‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 264 sur 407 · Mausi, Conc. ampliss. coll., l. v, roi. 985 sq · texte numérisé non relu

Mausi, Conc. ampliss. coll., l. v, roi. 985 sq

du patriarche Jean un document contenant la déposition de Nestorius et des anathèmes sur sa doctrine. Dans le cas où il accéderait à cette proposition, les deux prêtres lui remettraient un acte de réintégration dans la communion de l'Eglise ^.

Cyrille estima que cette manière d'agir conduirait plus tôt au but, d'autant mieux que d'Alexandrie, Paul d'Émisa et Aristolaûs faisaient traîner les choses en longueur. Ce moyen lui paraissait sûr, parce qu'Aristolaiis avait juré que l'instrument de paix ne serait pas signé avant les autres pièces, et que, dans le cas où Jean d'Antioche se refuserait à les signer, lui, Aristolaûs, se rendrait immédiatement à Constantinople pour y déclarer que ce n'était pas l'Eglise d'Alexandrie, mais Jean d'Antioche, qui était cause du désordre 2.

Les négociations poursuivies à Antioche donnèrent un heureux résultat. Jean demanda quelques légères modifications au document qu'il devait signer^ et comme ces modifications, ainsi qu'il l'assure et que le démontrent ses lettres, ne changeaient pas le sens de ce document, elles furent admises par les deux envoyés de Cyrille, et obtinrent l'approbation d'Aristolaùs et de Paul d'Emisa ^. Le patriarche Jean envoya, en union avec tous les évêques qui se trouvaient avec lui, une lettre amicale à Cyrille, au pape Sixte et à Maximien de Constantinople ; ces lettres sont des documents intéressants sur le rétablissement de la paix. Ce qu'elles contiennent de plus important est répété dans les trois lettres et est ainsi conçu : « L'année dernière s'est réuni à Ephèse, sur l'ordre du pieux empereur, le saint concile des évêques aimés de Dieu, afin de vaincre l'héré- [267] sie de Nestorius, en union avec le légat du pape Célestin, de pieuse mémoire ; ils ont déposé le susdit Nestorius, qui professait une doctrine pernicieuse {^^St^/m ciîau/.aAb )^pwiJ.£vov), qui avait scandalisé beaucoup de monde («jy.avoaXbavTa tîoaXcù;), et qui au sujet de la foi n'avait pas suivi une ligne irréprochable (oùx ôpOozoSrjaavTa) '*. Arrivés plus tard à Ephèse nous y avons trouvé l'afTaire déjà conclue ; ce qui nous a mécontentés. Il s'ensuivit un différend entre

1. S. Cyrille, Epist. ad Theognostuin, P. G., l. lxxvii, col. 177 sq. ; Epist, ad donat., P. G., t. lxxvii, col. 250 sq.

2. S. Cyrille, Epist. ad Theognostuin, P. G., t. lxxvii, col. 167 sq.

3. S. Cyrille, Epist. Johannis ad Cyrillum P. G., I.lxxii, col. 347 sq.

4. Ces termes proviennent probablement de ceux du parti d'Antioche, et sont, ce semble, des modifications que Jean avait voulu faire faire au texte de Cyrille.

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