‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 287 sur 407 · Mémoires, t. xiv, p. (ilô sq · texte numérisé non relu

Mémoires, t. xiv, p. (ilô sq

7. Sur l'histoire ultérieure des nestoriens, cf. Asscmani, Dissert, de Syris Nestorianis, dans sa Bibliot. oriental., t. m, p. 2, et J. Labonrl, Le chrisLuinisme dans l'empire perse sous la dynaslie sassnnide, in- 12, l'aris, 1^04, p. 247-:{02. (M. L.)

Ctésiphon et plus tard Bagdad furent la résidence du patriarche nestorien, qui, au xiii* siècle, eut sous sa juridiction jusqu'à vingt-cinq métropolitains. Le terrible Tamerluii les détruisit presque entièrement, et ce n'est que î-ur les hauteurs et dans les vallées du Kurdistan que 700 000 nestoriens ont pu se constituer sous un patriarche qtii, jusqu'au xvii" siècle, a résidé à Mossoul^ et réside actuellement à Rochanès, près de Djulamerk, dans le Kurdistan central. Un autre parti de nestoriens, ceux qui résidaient dans les villes, se sont, à diverses époques et par diverses fractions, réunis à rÉoUsc, tout en continuant à vivre sous le nom de « chrétiens cliaidéens » et sous la juridiction d'iai patriarche particulier; [288] mais depuis lors, la guerre, la peste et le choléra les ont grandement décimés.

Après la chulc du nestorianisme, l'Eglise orthodoxe eut à lutter contre l'erreur des monophysites, qui était l'exagération opposée au nestorianisme, mais aussi bien plus dangereuse que lui. Vingt ans après la condamnation du nestorianisme, en 451, fut anathématisé le monophysisme au IV*^ concile œcuménique tenu à Chalcédoine. Avant que cette nouvelle hérésie fût Tobjet des délibérations des conciles, il se tint d'autres assemblées moins importantes et dont nous avons maintenant à parler.

LIYliK DIXIEME

r-^^!>J DU TROISIÈME AU QUATRIÈME CONCILE ŒCUMÉNIQUE

ciiAiMTin: Piîi-::\iii':iî

AVANT LAPP/,RITION DE L'HÉi.ÉSIE D EUTYGHÈS

i6i. Concile de Riez en 439.

[289] Un concile se iv'uiiil, en 'j3*,), à Riez en [^loycncc isif/iod/if; lichensis), à l'occasion de l'occupation illégale du siège cpiscopal d'Km- 1)11111 Ebreduninn ^. C.elte ville, métropole politicpie de la province des Alpcs-Maiitiines, i'evendl(|uait aussi le titit; t!e métropole ecclésiastique, mais rarchevêcjne d'Arles, Ililairc, qui cherchait ii étendre

1. Riez (Basseb-Alpes). Jî.ironius, AiuKtlcs^ 159o, ;ul unn. i'!9, n. ii-ij ; V.\si\, Ciitica, 1689, ;ui :imi. lii'.l, n. l.'j-lC) ; J. Siinioiid. Concilia Gallix, 1629, t. I, col. 65 ; Coucil. rc^^ia, IG'ii, l. vii, col. 40; Labbe, Concilia, 1671, t. m, col. 128'i-1290, l'*91-l'i9:{; Bouche. Chrono'^r. de Provence, 166 'i, t. i, col. 08:!- 584; llardouin, Coll. concil., 1700, t. i, col. 1 747 ; Coleti, Concilia, 1728, t. iv, col. 5;M ; D. Rivet, Ilisl. litlcr. de la Fiance, 17i>5. t. n, col. 'l'M-'l'.W ; .Munsi, Concilia, 1761, t. v, col. 1089; siippléni., t. ii, col. 4o9; t. x\i, col. 569. On trouve pour cette ville : terriloiium /.'e^'Y'/2.se (Gtéguii-e de Tours, Ilistor. Francorum, 1. IV, c. xliii, P, /-., t. i.xxi, col. 304), et pour un de ses évèques : epi.scojius licgiensis CGréi^nirc de 'l'our.'i, De -{loria confessornni, c. i.xxxiii, /-•. L., t. i.xxi, col. 891) ; cl. A. Lon^non, Géographie de la Gaule au VI" sii-cle, iii-8, Paris, 1878, p. 452. Le 1'. J. Sinuoud faisait observer dans ses notes au concile : « lley;ense in yclcriltus lila-is dicilur, non Picgieuse : in quibusdam synodus habita in civitale Itegensi. o Fauste de Riez ([u'ou s'est habitué à qualifier cpiscopus Kegiensis est toujours uieutioniié dans lautiquilé ecclésiastique, ep. Ilegensis. Le concile tenu à N'alcuco en Espagin.' lait uéauiiiniiis usage de l'orlhograplie Itegiensis. L'i)rthoi,'r.iplie vraiment primitive est Jlciensis. Sidoine Apollinaire nous apprend en ellet qu'on appelait la ville Reios. L'oi'liiographe qui a prévalu est un gallicisme comme majesLas pour maiestas. (11. L.)

