l'union se HKAMSi
nous et le saint concile. Après bien des discussions, nous sommes revenus dans nos Ei{lises et dans nos villes sans avoir ratifie la décision du saii>t concile contre Xcstorius ; les Eeflises se trouvant
partagées d'opinions. CependanI, citinmc nous devons travailler à réconcilier ces Eglises entre elles, après a\(iir mis (in :i la dixcrsité d'opinions, et que les empereurs remplis de la ci-ainte de Dieu souhaitaient ce résultat et (Uit envoyé dans ce hul le tribun et notaire Aristolai'is. ncuis nous sommes décidés à adiu-rer à la sentence rendue pai' le saint concile contre Xcstorius, à le tcnii' [)(»ur dépose et à anathématiser sa doctrine mal fatnéc (ou79r,y.ojç oicas/.xX'.ar) : car notre Eglise, de même (pie ^'()lre Sainteté, a toujours prolessé la doctrine orthodoxe, l'a toujours [M'otégée et la livrera telle au peuple. Nous adhérons aussi a la consécration ilu très s;iint et rempli de la crainte île Dieu, ^laximicn, évèque de Conslaiitiiiople, cl nous sommes en communion avec les évèques de toute la terre qui vivent dans la crainte et soutiennent la loi orthodoxe et pure ^. »
La seconde lettre de Jean est adressée à Cvrille seul ; elle commence, de même que la première, en faisant remarquer que les partisans d'Anlioche ne se sont pas délendus au concile d'h^phèse : ils regardent maintenant comme inutile, puisque Ton veut procurer la paix, de rappeler les causes delà division, et préfèrent parler, tout de suite, des tentatives de réconciliation, en particulier de la mission d'Aristolaùs et de Paul d'Emisa et de la profession de loi envoyée à diverses reprises par le parti d'Antioche à Cyrille. Jean continue [268] ainsi: « Après que tu as accepté cette profession de foi, nous avons résolu, pour éviter tout différend, pour unir toutes les Eglises de la terre et terminer tout scandale, de reconnaître la déposition de Xestorius et d'anathématiser ses mauvaises et pernicieuses doctrines (•:;£« oaJXaç aJTSy xa!. [jtor,'/,z'Jz xaivsçicovîa;;) *. »
La troisième lettre de Jean également adressée à Cvrille est écrite sur un ton plus cordial. Il commence par ce cri de joie : « Nous voici de nouveau unis. » Il dit ensuite que Paul d'Emisa est revenu à Alexandrie a\ec les actes de pacification ; il parle des grands services rendus par lui à la cause de l'union, ainsi que par Aristolaùs et par les deux clercs d'Alexandrie ; il assure Cvrille de ses sentiments d'amitié, le prie d'accueillir avec bienveillance cette
1. MuDsi, op. cit., t. V, col. 285 ; Hardouin. op. cit., t. i, col. 787.
2. Hardouin, op. cit., l. i, col. 16'Jl ; Maiisi, op. cit., I. v, col. 289 sq. Ou trouve aussi un texte latin de celte lettre, ihid., p. G67 sq.
paix et lui promet de faire tout ce qui dépendra de lui pour la faire agréer par les évêques d'Orient^. Il tint loyalement parole sur ce dernier point ; dans une lettre adressée à cette époque à Théodoret, il expose avec beaucoup de joie que Cyrille a montré d'une manière victorieuse, qu'on ne devait pas entendre d'une seule nature ce qu'il avait dit, et qu'il avait reconnu la diversité des natures. Paul d'Emisa devait apporter d'Alexandrie les preuves détaillées et concluantes de l'orthodoxie de Cyrille -.
Cyrille envoyapar l'intermédiaire dePaulà Jeand'Antioche, comme réponse à sa lettre de conciliation, la célèbre lettre Lœtentur cseli, dans laquelle, d'après le désir des Orientaux ^, il renouvelait les explications déjà fournies dont nous avons parlé plusbaut et répétait mot pour mot le symbole de ces mêmes Orientaux. 11 y ajouta des explications dogmatiques, afin d'écarter définitivement tous les soupçons qui pouvaient peser encore sur lui.
Cette lettre de Cyrille que l'on a souvent appelée « symbole d'Ephèse » ayant acquis une grande célébrité, nous croyons devoir en extraire encore ce qui suit : Cyrille, après avoir déclaré son parfait accord avec la déclaration citée plus haut et avec le symbole du parti d'Antiocîie, démontre que ceux-là sont des calomniateurs qui l'accusent d'avoir affirmé que le corps du (Christ provenait du ciel et non de la sainte Vierge. Tout le débat provient de ce qu'il a appelé Marie « mère de Dieu ». Il n'aurait pu se servir de cette expression s'il avait considéré que le corps du Christ provenait du ciel. Qu'a donc engendré Marie, si ce n'est l'Emmanuel quant à sa [269] chair ? Lorsque nous disons: « Notre-Seigneur Jésus-Christ vient du ciel, » nous ne voulons pas dire que sa chair est venue du ciel, mais nous nous conformons à la parole de saint Paul qui s'écrie : h TpÛTC^ avOpco-oç ïv, ^-^ç yo'i'ACq b csuTepoç âvGpcoxoç ï^ cjpavou (I Cor., XV, 47). Le Christ est appelé aussi avôpcoxoc e^ ojpavou, car on doit le considérer comme une seule personne parfaite quant à sa dignité et parfait^ quant à son humanité. Donc Jésus-Christ est un, bien que la différence des natures dont l'unité indélébile existe, ne puisse être méconnue. Mais ceux qui parlent d'un mélange avec la chair (/.paaiç r, ^jv/u-i; y; oupjj.sç) doivent être réprimés par toi. Je sais que quelques-uns pensent qu'on peut admettre un changement dans