‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 239 sur 407 · Fin du concile d'Éphèse · texte numérisé non relu

Fin du concile d'Éphèse

Tout fut vain ; l'empereur se tournait de plus en plus vers les ortho- [243] doxes. Ceux-ci ordonnèrent un nouvel évêque de Constantinople

1. Mansi, op. cit , l. v, col. 798. D'après une lettre écrite plus tard par Acace de Bérée, et dont nous reparlerons, l'empereur aurait confirmé la déposition de Cyrille et de Memnon, parce que l'euiuique Scolastique aurait reçu des présents de Cyrille. Tillemont, Mémoires, t. xiv, p. 'j84, pense que cet édit a dû être très promptcment abrogé, parce que les députés d'Antioche n'eu expriment •ulle part leur satisfaction.

2. Mansi, op. cil., t. iv, col. 1405 ; Hardouin, op. cil., l. i, col. 1566.

I'i9. FIN «)i coxciLi: d'kpuùsk 373

dans la personne de Maxitnicn, pixMio de cette ville ^, et rcnipereiir adressa un nomoaii décret au eoucilc d"l^j)lièse, par lc(juel il entend cette lois non plus la réunion des deux partis, mais seulement l'assemblée des oilliodoxes. Le ton est peu amical et on perçoit 1(> mécoutciitiMnciil désespéré par l'échec des projets d'union : « (lomme vous ne pouvez vous décider :i vous unir ii ceux d'Antioche et à conl'érer avec eux sur les points (pii nous sé[)arent, j'ordonne, dit rcinpiMCDi-. (pie les évùcpies orientaux regagnent leurs églises et (iiic le concde d'JMihèse soit dissous. Cvrille rentrera à Alexandrie et Memnoii restera (-vécpie d'I^phèse. Nous vous taisons également savoir ([ue, notre y'w duraui, nous ne con damnerons pas les Orientaux (pii n'ont pas été réfutés devant nouspersonne n'ayant voulu dis[)ulei- dxcc eux. Au reste, si nous voulez, la paix de l'Hlglise avec les Orientaux, ou si vous voulez vous réconcilier avec eux pendant votre séjour ;i l'^phèse (aitcsde-moi sa\oir ; sinon, songez ii rentrer chez ^ous. Pour nous, nous sommes innocent de l'échec de la réconciliation. Dieu sait ceux à qui incombe la faute -. »

1. Personnage insigniCiaul c|ul luciipu le siô'ge do 431 (25 oclobi-o) nu I'2 avril 434. Cf. Baronius, Annales, 1593, ad ann. 431, n. 173-177 ; ad anii. 432, ii. 17- 19 ; ad ann. 434, n. 1 ; Pagi, Critica, ad ann. 431, n. 37-41 ; ad ann. 432, n. 2 ; ad ann. 43'j, n. 2 ; Coillier, Ifi.it. gcnér. <iiit. écclés., 1747, 1. \iii, p. 455-4.57 (2e édit., t. Yiii, p. 39'i); W. M. Sinclair, i\i\w> Dict . of christ. Biograpliv. aiiinol Maximianus ; Tilioniont, 3/e'm. hist. ecctés., 1709, 1. xiv, p. 487-493. Ce .Maximien était romain d'origine cl d'éducation ; il avait été compagnon d'enfance du pape Célestiu et avait clé affdié à l'église de Constanlinoplc sous répiscopnl de saint Jean Chrysoslome. C'était un lionime calme et honnête, mais sans formation littéraire, sans pratique des alfaircs, vi''rilai)l(> cénobite, généreux et accessible à tous. Il s'était créé une popularil('- réelle d'une façon assez étrange. Sa charité consistait à faire construire à ses frais des sépulcres de pierre destinés à recevoir les personnes qui mouraient saintement et dont la famille n'aurait pu subvenir aux frais d'une telle sépulture. Le peuple avait été conquis par ce mode un peu bizarre d'einployer ses revenus et il acclama Maximien. Les gens éclairés soutenaient la candidature de ce Pi-oclus, prêtre de Constanlinoplc, que nous avons rencontré à l'origine du conflit ncstorien, infiniment supérieur par rintclligence (.-l la prali(pie des ali'aircs à Maximien ; cependant ce dernier l'emporta. Mansi, Coiicil. ampliss. coll., I. v, col. 255,659; llardouin, Coll. concil., t. I, col. 1667. (H. L.)

2. On n avait autrefois que la traduction latine de cet édit, (|ui se trouvait dans le Synodicon, Mansi, op. cit., t. v, col. 805. Mais Colelier domia ensuite le texte grec dans ses .Va nu ni en ta Ecclesix grxc;c, t. i. col, 41, et c'est de là (jne Hardouin, o/^. cit., t. i, col. 1615, et Mansi, op. cit., 1. iv, c(d. Mi")."), l'ont tiré.

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Le Sijnodicon dit que, même avant la réception de ce décret, Cyrille était sorti de [)rison, et avait repris le chemin d'Alexandrie ^ Nous apprenons en outre, par le document déjà cité qui nous vient des orthodoxes, que Cyrille arriva à Alexandrie le 3 athyr, c'est-à- [244] dire le 30 octobre 431, et fut reçu dans sa ville épiscopale avec une grande joie. Peu après, il eut le plaisir de recevoir une lettre très cordiale du nouvel évoque de Constantinople 2.

Les députés du parti d'Antioche venus à Chalcédoine ne paraissent pas avoir regagné si vite leurs sièges. Ils rédigèrent après la délivrance de Cyrille et Memnon et la publication de l'édit impérial d'élarsissement un troisième et dernier mémoire adressé à leurs partisans. Ils y rapportaient ce qui s'était passé et promettaient de s'employer pour Nestorius, s'ils pouvaient encore, malgré leur éloignement, faire quelque chose en sa faveur. Jusqu'alors tous leurs efforts étaient restés stériles ; car, à Chalcédoine surtout, le nom seul de Nestorius suffisait à vous compromettre. Ils racontent comment les cyrilliens avaient cherché par la ruse, la violence, la flatterie, les présents, à dominer tout le monde, et comment ils avaient souvent prié l'empereur de les licencier, eux et le concile d'Ephèse. Il était, en effet inutile de prolonger le séjour, car Cyrille (ou plutôt son parti) se refusait obstinément à tout colloque. Après leurs instances réitérées, l'empereur s'était enfin décidé à les renvoyer tous dans leur pays. Cyrille et Memnon gardaient leur charge, et Cyrille pouvait maintenant tout corrompre à son aise par des présents, si bien que le coupable remontait sur le siège, tandis que l'innocent était relégué dans un cloître ^,

Immédiatement avant leur départ de Chalcédoine, les partisans d'Antioche tinrent encore quelques discours aux nestoriens venus de Constantinople. Nous possédons de notables fragments de deux de ces discours. Dans le premier, qui est de Théodoret, l'orateur se plaint de l'interdiction faite aux représentants du parti d'Antioche, à cause de leur attachement au Christ, de se rendre à Constantinople, et leur promet en revanche la Jérusalem céleste. Ses auditeurs étaient venus de Constantinople sur les flots de la Propontide (le Bosphore se jelte à Chalcédoine dans la Propontide) pour entendre sa voix, parce qu'ils avaient espéré que cette voix

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