‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 303 sur 407 · DEUXIÈME CONCILE DAHLES · texte numérisé non relu

DEUXIÈME CONCILE DAHLES

cent ans plus tût, |uiicc c|uc ce t'oiuile parle des apostats. Cette raison ne vaut rien. Jusque vers le milieu du v'' siècle on vit beaucoup d'apostasies, surtout dans les provinces envahies et occupées par les barbares, (^uant à <li'i'idt'i- si ce concile s'est tenu en 443 ou en 4r)2, nctus nous bornerons à tlire (pie, malgré ses reclierches et sa sagacité, lillenionl n a pu v parvenir '.

1. Bai'Oiiius, .Innalcs, mi ;um. iji!, n. il-'r2; Siiinoiid, Concil. (Jtill., t. i, col. 102 ; Conc. re^^ia, t. ix, col. 'rJ8 ; I.alande, Conc. GaUiw, IfiGO, j). 27 ; Lahbe, Concilia, I. iv. col. 1OI0-1020, 1811-1817 : Hardouiii, Coll. concil., t. II, col 771 sq. ; I). llivot, llist. lillér. de la France, t. ii, p. 2o9-2Vl ; Colcti, Concilia, t. v, col. 1 ; .Mansi, Concil. ampliss. coll., l. vu, col. 875. Bruns, Canunes, p. 130. roproduil le Icxto do tloin Labat. 1 illomont, Mém. liist. cédés., in-'i, Paris. 1711, I x\ , p. 69, Siii. Tiiloiuont trouve dans la vie de saint llilairo (jue lovèque Ciiélidoiiie fut dépo.-ié eu 4't'i pour avoir épousi' une veuve, chose défendue par les canons ; il en conclut que c'est là une î raison considérable « pour faire dater le second concile d'Arles avant cette année 444, puisque so.i cauon 45^ coulieul la défense visée et porte comme sanction la peine lie la déposition. On serait loiilelois en droit de se demander si la vie de saint llilaire ne lait pas allusion à quelque autre décision conciliaire. En eliet. le concile de Valence, tenu en o74, c'esl-à-dirc soixante-dix ans auparavant, prenait une décision analogue sans l'imposer toutefois avec la même riurueur. Il n est guère possible de faire un choix, car on ne peut apporter aucun indice qui laisse supposer que les décrets de Valence étaient entièrement oubliés. Tillemont est tout à fait porté pour la date de 451, n'était le texte qu il invoque et l'argument qu'il en lire et- que nous venons de rappoiter. Il avoue même qu'on peut « trouver de la difficulté à croire qu'on ait condamné Chélidoine en 4 44, sur un canon fait un an ceulement auparavant, lorsque selon toutes les apparences Chélidoine esloit déjà evesque. Car on voit dans le texte que le second concile d'Arles ne peut avoir esté tenu plus lost qu'en 4'io. Ainsi on peut regarder ces deux opinions comme assez indilTérentes. » D'autant plus indilTérenles, ajouterons-nous, que ce document n est pas l'unn rc d uu concile mais bien une compilation canonique ; voici ce qu'en dit .M. A. .Malnory, Saint Césaiie d'Arles, in-8, Paris, 1894, p. vi : « La cote du n'e concile d'Arles, sous laquelle le concile d'Arles de 524 est inscrit dans les collections modernes, ne se trouve pas dans les plus anciennes, et elle suppose 1 authenticité du Ile concile d'Arles, qui doit être repoussée. Car le groupe de canons (jui a été ainsi dénommé, bien qu'il soit rapporté dans les plus anciens manuscrits avec le titre de Synodicus Arelatensis, n'est qu'une simple compilation privée, comme il apparaît par l'absence de préiace et de toute indication de date ou île signatures, et par le manque absolu d'originalité (juant au fond ; car sur cinquante-six canons dont elle se compose dans sa rédaction la plus compréhensive, il s en tiouve à peine deux ou trois qui ne soient des résumés de canons de conciles connus, avec prédominance de l'élément arlésien. Comme il s'en trouve un du concile d'Agde, cela donne la date de 506 comme limite inférieuio de ce travail de collecteur, d ailleurs sans importance. » Ce caractère de compilation explique la présence

Le dernier canon de ce concile d'Arles, qui contient un avertis- r299] sèment au métropolitain, laisse voir que ce concile n'a pas été simplement un synode provincial, mais qu'il a dû réunir des évèques de plusieurs provinces ^. Les noms de ces évèques ne sont pas connus ; il est probable cependant que saint Hilaire d'Arles a présidé l'assemblée qui se tint dans sa ville métropolitaine. Le concile d'Arles a décrété cinquante-six canons, dont plusieurs ne sont que des répétitions de canonsportéspar les conciles antérieurs, en particulier par ceux d'Orange et de Vaison, par le premier d'Arles et par celui de Nicée.

Can. 1.

Ordinari ad diaconatus ac sacerdotii officium neophytum non debere.

Un néophyte ne doit pas être ordonné prêtre ou diacre.

Can. 2.

Assumi aliquem ad sacerdotium non posse in conjiigii {>inculo constitutum, nisi fuerit prsemissa conversio ^.

Un homme marié ne peut devenir prêtre, s'il ne se convertit auparavant (c est-à-dire s'il ne fait vœu de continence).

Can. 3.

Si (niis clericus a gradii diaconatus in solatio suo niulierem, prœter

des canons 10 el 11 qui traitent de la pénitence à imposer à ceux qui ont succombé pendant la persécution. Outre le canon 47c qui est emprunté au concile de Vaison, le canon 17e mentionne les Bonosiaques dont l'apparition est postérieure à l'année 390. Hefele a suivi aveuglément Tillemont, c'est ce qui explique que comme son maître il voit ici non « un concile ordinaire des evesques soumis à l'Église d'Arles, mais une assemblée de plusieurs provinces ecclésiastiques puisqu'il ordonne avec autorité que les métropolitains seront obligez d'observer ses décrets. » Tous les manuscrits et les éditions sont loin de s'accorder sur le nombre de canons. Les mieux pourvus en comptent cinquantesix, d'autres beaucoup moins. Voir la note de Sirmond, dans Mansi, op. rif.., t. VII, col. 885, et surtout Maassen, Quellen, p. 195. Ces canons sont presque tous empruntés au I" concile d'Arles 314, aux conciles de Nicée 325, d'Orange 442, et de Vaison 442. C'est cette circonstance qui ne permettait pas aux anciens critiques de relever la date du concile d'Arles au delà de 443. (H. L.)

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