424 LIVKE X, CHAPITRE I

outre mesure ses droits primatiaux aux dépens des métropolitains^ regardait Embrun comme un de ses sièges suffragants ^. Lorsqu'on

1. On ne peut guère aborder l'étude des conciles du midi de la Gaule sans avoir à pai-ler de l'encombrante métropole d'Arles dotée d'une primatie spéciale appelée Vicariat, par concession exceptionnelle du Saint-Siège. L'idée d'étendre au domaine ecclésiastique le pi'ivilège de suprématie dont jouissaient les métropoles des provinces impériales sur les simples cités est d'origine orientale. Un canon de Nicée régularisait l'institution de ces métropoles qui mit encore quelque temps à pénétrer en Gaule. ()uand les traductions latines des canons de Nicée commencèrent à circuler en Occident, elles y éveillèrent l'idée de primatie et de privilèges. Dès le v' siècle, l'Eglise d'Arles entre en conflit avec ri''glise de Vienne au sujet du titre métropolitain. Il s'agissait de l'importante ])rovince Viennoise et tous les arguments furent mis en avant, bons, meilleurs ou mauvais.. W. Gundlacli, Der Strcit der Bislhiimer Arles uncl Vienne uni den Primntus Galliarum, dans Neues Archiv. Gesells. ait. deut Geschichie, 1888-1890, t. xiv, p. 251-342 ; t. xv, p. 9-102, 233-292 ; Ein philologisch-diplomatisch-liistorischer lieitrag zum Kirchenrecht, in-8, Hannover, 1890; L. Duchesne, dans le liullciin critique. 1891, t. xii, p. 2Vl-2^i5 ; La primatie d Arles, dans les Méni. de la Soc. nat. des antiq. de France, 1891-1892, série Vie, t n^ p 155-238. Arles invoquait l'antiquité de son siège épiscopal au sujet duquel une abondante végétation légendaire causait une étrange illusion (cf. Dictionn. d'arch. chrét., t. i, au niof Arles), en outre le transfert récent dans ses murs de la préfecture des Gaules lui donnait une importance sans égale. Mais Vienne se réclamait d'avoir été le siège du vicaire des sept provinces méridionales. Nous avons vu, à l'occasion du concile de Turin, que les évèques de la Hautc-ltuiie s étaient trouvés dans un extrême embarras et avaient imaginé une contlunazione, laquelle consistait dans un partage à l'amiable du ressort mélropolilain entre les deux cités rivales. L'élévation sur le siège d'Arles de révè{[ue Patrocls, ([ui succéda au saint évèque Héros, chassé de son siège, ouvrit l'ère di's ambitions immodérées et des intrigues violentes. l'alroi'le, personnage trop discutable pour abordei- certains milieux ecclésiastiques, se servit de l'influence considérable de son protecteur le patrice Constance auprès du pape de Home, pour obtenir de celui-ci confirmation ou concession de privilèges exorbitants. Non content de revendiquer les droits de métropole bien au delà de 1 i Viennoise, il i-éclama la primatie. Les évêqnes d'Arles étaient, par suite do la situation commerciale et administrative de leur cité, en rapports conlinutls avec l'Orient, aussi ne pouvaient-ils ignorer ou négliger de tirer parti de la situation exce[)lionnelle l'aile récemment par les papes au siège de Tlicssalonique <jui devint le point de mire de tous les efforts tentés en vue de grandir le rôle d'Arles. Le pape Innocent 1er avait institué à Thcssalonique un vicaire; du Saint-Siège chargé de maintenir sous son autorité directe les provinces de celle partie de l'empire relevant de l'Orient et que la proximité de Conslantinople risquait d'entraîner dans le cercle de l'influence de co siège épiscopal. P. L., t. xx, col. 515, énumèrc ces provinces. Une série de décrétales (Jaffé, lîegest. pontif. roman., n. 300, 350, 351, 393- 396, 403, 40'!, clc.) conféra aux évèques de Tliessalonique d'importants pri-

