CONCILK d'orange
connue, mais qui Taisait partie du diocèse d'Orange. Aussi ce concile a-l-il été appelé Justiniancnsis ou Aidusicanu /, et coinnie Orange se trouve dans le sud-est de la France il d([)end de la nielropole d'Arles, llilaire le prc-sida. l'arnii les seize évoques présents nous trouvons les noms de plusieurs Pères du eoueilc de Kiez. La pi'oviuee voisiur d<' Iadu se liouvait aussi représentée par son nn'tropolitain Eueherius, (|ui signa au nom de tous ses sullVaganls. Ainsi (|ue le pioiivr le 'J!'' canon, ce lui 1 orilonnance portée à
nimibreuse et bien organisi'r, ce qui lui pormetlaiL de luairiteuir son rang en lace de r(''l(''mcnl laït|iie. C osl à cel avantai^e ijuo le clcrtf»'- romain était redevabli; de la forcf ijiii lui permcllail do inaiiileiiii' aii-<lessns do toute compétilion, de louti" contestation son di-nit traditionnel à fournir U; lilulairo au siège de saint Pierre. Les ICgIises de la Basse-Italie, subissiinl très dirccteuieni linfluonce romaine, en avaient reçu une idée très liante do l'iililiU' des iuslerslices. Mais toutes les l-'glises n'en étaient pas là. Tant de maux, venaient depuis quelques années de fondre coup sur coup sur rOccidcnt, le clergé en avait si durement pâti (ju il a\ait été oblii;é de s'agréger nn peu liàtivemeut le personnel indispensable au\ cliargos ecclésiasliquos. De là résulta l'intronvénient des ordinations précipitées, la siipprossion plus ou moins complète des insterslices, en un mot le type qu on :i désigné depuis sous le nom d ordinations per saltum, cf. l'arisot. Des ordinations « per saltaui », dans la Renie de l'Orient chrétien, 1900. t. v, p. ;Jj5-369. Ces ordinations n'allaient j3as, du moins au début, sans une certaine violalio!» de la règle ecclésiastique. Des fidèles s'en scandalisaient. On sait les troubles de conscience cjne causa à saint Ambroise la perspective de passer sans transition du caléchuménat à l'épiscopat et la fermeté qu'il apporta à faire amende honorable dans la mesure du possible à la loi canonique des iiisterstices que son élection semblait violer, en exerçant, une à une, pendant les huit, jours qui suivirent son baptême, toutes les tondions renfeiinées dans la série des Ordres en commencani: par le plus intime, [..'irrégularité de ré'ection avait ('te levée et cependant le saint ne cessa jusqu'à la lin de ressentir une certaine inquiétude au sujet de la façon expédilive doiil elle avait été faite. En Espagne, en Afrique et surtout en Gaule, on éprouvait moins de scrupules à 1 égard des ordinations per salluni. Kn Gaule, 1 influence raonasti([ue empiéta de bonne heure sur le clergé séculier et les évèchés échappèrent en grand nombre à ces derniers, malgré les tentatives des papes opposés à celte solution. Cependant les évèques issus de l'institut monastique ayant à cœur l'amélioration de leurs clercs exigèrent de ceux qui veniiienl de l'état laïque à l'ordination un stage d'épreuve, sorte de noviciat, pendant lequel le iutur ministre du culte était éprouvé, principalement sur la chasteté. On désignait cette épreuve sous le nom de pr.r/jus.vfl conversio ou coitversionis i>ropositiim. Au concile d'Orange, l'évêque llilaire, ancien moine de Lérins, l'érigea en loi poui- la province d'Arles et en fixa la durée minimum à un an. Ce n'élail qu'en \ue ilu diaconat (ju'on avait à se soumettre à cette année de probation qui était l'équivalent de l'engagement de chasteté que contractent aujourd'hui les sous-diacres. (H. L.)
432 LIVRE X, CHAPITUE I
Riez pour (aire revivre l'institution des conciles provinciaux, qui [292] provoqua la réunion du concile d'Orange, dont les trente canons ont été l'objet de bien des discussions entre canonistes. Kn voici le texte intégral, accompagné d'une traduction ou d'un résumé :
Hivreticos in movtis discrimine positos, si catholici esse desidej'ant, si desil episcopus, a preshi/teris cnm c/irismate et benedictionc consignari placuil^.
Lorsque des hérétiques, dans une maladie mortelle, veulent devenir catholiques, un prêtre doit, en l'absence d'un évêque, leur donner le c/irisma et la bénédiction (c'est-à-dire la confirmation).
Can. 2.
Nulliini niinislroriuii. (pii baplizandi recepil of/îcium, sine chrisniate iisqaam dchere progredi, quia inier nos plaçait seinel chrismari. De eo autem, qui in haptismate qaacnnique necessitate faciente non clirismatus fuerit, in confivinatione sacerdos commonebitur. Nam inter qnoslibet chrismatis ipsins non nisi una benedictio est : non ut prœjudicans quidquani^ sed ut non necessaria liabeatur repetita cJirisniatio -.
1. Le concile marque de l'indulgence aux liérétiques en danger de mort et conformément à l'usage, sacramenta propter homines, concède aux prêtres le droit de leur administrer la confirmation, ce qui est réservé aux seuls évêques quand ces hcrétiques sont en bonne santé, ainsi qu'on le peut voir dans le concile d'Epaone, can. 16e. Le canon 8' du concile d'Arles prescrit de confirmer ceux qui viennent d'une secte hérétique, ce qui fait dire à saint Isidore, De ecclesiasticis of/iciis, c. xxiv : Hperetici non itcritm baplizandi, scd solo chrismate et inaïuis impositione pargandi sunt. Grégoire de Tours, Hist. Fraiicor., 1. II, c. xxxi, P. L., t. lxxi, col, 226, cite deux exemples de discipline, c'est Lanlhild, sœur de Clovis, revenue de 1 hérésie arienne et saint Herménégild que convertit la parole de sa femme Ingonde, fille de Sigebert; en conséquence il fut baptisé et reçut le nom de Jean avec la confirmation. Grégoire de Tours, Hist. Fraiicor., 1. V, c. xxxix, P. />., t. lxxi, col. 353. Dans le De miraculis saiicti Martini, 1. I, c. vi, P. /,., t. lxxi, coi. 919, nous lisons que Cliararic, roi des Suèves établis en Galice, unitateni Patris et Filii et S/iiritus Sancti confessiis, cuin oinni domo sua clirismatus est. (II. L )
2. Aujourd'hui dans l'Eglise catholique on emploie une double onction du chrême. L'une au baptême, faite sur la tète ; lautre lors de la confirmation, faite sur le front. Le concile d'Orange ramène tout à une onction unique, au baptême. Si quelqu'un, pour une raison ou une autre, y a manqué alors, il doit réclamer celte onction avant qu'on lui impose les mains pour la confirmation. On voit qu'on s'écartait déjà notablement de la coutume primitive où