‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 292 sur 407 · CONCILE d'oii.\N(;e · texte numérisé non relu

CONCILE d'oii.\N(;e

Les prêtres qui ont à baptiser doivent être toujours munis du chrisma. Nous ne vouldiis jioniiclli-L' dans les Gaules) (luune seule onction avec

1 on <Joniiiiit sans intervalle le haplriiu', l'oiictioii, roiicliarislic . 11 ti'v avait alors qu'une onction uiiicjuc, c'est ce (jni iieul se conclure des textes de Ter- Inllien et saint Cyprien. Dans la lettre d innocent h'^ à Decentius do Gnbbio, c. III, P. /.., t. xx, col. 55'i, on voit déjà l'tahlir les deux onctions. Le texte du 'le cation du ei.Mcile dOraiige a snid hoanconp de cori-eclions et des manipulations bien nialadrnitcs à nudiis qu'elles n'aient été sii)»-ulière ment tendancieuses C'est à tel point ([u il n'est pas aisé de dire aujourd'hui ce qu'il a voulu prescrire, cf. I*. de iuuict. .Vo/c addilionnvUe sur ic deitxit'nic canon du concile d'Orange, dans la /{cs-ue des rjncstion.s historiques., octobre 1902. Voici la version de (i.-alien, dist. IV. De. cons., e. l^.'j, et les deux autres données par Mansi, op. cil., t. vi, col. 'i .'{.")- 'i:;G :

f^'K^TIEN lIlSI'A.N.V P. Cn\ni!E

A'ullum miuistrorum, .\iillu.s niinislroruin Xuliii'i niinisirornni

qui haptizandi recepit qui Ixipiiznndi recepit q"i laptizandi reclpit of/icium, sine chrismatc officiuni sine chrisniatc of/icium sine cl.risntale usquani dehcre progredi, usquani del/erc progredi, usqnam débet progrcdi, quia inler nos placuil quia inicr nos plaçait quia inter nos plaçait semel c/irisniari. De eo semel in baptismale sentel in l/aptismate auteni, qui in liaptismate chrisniari: de eo auteni chrisniari. De eo aulem qaacumque necessitatc qui in baptismale qua- qui in baptismale, quafaciente non chrismatus cumquc necessitatc fa- cunique necessitate fafaerit. in confirmatione dente non chrismatus ric/ite non chri.smatus sdcerdos commonebitur. facrit, in confirmatiùne fnerit, in confirmatione \am inter quoslibel chris- sacerdos commonebitur. sacerdos "commonebitur. matis ipsius non nisi una Nani inler nos chrisnintis Nam inler nos cltrisniabenedictio est : non ut ipsius nonnisi una bcne- '/s ij)sius non /lisi nnn prxjudicans quidquam dictio est : non ut prœju- benedictio est, non" ni sed ut non necessaria dicans quicquam dico, prxjudicans quicquam habeatur repelita chris- sed al non necessaria dico, sed *" ut necessaria matio. habeatur rechrismalio. ' habeatur "" chrismalio

Cf. les notes des cor- ' sed ut necessaria ha- repelita. redores romani à ce pas- beatur rechrismalio. (Jac. ' non commonebitur sage. Merlin, pi-emièi-e cl deu- *' prcejudicantcs cui-

xièine édition.) i/uam hoc dicimus

non necessaria "" rcchrisinafio.

Surius a ii'nindiiil ce texte de Crabijc e:i supprimant les variaîiles, il a été- suivi par Merlin et Biui.