Kil. CONCILE DK ItlKZ 425

438, le laïque Anncntaiius tut rlevésur le siège épiscopal d'Embrun et ordonné par deux «'-vèques (seulement) sans sa participation et

vilègcs. Sous le règne du pape Zcjsiuie, sucrcsscur d'iiiuoceut, l'cvêquc d'Ailes travailla à se laii-e .iltiibuer des privilèges semblables. Les circonstances s'y prêtaient. Les invasions barbares avaient été l'occasion de Ironbles profonds dans les Lglises d'Occident et la ville d'Arles, par sa position topograpiiique et son extension d'importance, semblait appelée à jouer un rôle considérable et, sur bien îles points, justifié. .Mais il laul l'cconnaitre que les raisons mises en avant ne justiliaieat pas la concession faite à un personnage des moins rccommandables. Patrocle se trou\ai( à Rome j)endanl (juc se lit l'élection du pape Zosime ; ou peut conjecturer qu'en homme qui sait prendre le vent, il y aida, sauf ii se faire reconnaître ses services. Un décret de Zosime adressé aux évéques de Gaule et des St.'pt l'ioviuces offre pour la j>remière fois mention (lu titi'e nouveau. Les privilèges commencent à fondre sur Arles. C'est d'abord la procédure des i lettres formées » (litlene formatse) d'après laijuelle tout évéqne ayant à voyager hors du pays est obligé de s'adresser à la chancellerie arlésienne afin de s'y pourvoir d une sorte de passe-port ecclésiastique avant d'éire reçu à la communion dans les llgliscs qu'il rencontre. Les droits métropolitains sont étendus non seulement à la Viennoise, mais même au.v deux Narbounaises, à l'exception des métropolitains respectifs. Ce qui est plus inattendu encore, c'est de voir étendre la juridiction supérieure d'Arles sur toutes les paroisses de la Gaule, sous réserve des appels adressés au Saint-Siège. Ces droits étaient présentés par Zosime, non comme une innovation, mais comme une restitution de droits très anciens remontant au temps d'un certain évêquc Trophirae i[ui prenait rang en tète de la liste cpiscopale d'Arles. La légende de saint Trophime servait à justifier ce que les Eglises voisines appelaient des empiétements, lîlles n'eussent pas été en peine d'invoquer chacune pour leur part une antiquité non moins reculée, et cependant elles n'en tiraient pas parti pour se faire attribuer la priraatie sur les Eglises voisines pourvues de litres aussi pompen.v. On pouvait, sans être très malicieux, rappeler qnel([ues stjuveiiirs peu glorieux pour l'Église d'Arles, comme d avoir été une des citadelles du semi-arianisme au temps de son évêque Saturnin. L'établissement de cette primatie ne se fît pas sans résistance. Hilaiie de IS'arbonue, métropolitain de la première Narbonnaise et Proculus de Marseille <|ui, étant de la Viennoise, tenait du concile de Turin des droits personnels sur une partie de la fieuxième Narbonnaise, ne se montrèrent pas disposés à laissi-r amoindrir l'honneur de leurs Eglises, l.'n aveu échappé au pape Zosime montre qu'il ne prétendait octroyer à Patrocle (|u'uu diuit d ordination sur les évéques des cilés voisines, droit pouvant s'exercer sur une certaine zone des deux provinces limitrophes, mais que Patrocle voulait étendre de la partie au tout. Plus tard le pape Léon parlant de la manière dont ces affaires furent conduites, prononcera le mot très dur de siihrepiio. 11 arriva, ainsi qu'on pouvait s'y attendre, cjue les privilèges ainsi eidevés à la pointe de l'épée, ne demeurèrent aux mains de leurs possesseurs cpie peu <le temps. Zosime n'avait fait i[ue passer sur le siège pontifical ([u'il occupa un an s<Milement. Il paraît probable que 1 obligatiiiu des lettres formées t|ui devait paraître exorbitante aux évéques

