantes Pietas

1. Nous iK' possédons plus le texte grec origiual de celte lettre, mais nous eu avons encore deux Iraduclions latines qui ne did'èrent pas notablement l'une de l'autre. Mansi, op. cit., t. iv, col. l'ill, et t. v, col. 795. La première se trouve aussi dans Hardouiii, op. cit., t. i, col. 1572.

2. Ilardouin, op. cit., t. i, col. 1577 ; Mansi, up. cit., t. iv, col. 1417, et dans le Synodicun, ibid., t. v, coi. 795-797.

3. Ces signatures ne se liouvcnt que dans l'une des deux traductions. Mansi, op. cit., l. V, col. 7*J7 ; Ilardouin, op. cit., t. i, col. 1578.

Vestra suscipiat pro illa persona, oui prsejudicium factum est ah eis qui hœretica Cijrilli Alexandrini capitula susceperunt ^.) Lorsque l'empereur avait prononcé contre Nestorius, de même que contre Cyrille et Meninon, la sentence de déposition, ceux d'Antioche avaient gardé un silence pusillanime, louant au contraire la sagesse impériale, et ils s'étaient séparés complètement de Nestorius, ainsi que le leur reprocha amèrement l'un des leurs, Alexandre d'Hiérapolis ; mais maintenant ils crurent le moment venu de jeter le masque et de plaider de nouveau la cause de Nestorius. Ils se firent cependant illusion, et leurs espérances furent frustrées. Après cette première conférence tenue à Ghalcédoine et mentionnée par les députés du parti d'Antioche, il se tint encore quatre autres sessions r237] ou conférences, sur le détail desquelles nous sommes sans renseignements. On peut, tout au plus, présumer que deux petits fragments de Théodoret 2, dirigés contre les partisans de Cyrille, font partie des discours qu'il prononça dans ces séances. Toutes les autres sources originales n'ont trait qu'à ce qui se passa lorsqu'elles étaient déjà terminées : ainsi la lettre des députés du parti d'Antioche à Rufus, archevêque de Thessalonique, qui avait engagé par lettre Julien, évêque de Sardique et membre du conciliabule ^, à ne rien ajouter au symbole de Nicée et à ne rien retrancher. Les députés le louent de cette lettre, ils parlent de nouveau de l'apollinarisme de Cyrille, des combats qu'ils soutiennent pour la foi de Nicée, de la déposition de Cyrille et de Memnon, de l'impossibilité de les réintégrer dans leurs charges (parce qu'ils avaient continué, après leur déposition, à remplir les fonctions ecclésiastiques) et de l'obstination du parti de Cyrille. L'empereur avait déjà engagé leurs députés, dans cinq séances, ou bien à rejeter les chapitres de Cyrille en contradiction avec la foi, ou bien à prouver dans une discussion qu'ils étaient conformes à la doctrine des saints Pères. Eux, ceux d'Antioche, avaient rassemblé contre ces principes des preuves, des extraits de Basile de Césarée, d'Athanase, de Damase de Rome et d'Am-

1. Hardouin, op. cit., t. i, col. 1579 ; Mansi, op. cit., t. iv, col. 1419 ; de même dans le Synodicon, ibid., t. v, col. 797.

2. Hardouin, op. cit., t. m, p. 136 ; Mansi, op. cit., t. ix, p. 292 sq. Dans les actes du V" Concile général, collatio Y.

3. Julien a signé la lettre adressée aux députés el dont nous avons parlé, p. 414. Mansi, op. cit., t. v, p. 797 ; Hardouin, op. cit., t. i, p. 1578. Il signa aussi dès le commencement du synode d'Eplièse une protestation contre l'ouverture du synode avant l'arrivée de Jean d'Antioche.

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