‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 3 sur 407 · Convocation et ouverture du concile; ses membres · texte numérisé non relu

Convocation et ouverture du concile; ses membres

et ses présidents.

La dale de la niorl de rempcrcur Constance (3()1) marque raflaibllssement rapide de l'arianisnie en Occident, tandis qu'en Orient le règne de Valens coïncida avec un retour de fortune et d'intolérance. Constantinople offrait une fidèle image de la situation religieuse de rOrient. Le siège épiscopal était depuis quarante ans au pouvoir des ariens, et les catholiques ne possédaient pins une seule des nombreuses églises de la ville. En 370 ils voiiliiienL éliie un évèque ; mais l'empereur Valens chassa l'élu Iwagre par la lorce armée. Les orthodoxes de Constantinople, sans évê([ne, sans église et sans offices, diminuèrent de jour en jour. Sur ces entrefaites (378) mourut l'empereur Valens. L'Orient fut alors gouverné par l'empereur d'Orient Oratien, dont ledit tle tolérance permit aux catholi([ues de Constantinople d'avoir enfin un clu>f (jui ne lut tout d'abord que radminislrat(Mir tlu diocèse. Celle cliaige lut confiée, en 379, à saint Gré^joire de Xazian/.e. Afin de célébrer la lilurfric avec les catholiques de Constantinople, (irégoire hansfoiina en église la maison de l'un de ses parents ii hKjiielle il diuina li- nimi dAna.slasid (résurrection); c'était bien, en ell'et, de \-a i ('stii-rcrlion de l'Lglise de Constantinople (piil s'agissait, l'^l la petite chapelle du début devint, par la suite, la célèbre ('glise à'Anastasia. Plus (Grégoire, par son at tivité et son éltxpu-ncc, étendait la loi de Nicée, plus la haine des héiètiques s'attacha à lui. Ils ne se contentèrent pas de lui prodiguer injuics et moip'eries, en particu-

i.ivitn vu

lier ;ui sujet de sa pauvrclé et de ce (jii ils appelaient sa tournure [21 de paj/sfi/i , mais ils essayèrent, à plusieurs reprises, de l'assassiner et entrèrent de loroe, pendant la nuit, dans \A/iastasia, tandis que saint Grégoire y célébrait le service divin. L'autel fut profané, le vin consacré niclé de sang, Grégoire eut beaucoup d'ennuis à supporter de la part de son faux ami Maxime. Celui-ci, originaire d'Alexandrie, prétendait avoir confessé la foi en temps de persécution, Il arriva à (^onstantinople en même temps (juc Grégoire et joua dans cette ville le rôle d'ascète cl de philosophe ^. Comme il afTectail un grand zèle pour la foi de Nicéc, Grégoire le prit chez lui, l'admit à sa table et lui témoigna une telle confiance qu'il écrivit un panégyrique en l'honneur de Maxime. Peu de temps après, Grégoire reconnut qu'il avait à faire à un intrigant, hypocrite et menteur, qui, appuvé par un parti de Constantinople et par Pierre, patriarche d'Alexandrie, travaillait à devenir évoque de Constantinople. Il se fit, en eirel, quelque temps après, ordonner secrètement évcque. Le peuple l'expulsa de la ville ; mais Grégoire fut tellement impressionné de cette mésaventure que, voyant sa santé très altérée, il voulut résigner ses fonctions. Les supplications des catholi([ues et. en particulier, ce mol : « Ce n'est pas toi seulement que tu vas bannir de C^onstantinople, c est la foi en la Trinité qui disparaîtra en même temps, «déterminèrent Grégoire à demeurer jusqu'à rétablissement de son successeur "-.

A cette époque [379], Gratien associait Théodosc à l'empire et lui confiait l'O lient. S'inspirant de ses convictions religieuses et de son expérience politique, Théodose se donna la mission de rétablir l'unité religieuse suivant la (oi de Xicée ; aussi, presque aussitôt après son avènement, il engagea tous ses sujets à rentrer dans l'orthodoxie ■'. Théodosc vint à Constantinople dans les derniers mois

1. J. Uriiseke, Ma.iiniiis philosophiis^ dans Zeitsclirifl fur Mitiscii.schaftl. Tlicologic, 1892, t. xxxm, p. 290-295; E. Yenables, dans Dictionn. of christ. nioi;r., t. III, !>. 878-880, 886. (H. L.)

2. r. Chevalier, Rcpert. des sources historiffiics, Hio-hibliogr., 2c édit., 1905, t. I, lol. 1865-1867. (II. L.)

;>. Théodosc est un des rares empereurs qui aient été baptisés dès le commencement de leur rèqne. Les lois rendues par lui en faveur de l'Église dépassent eu nombre celles de tous ses prédécesseurs réunis. Ou en compte plusieurs par année. Dès oKO, il ordonne que tous les peuples de son obéissance suivent, touchant la Trinité « la loi que rKj;lise romaine a reçue de l'apôtre Pierre, » telle que la professent c le pontife Daniase et Pierre, évêque d'Alexandrie, homme d'une sainteté apostolique, > Cod. tlieodosian.j 1. XVI, tit. i.

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