CONVOCATION liT OUVKlCrLUi; DU CONÇU. i
[3J tle 380, cl obligea les ariens de cette ville à resliliier aux orthodoxes toutes les églises avec leurs biens. L'évèque Déniopiule, jadis évè((ue de Bérée, et eliaiul partisan de rarianisme, avant rel'usé d'embrasser l'orthodoxie, du! (|uitler (lonslantinople ^ Le peuple réclama Grégoire pour évoque, et Tcmpereur agréa ce choix, mais Grégoire s"v dérol)a.
Afin de régulariser la situation religieuse de Gonslantiiiople, de laire dominer la foi de Nicée, et d'abattre en Orient larianismc et le pnenmatisme -, Théodose conxocpia un concile à Constantinople. 11 se réunit au mois de niai.)8L, sous les consuls lùicharius et Evagrius •', il est compté comme II" concile (ccuménique. Théodore! remarque que Théodose n'avait appelé à ce concile que les évê-
1. 2. Pciulaiit les années suivantes, nouvelles lois datées do 381, o82, 384, 388, 389, 39'i. Ces lois visent tous les hérétiques, tour à (our: eunoniécns, ariens, apollinaristes, macédoniens, niauidiéens, ,i qui elles retirent les églises pour les Iransniellre auicallioliques, interdisent les cunventicules, su[)priment évoques cl prêtres, confisquent les lieux dans lesquels ils ont célébré leurs offices, cassent leurs testaments, les dcclarenl incapables de donner on de recevoir. Cod. theodosian.. 1. XVI, lit. i, 1. 3 ; tit. v, 1. (3, 7,8, 13, l'i, 15, 16,18, 22, 23. Le [^rand nombre de ces lois et leur répétition, montrent qu'elles furent mal observées, méconnues souvent, mais en même temps, on y doit voir l'obstination dn prince pour rétablir dans les provinces troublées l'union religieuse. (H. L.)
1. P. Onslow et Ch. Hole, dans Dictionn. of. christ. Biu^r., t. ;, p. 812-813; Socralo, Hist. ceci., 1. Y. c. vu, P. C, t. Lxvir, col. 573; Sozomènc, IIi.>;t. ecclcs., 1. VII, 0. v, P. G., t. LxvH, col. 1424. (H. L.)
2. Socrate, Ilist. eccles., 1. Y, c. vni, Z-*. 6'., t. lxvii, col. 576 ; Grégoire de Xazianze, Carmen de vita, vers 1509 sq. P. C, t. xxxvii, col. 1134 : la traduction en vers latins par Bili donne (vers 1513) pour princip.il motif de la convocation : Firmet ut thronum niilti, c'est-à-dire ralfermissement de Grégoire sur le siège épiscopal. Cette traduction est infidèle, car le texte porte : oi; T;r,ÇovT£; fJTi'jf, Àôvrjv, ut statnliant pictdtis doctrinani.
3. Socrate, Ilist. ecclcs., 1. V, c. viii, /-*. (7., t. i.xvii, col. 576. La lettre de convocation du concile par l'empereur n'existe pins. (Consuls de rannée 381 : ri. Syagrius et FI. luiclierius. Préfet de Conslantinople, Paneralius, Code tlicodosirn, 1. IX, tit. xvii, I. (>. Pendant le premier semeslre tlo l'année 381, le célèbre évoque golh l Ifîlas, accompagné d évoques ariens, vint à Constantinojile sur l'ordre do l'empereur et obtint do lui la [)rome8se do la convocation d'un concile. Snuflaiii llKJodose changea d'opinion et promulgua nu ilécret interdisant toute discussion sur la foi. Sur ces entrefaites lUilas mourut, âgé de soixante-dix aus. Ces faits ont été connus |)arun récit écrit par Auxonce, disciple d'I Hilas, évoque arien de Silestrio. Ce récit élait contenu dans un manusci'it découvert par Waitz à la bibliollio(|ii(' du L(invr'e, Ucbcr dos l.ehcn iind die Lefirc des Ul/ihi, in-H, Hannovi r, 18»tt, j). 47, \\ aitz croit retrouver le décret on «jncslion dans (dd. tltrodosiaii . , I. X\'I, lit. iv, 1.2, rendu en 388 ;
i.iviu; vu
qucs (le son empire ', et, de fait, (ui ny vil (|uc des évèques de l'Orient -. Le pape Dainase appartenant à l'enipirc de Gratien, semble n'avoir pas été eonvocjué ; il n y jtarut pas et ne fut pas reprc- [4] sente •*. Tout porte à croire que Théodosc ne songeait pas à convoquer un concile général, mais simplement un concile des évèques d'Orient.
Baronius et d'autres historiens ont voulu prouver que le pape Damase avait convoqué ce concile: car, d'après eux, les évèques auraient déclari' « (juils s'étaient réunis à Constantinople, conformément à une lettre du pape Damase à l'empereur Théodose le Grand '*. » Nous trouvons bien, il est vrai, cette phrase dans une lettre synodale conservée par Théodoret ^ ; mais cette lettre ne provient pas du pri'sont concile ; elle appartient à un autre concile de Constantinople tenu en 382. Baronius cite encore cette phrase du VI" concile général '^ : « Lorsque Macédonius répandit ses erreurs sur le Saint- Esprit, Théodose et Damase s'opposèrent aussitôt à lui, et Grégoire et Nectaire (le successeur de Grégoire), réunirent un concile dans cette ville royale ^. » Le passage est trop vague pour(|ue l'on puisse en conclure à la convocation par Damase du II" concile œcuménique ; les mots : « Grégoire et Nectaire convoquèrent un concile, » contiennent même une erreur historique, car le concile ne fut con-
çu coiiSL'(jiieiuc il relaide juscjuà celte date le vo\ âge et la mort d'Ulfilas. Senti, Ulfilas, Ihe opostle of tlie Goths, in-S, London, 1885, p. 36-38, 41-46, rapproche ce passage d un lexle de Sozomène, Ilisl. ecclcs., 1. VH, c. vi, P. G., t. Lxvii, col. 1428, où il est question d'un décret de ce genre rendu entre novembre 380 et juin 381, propose la date 381. (H. L.)
1. Théodoret, ///.s7. eccles., 1. V, c. vi, vu, P. G., t. lxxxii, col. 1208.
2. La liste des évèques présents contient un nom latin, celui de l'espagnol Agrius Immonlincn.^is, mais llardouin. Coll. roiicil., I. i, col. 818, fait observer que cette lecture est inadmissible.
3. La plus ancienne traduction latine des canons décrétés an 11* concile œcuménique de Constantinople contient, il est vrai, dans les signatures qui accompagnent les canons, les noms de trois légats romain«, de Pascliasinus, de Lucenliiiset de Honifacius (Mausi, Concil. nmpliss. collcrl , t vi, col. 1176); mais ces noms se trouvent \\ par erreur; ce sont ceux dos légats qui, soixante-dix ans plus tard, assistèrent au IN c concile général.
4. Cette question de la convocation par le pape Damase a été traitée plus haut, t. I, p. 14 sq. (H. L.)
5. Théodoret. Ilist. eccle.s., 1. V, c. ix, P. G., t. lxxxii, col. 1212-1218.