d'une manière contraire aux canons, Hilaire convoqua, le 29 novembre 439, le concile de Riez auquel prirent part avec lui douze évê-

voisins ne fut pas maintenue après sa mort. Le successeur de Zosime rogna la métropole arlésienne de la première Nai'bonnaise. Quant à la deuxième Narbonnaise, une partie était demeurée aux mains du vieil cvètjue Proculus de Marseille qui refusa jusqu'à sa mort de s'en dessaisir, malgré un feu roulant de décrétales et d'aiiathènies dirigé contre lui. La suprématie d'Arles ne parvint donc à s'établir que pour un temps sur la Viennoise haute et basse. Avec les provinces annexes des Alpes, c'était un assez beau domaine. Le Rhône, les Alpes et la mer figurent à peu près les limites à l'intérieur desquelles l'évêque d'Arles peut exercer saus conteste les droits mélropolitains, c'est-àdire convoquer et présider .le.s synodes, juger en second ressort toutes les affaires ecclésiastiques, diriger les élections des évèques. Patrocle ne fit pas sevilement les affaires de son Eglise, il fit celles de sa forlune privée, mais son protecteur, le patrice Constance, et après lui Honorius étant venus à mourir, l'évoque d'Arles abandonné, périt de mort violente. L'Eglise qvi'il avait soulevée ue se résigna pas tout de suile à tomber, mais quoiqu'elle en eût, la période des grands horizons élail, définitivement close. L'influence religieuse de Léi'ins prédominait maintenant à Arles, dont les évèques Honorât (426-429) et Hilaire (429-449) venaient de la célèbre colonie monastique. Hilaire avait revendiqué et exercé tous les droits que Patrocle s'était attribués, faisant appel pour cela au concours du pouvoir civil. Néanmoins il n'employa jamais les procédés chers à Patrocle et se borna à imposer le respect des canons dans sa province et dans toute la Gaule. Ce fut sous son épiscopat cjue se réunirent les trois conciles de Riez (439), Orange (441) et Vaison (442). Les revendications intempestives d Hilaire lui suscitèrent des ennemis tels que ce Célidoine de Besançon qu'il avait déposé et qui en appela au pape Léon. Celuici apprit avec stupeur que l'évêque d'Arles lui refusait le droit de réformer sa sentence. Le pape le prit de très haut et fit savoir à Hilaire ({ue le titre de vicaire du Saint-Siège était une concession bénévole et révocable, d'autant moins respectable quelle était usurpée. S. Léon, Epist., x, P. //., t. liv, col. 628. n lui reprocha d'user de ce titre pour tout ti-oubler, tout brouiller et invita les évèques de métropoles à ressaisir leur.s honneurs confisqués par leur collègue d'Arles, qu'il priva de ses fonctions de métropolitain pour les reporter sur son collègue de Vienne. La mort d'Hilaire arrêta les représailles. Le pape Léon se laissa toucher par une supplique signée par dix-neuf des anciens suffragants d'Arles (S. Léon, Epist., lxv, P. L., t. liv, col. 879) et consentit à relever en faveur de Ravcnnius quelques-uns des anciens privilèges. Au sujet de la pi-imatic dont la supplique demande le rétablissement, le pape ne voulut pas se rétracter, mais, en fait, toute sa correspondance avec les évèques gaulois passa désormais par Ravenuius. Quant au droit métropolitain, le pape laissait à Vieune ses droits sur qvnitre évèchés seulement : Genève, Grenoble, Tarentaisc, Valence ; il abandoimait les autres diocèses à Arles. Il n'est pas très facile d'énumérer ces autres diocèses. Parmi les signataires de la supplique on lit les noms des évèques de la deuxième Narbonnaise et des Alpes-Mai'itimes dont Aix et Embrun avaient été les métropoles. Il faut donc en conclure que les Eglises de ces deux provinces, les plus récemment démem-

Page 1