‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 288 sur 407 · CONCILE DE RIEZ · texte numérisé non relu

CONCILE DE RIEZ

ques et un pièlre lonck' de pouvoirs, tous venus des dilférents diocèses sunVa<^;iiils de la métropole dArlcs, Les noms de ces évèques

brées tle l'ancienne Viennoise ne «liorcliaient pas à rompre leurs liens de dépendante vis-.'i-\i8 d'Arles. M. .Maliiory, Saint Césairc d Arles ^ in-8, l'aris, IS'.ti, p. 42, apprécie ainsi celle silualioii : a llonueur, coniiuodité, indépendance niinu-, lt)ut devait leur (aire piéfécer la domination de la grande métropole, i|ui élail le siège de la l'i-élecluce, à celle do métropoles obscures, qui, d'ailleurs, parce qu'elles étaient plus près d'elles, devaient les gêner davantage dans leurs mouvements. Celles-ci mèiue paraissaient se soucier peu de leurs prérogatives. Ingenuus d'Embrun avait signé la supplique comme les autres. Saint I.éon eut beau le blàuier de son e.xcès de desintéressement, il ne réclama un peu plus tard son litre de métropolitain (1'. /.., 1. i.vm, col. 20) que pour faire pièce à l'évêque de Ciinicz. qui semblait disposé à l'exercer à son délaut, et ce fui probablement sur les insligations de l'évêque d'Arles lui-même. D'ailleurs, la chute de l'empire qui entraîna peu après la chute dos mélropoles civiles, ôla tout prétexte de réclamer la supi'émalie ecclésiastique à celles de ces dernières, comm<> Embrun et Aix, qui n'avaient pas fait valoir à temps leur titre. » l.a prinialie d Arles n'i'tail pas au terme de ses vicissitudes. Les évéques s étaient résignés à recevoir la sentence pontificale concernant Vienne, mais les évéques de Vienne cherchaient à récu])érer plus qu'on ne leur avait concédé. En toute occasion ils tentaient d élargir un peu plus, au détriment d'Arles, les bornes de leur métropole. Mais si d'une part des hommes comme .Mamert et Avit sollicitaient pour Vienne, d aulre pari l'évêque Césaire faisait bonne garde autour des privilèges d'Arles qu'il n'était pas disposé à laisser entamer. En ce qui concerne le Vicariat, on avait vu le pape Hilaire, successeur de Léon, remettre en vigueur les privilèges de l'Eglise d'Arles. Voyant les Wisigolhs et les Burgondes ariens et les Francs païens devenus maîtres d'une grande paitie de la Gaule où 1 Empire ne possédait plus que deux lambeaux de terre entre Loire et Somme et entre les Cévennes et les Alpes, Hilaire estima avantageux de centraliser à Arles, un point d'attache plus solide de ces lambeaux avec Tltalie impériale, la résistance de l'Eglise catholique, menacée par les mêmes ennemis que l'Empire. L occasion d'exalter le rang du siège d'Arles ne se fit guère attendre. Les chefs des Burgondes et des Wisigoths recoururent d'eux-mêmes aux autorités ecclésiastiques pour régulariser diverses difficultés relatives à la provision de quelques sièges épiscopaux de leurs Etals. Le pape saisit l'occasion d'imposer l'évêque d Arles, Léonce, successeur de Ravennius, qu il délégua à l'examen de ces affaires dans lespoii- que cet incident aiderait à constituer autour de lui les provinces les plus voisines en une soi'tc de monarchie ecclésiastique qui étendit sou influence sur les Elals politiques contigus. « Le mot est du pape lui-même, qui preud soin de préciser d'ailleurs les attributions dont il veut que le chef de ce viceroyaume ecclésiastique soit investi. A lui le droit et le devoir de convoquer chaque année les autres évèques en concile pour statuer avec eux sur les alfaires conlentieuses des Eglises ou sur la discipline ecclésiastique. 11 a aussi le dioil de recevoir en appel les plaintes des clercs ; il doit examiner avec le concours de deux autres métropolitains le bien fondé de ces plaintes, spécialement en le qui a trait aux litleiw forinatx dont les clercs ont besoin pour

se lisent dans les signatures des actes. Les canons de ce concile sont ainsi conçus :

1) Les deux évêques consécrateurs d'Armentarius n'ayant pas agi par malice, mais par ignorance, ne seront pas exclus de la communion de l'Église ; mais, conformément à un décret du concile de Turin, ils ne pourront, leur vie durant, faire une ordination ni siéger dans un concile ^.

2) Le choix d'Armentarius est nul [irrita) et le siège d'Embrun demeure vacant.

3) Eu égard à la décision du concile de Nicée (can. 8), qui a traité les schismatiques avec beaucoup plus de douceur que les hérétiques, on permet qu'un évoque concède à Armentarius une église de son diocèse (en dehors cependant de la province de VAlpina jnaritiina), qu'il pourra gouverner comme chorévêque, in qua aiit cJiorepiscopi nomine... aiit peregrina ut aiunt communione foveatur. Il pourra

être admis à la communion en qualité d'évèque étranger (d'évèque [290] voyageur) ; mais, dans aucun cas, il ne pourra ordonner des clercs ou remplir des fonctions épiscopales. Il lui sera seulement permis de donner la confirmation ^.

4) Ceux qui étaient auparavant excommuniés et qu'il a ordonnés clercs, resteront déposés, et quant à ceux qui jouissent d'une bonne réputation, le futur ('vêque d'Embrun (Ingenuus) pourra ou bien les garder ou bien les laisser à Armentarius ^.

voyager hors du territoire de leurs Eglises respectives. Il doit enfiu se conduire comme délégué du Saint-Siège dans tout ce qui concerne la religion. » Léonce n'était pas l'homme d'une telle situation. En 476, Arles tombait au pouvoir des Wisigoths. Les Eglises groupées autour de la métropole arlésienne se désunirent et les évoques d Arles ne songèrent plus à incursionner chez leurs voisins, mais à se maintenir chez eux à grand'peine. Pendant vingt années la primatie d'Arles cessa d'être exercée. Il fallut l'avènement de Césaire pour la faire de nouveau sentir. (H. L.)]

1. Le synode fait allusion à la troisième ordonnance du concile de Turin. Voyez plus haut, ,^ 113. [C'était probablement une réminiscence du concile de Turin, mais la discipline elle-même qu'on ajjpliquait remontait au concile de Nicée qui avait formulé la conduite à tenir à l'égîird de Mélèce de Lycopolis, qui s'était rendu coupable d'ordinations intempestives. (H. L.)]

2. Voir à l'appendice de ce tome la dissertation relative aux chorévêques. Autre réminiscence de Nicée dont le canon 8e avait décidé de donner le chorépiscopat aux Cathares qui pourvus de l'épiscopat rentraient de l'hérésie dans le sein de l'Eglise. On ne saurait relever avec trop de soin la trace de l'influence exercée en Occident par la législation canonique de IS'icée. (H. L.)

3. [Albert] Histoire géographique^ naturelle, ecclésiastique et civile du dio-

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