‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 247 sur 407 · lE PAPE ET l'eMPEUEUII s'eNTUEMETTENT · texte numérisé non relu

lE PAPE ET l'eMPEUEUII s'eNTUEMETTENT

[251] 152. Le pape et l'empereur cherchent à s'entremettre.

Conciles à Constantinople et à Antioche. etc.

Le 26 juillet \?i'2 inouiut le papr Célcstin I'"'^; Sixte III lui succol. 1633 sq. Cf. Tillcmoul, op. cit., p. 504 sq. (Sur la carrière el l'œuvre littéraire de Rabboula, cf. Rub. Duval, La littrrature syriaque, iu-12, Paris, 1899, p. 341-343. On possède une \ ie de Uabb(jula. qui est un morceau excellent, eu sou gciiif ; elle a été écrite peu de temps après la mort du saint, par un des clercs de lévèclié ; publiée par Overbeck, 5. Epliroemi Syri, Rabulce episcopi... opéra selecta, p. 160 (autres références dans R. Duval, op. cit., p. 161, note 1). L influence exercée par Rabboula fut cousidérable sur la direction théoloiriqiie des pays de langue syrienne. Il semble avoir hésité d'abord à rejeter la doctrine de Théodore de -Mopsueste qui venait de trouver son expression bruyante dans le nestorianisme. Cette hésitation dura peu. Rabboula se déclara le partisan fervent de Cyrille d'Alexandrie avec lequel il se lia d'amitié et dont il traduisit le traité De recta fide (édité par Bedjan dans Acta martyrum et sancloruin, t. v, p. 628-696). Il ne s'en tint pas là, mais se lendil à Constantinople po;ir combattre sur place Nestorius ; à cette occasion, il prononça un important discours en présence de Théodose II, et celte seule démaiche était aloi-s un acte de courage au moment où 1 empereui- couvi-ait Xeslorius de sa faveur. La polémique continua par écrit. Le biographe de Rabboula mentionne « quarante-six lettres de Tévêque d'Édesse adressées aux prêtres, aux empereurs, aux principaux personnages et aux moines, (lettres) que nous chercherons avec l'aide de la grâce divine, ajouta-t-il, à traduire du grec en syriaque, afin que ceux qui les liront apprennent quelle ardeur enflammait son zèle divin. » Sur ces lettres, leur tradition manuscrite et les parties publiées, voir R. Duval, op. cit., p. 342, note 3, (H. L.)]

1. Hefele a passé sous silence la lin de Nestorius. Cette fin fut remplie d'amertume. Enfermé dans son ancien monastère d'Euprèpe, Nestorius y demeura quatre années sans jamais retrouver le calme des années qui s'étaient écoulées avant sou élévation à l'épiscopat. Il ne put se résigner à sa chute et le regret de sa grandeur perdue avec la préoccupation de sa réputation devant la postérité lui interdirent la possession du repos qu il était venu chercher. Il publia quelques écrits qui attirèrent l'attention des catholiques et recommença ses prédications. Sou éloquence était restée entière et le succès mondain qu'il obtint de la part de la haute société d'Anlioche accourue l'entendre à Kuprèpe lui inspira la pensée malenconlieuse de reprendre un r«le. Mais aussitôt, des réclamations arrivèrent à Théodose II de divers côtés : le pape Célestin luiraéme intervint. 11 supjjiia l'empereur de se montrer moins débonnaire à l'égard de l'ennemi de la Vierge et de sou Fils, et demanda qu' « il fût retranché de la société des hommes qu'il s'obstinait à perdre, » ab oinni socictate remo<,'eat ut facultatem aliqitos perdenJi non hahcat. Non content d'inlervenir person-

céda. Genuade raconte que, dès l'année 430, lorsque Sixte n'était encore que simple prêtre à Rome, il avait engagé Nestorius à ne pas

noUement auprès de l'empereur, il exhorta tous les évêques à joindre ses efforts aux siens. Théodose n'avait pas besoin désormais d'une démarche si grave pour se laisser aller à la sévérité à l'égard de Ncslorius. Celui-ci était abandonné de tous. Jean d'Antioche, craignant pour lui-même d'être accusé de trop de bienveillance pour l'homme dont il tolérait les doctrines, fit cause commune avec les plus acharnés et demanda, lui aussi, l'exil de Neslorius. Le préfet du prétoire Isidore reçut l'ordre de faire conduire l'ancien patriarche à Pétra, eu Arabie. La confiscation i'rappait ses biens en même temps que la proscription Irappait ses amis, notamment le comte Irénée. Le pape Célestin avait été entendu, car l'exil à Pétra était deux fois l'exil ; une sorte de séquestration dans une grosse bourgade païenne que fréquentaient seuls les arabes scénites. Cependant on trouva le traitement trop doux et peu après un nouveau déci'ct transféra Nestorius dans l'Oasis d'Egypte, c'est-à-dire un lieu habitable isolé dans l'immensité du désert libyque. Le lieu choisi pour l'exil de Nestorius portait particulièrement le nom d'Ibis. L'oasis était la prison des grands criminels d'Etat et des courtisans disgraciés, prison qui se gardait ellemême sans geôlier, la plupart du temps sans soldats, mais dont la sûreté était garantie par un océan de sable sans végétation, sans eau, sans routes, où le fugitif était certain de périr. Ainsi plongé vivant dans la tombe, Nestorius songea encore à faire figure devant la postérité, il entreprit d'écrire sa vie. Quelques fragments de celte autobiographie parvinrent dans les villes de l'Egypte et de la Syrie, mais les orthodoxes faisaient bonne garde et tout fut détruit. Nous savons cependant que Nestorius s'y plaignait amèrement de la conduite de l'empereur à son égard ; après l'avoir encouragé et poussé à son début, il l'avait abandonné ; c'était surtout Cyrille qui était maltraité, puisque Nestorius l'accusait d'avoir falsifié les actes du concile d'Ephèse. Nestorius était plongé dans ces récriminations quand une razzia de Blemmycs pilla l'oasis et emmena prisonniers les Romains qui paraissaient jîouvoir payer rançon, Nestorius était du nombre. La troupe arrivait à travers les sables à la frontière de la province de Tlièbes quand on lui signala l'approche de nomades ennemis ; les Blemmyes prirent la fuite abandonnant leurs prisonniers. Nestorius se traîna péniblement, car il était vieux et infirme, jusqu'à la petite ville de Panopolis. De là, le fugitif écrivit au gouverneur de Thèbes pour l'informer de sa situation et lui faire connaître qu'il ne pouvait être accusé en aucune façon d'avoir rompu sou ban volontairement. Le gouverneur, pris de peur et redoutant que son chef, le gouverneur général de l'Egypte, ne l'accusât d'être secrètement partisan de Neslorius, prit ses précautions aux dépens du vieillard à l'égard duquel il craignait d'être accusé d'avoir usé d'humanité. Il le fit donc partir sans plus attendre pour l'île d'Eléphantine, point extrême de l'Egypte et limite de l'empire sur la frontière d'Ethiopie. Nestorius épuisé ne put supporter la fatigue d'un tel voyage, tomba de sa monture et se blessa gravement à la main et au côté. On le ramena à Panopolis d'où on voulut l'exiler encore. Alors, le misérable se redressa et écrivit fièrement au gouverneur, invoquant le droit de son âge, de sa faiblesse et de son rang dans le passé, demandant

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