Les éditeurs de conciles ne sont pas ari'i\és à so nicllie d'accord sur ce texte. La négation du dernier membre de j)Iirasc a divisé ces éditeurs. .Meidin, Crabbr, Surius rejettent la négation, toutefois Crabbc la conserve en marge

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le clirlsma, et si, pour un motif quelconque, elle a été omise au moment du l)apléme, on doit en avertir l'évêque au moment de la confirmation.

en se Tondant sur quelques manuscrits. Mais Sni-ius et 13ini n'y prennent garde et repoussent la négation que Sirmond accueille. D'où la surprise de Saint- Cyran qui y vi)it une nouveauté et prend feu et flammes, réclamant très haut contre celte innovation qui n'est qu'une restauration. Depuis 1629, date de l'édition Sirmond, les attaques se multiplient. La Spongia Lœinelii du jésuite Floyd fournit à Saint-Cyran l'occasiou d'une passe d'armes. Sirmond pare avec une simple lettre. Saiut-Cyran prend son pseudonyme de Pelrus Aurelius et se fend à fond. Le Père Sirmond riposte. On se prodigue arguments et gros mots ; tout cela est illisible aujourd liui. La Compagnie avait pris parti pour son confrère, lUnivorsité tenait pour Sainl-Cyran qui pourrait bien tenir le mauvais côté. Décidément le texte avec la négation sonne mieux, s'explique mieux. Vf.'ici à peu près ce que ce texlo tant tiraillé semble vouloir dire. Le prêtre fait l'onction sur les baptisés ; mais s'il n'a pu la faire — quelle qu'en soit la raison — il avertira l'évêque. Ce qui ne veut pas dire que les Pères jugent indispensable de réitérer lors de la confirmation cette onction baptismale qui n'est pas essentielle. Le P. Sirmond abordant l'explication du canon eslime qu'il vise l'onction /'aile sur le front par l'évêque pour la confirmation et en conclut que celle oiiclion est facultative si le néophyte l'avait reçu après le baptême. Beliarmiii, De confirinatione, c. xii, voit de même dans cette onction désignée par le concile, l'onction de la confirmation, mais il entend le canon en ce sens que tout ministre, prêtre ou diacre, ayant le pouvoir de baptiser possède celui de confirmer aussitôt après le baptême et cela d'une façon permanente. S il ne peut s'en acquitter ex quacumqiie necessitate, il doit prévenir l'évêque. Cf. Mansi, op. cit., t. vi, col. 453, concil. de Vaison, canon 3e. Qu'y a-t-il de fondé dans cette opinion ? Elle peut, il est vrai, se réclamer de quelques attestations. Saint Grégoire accorde aux prêtres de Sardaigne le droit de pratiquer l'onction sur le front (S. Grégoire, Epistoix, I. IV, epist. ix), et la même coutume se rencontre en Egypte. Quxstiones ex utroque 'lestamento, c. ci, P. /-., t. xxxv, col. 2302 et note 1 ; Ambrosiaster, In Ephes., IV, P. Z., t. XVII, col. 410). Cette discipline s'applique-t-elle à la Gaule? on est en droit d'en douter puisqu'on ne rencontre qu'un seul témoignage et sujet à caution, celui d'un anonyme gallican du v" siècle, auteur du De septein ordinibus Ecclesisc. P. L., t. xxx, col. 152 sq. Cf. G. Morin, dans la Bévue bénédictine, 1891, p. 97-104; 1892, p. 425. Cet écrivain avance que partout « à Rome, en Italie, en Orient, en Afrique, en Espagne et dans une partie des Gaules, le prêtre a les mêmes pouvoirs que l'évêque. » Celle affirmation n'a pas de portée historique, cependant il semble que d'après Mgr Duchesne cette pratique aurait été en vigueur, puisque selon lui la lettre du pape Innocent 1er à Décentius de Gubbio réprouve l'usage qui autorise, en Gaule, « les prêtres à donner la confirmation. » Rev. d'hist. et de lillér. religieuse. 1900. Peut-être cette opinion s'appuie-t-elle sur le canon 16° du concile d'Epaone et non sur le canon 2e d'Orange. Witasse, De confirinatione, dans le Tlieologim cursus complétas, t. XXI, col. 803 sq., a étudié la controverse et pris parti pour Saint-Cyran (p. 823). D. de Puniet l'a imité et il estime que « l'onction visée par le décret du concile d'Orange est bien celle qu'à Rome l'on concédait aux prêtres, im-

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