‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 305 sur 407 · DiaxiKMi: CONÇU. i: d'aulks · texte numérisé non relu

DiaxiKMi: CONÇU. i: d'aulks

qu'il fasse un coinmerci" quelconquo poui- un gain sordide, il doit être dépost" (»t excommunié.

Can. 15.

In secirtdi iu, dicicono intrr preshyUros sedorc non liront, i>el corpus Chri.sli pr-irsciilc prcshiitci-o trddcrc non pru-sumal . (Jiiud si f'eicrit, ah ofluio diaconatiis ahscedat '.

Le diacre ne doit pas s asseoir parmi les prt^tres dans le secrcuiriuin ; et si un piètre est présent, il ne doit pas distribuer le corps du Christ. S il le lait, il sera ('carli- de l'ollice du diaconat.

Can. K;.

Photinituios, sive Paitliiinistiis, sccitiidiini paliuni slatula bdplizari oporfcrc -.

Les pln)tiniens ou paulianisles doivent, conloriiK'iiient aux ordonnances des Pèret^;, être rebaptisés.

Can. 17.

Bo/iosiaco^ aiitcni ex eodeni errore venlentes, i/iios sicut Aruinos baptizari in Trinilate manifestuni est, si inlerrogati fidem nostram e.v toto corde confessi fuerint, ciun chrisniate et nianns imposiiione in ecclesia recipi siifficit '^.

1. Coiic. de Nicée, can. 18e. C'est un emprnrit pur et simple, mais d'après la Iradiiclion de Rufin, non d'après le texte original ; voici le texte de Rufîn : Et ne diaroni prxsbrteris prœferanlitr, ncve sedcant in consensu preshyteroruin aiit illis prxsentihus eucharistiam dividanl, sed illis ageiitilnis solani ininistrent. Si S'en) preshyter nullits sit in prœsenti demum etitini ipsis licet dii-idere. Aliter veto agentes afjjici jiil>ent. Le texte giec de Nicce diderc sm- un pciini, il interdit aux diacres, non la distribution de l'Eucharistie aux fidèles, mais sa présenlalion aux prêtres. Celle discipline maintenait les diacres dans leur privilège qui, à vrai dire, constituait primitivement la pailie la plus relevée de leur charge, ainsi que nmis le voyons dans saint Justin, Apologia II et chez d'autres autours anté-iiicéens. Les Staliita Ecclenix antiqiia, témoins de la disci[dine arlésienne. contiennent la prescription suivante : Diaronus présente pra'sl/ytero eucliaiisliani covpoiis Cliiisti populo, si nécessitas cogat, jiissus eroget (stat. 38). (H. L.)

2. Conc. de Nicée, can. 19e. Nons avons |):iilc des [jiiotiniens, disciples de Photin de Sirmium et des paulianistes, disciples de Paul de Saraosatc, à diverses reprises dans le tome i du présent ouvrage. Voir à la table, aux mots : Paulianistes, Photin. (H. L.)

3. La secte des bonosiens a droit à un iiioiueut d aili iitiou. Bonose est incomplètement connu. Tout ce c[u"on sait de ceilain sur lui se trouve dans une lettre du pape Sirice \Epist. ad Aniciuin Thessalon. et nd episcojws Illyrici IX. P. A., l. XII, col. 117G), dans l'iiiver de o'Jl-o'J2. Le pape y iail nieutiou d'un évèque de Sardique déféré au concile de Capoue, pour avoir attribué à la \'ierge Marie

468 "LIVÏJE X, CHAPITRE I

Les bonosiens qui reviennent à nous de la même erreur, comme il est constant qu'ils sont baptisés, de môme que les ariens, au nom de la Trinité, seront interrogés sur la question de savoir s'ils confessent notre foi de tout cœur ; il suflira de les recevoir dans l'Eglise par l'onction du chrême et l'imposition des mains.

d'itiitces enfants que Jésus. Cf. P. L.^ t. xii, col. 1177 sq. ; Ceillier, Hisl. gêner, aui. eccic.s., ^e cdiL, Paris, 1865, t. vi, p. 107 ; Jalfé, Regesta pontificam rnmaiioruin, ami. 392, 2° cdit., Leipzig, 1885, p. 41. Le concile de Capoue renvoya Bonose à sou métropolitain, l'cvèque de Tlicssaloiiique, qui lui inicrdit de remonter sur son siège. (]'est ce même Bonose que saint Ambi'oisc a en vue (De institutione virginis, n. 35 sq., P. L., t. xvi, col. 314 sq.), tandis que c'est nn Iiou)Ouynie dont il est question dans la lettre d'Elpidius à saint Augustin. Epist.., ccxMi, n. 1, P. /-., t. xxxm, col. 1053. En niant la virginité de Marie, Bonose niait-il la divinité de Jésus ? Marins Mercator n'en doute pas, et il tient Bonose pour condamné à l'avance par le pape Damase, veul-il dire dans la lettre dogmatique de celui-ci à Paulin d'Antioche, en 380 ; ceci ne soufl're pas la discussion ; il s'agirait alors d'une condamnation implicite dans la personne de Photin, qui Ilehionis hxresim instaurans, Doininum Jcsuin Christum tantani ex Maria confitetur. P. L., t. xiii, col. 359. Dans le Decretuin Uelasii (partie contestée) Pliotin et Bonose sont rapprochés-, qui simili errore defecerunt, P. L.^ t. Lix, col. 164. En 550 cten 553, le pape Vigile range Bonose avec Paul de Samosate et Pliotin parmi les précurseurs de Neslorius. £'^isL, (olim) xv ; Constitutuin, P. L., t. LXix, col. 58, 103. Rien ne prouve que, dans la lettre, le pape ait entendu exposer l'erreur de Bonose dans toute son étendue ; d'ailleurs, à s'en tenir à ce qu'il dit, l'enfantement virginal lui-même n'était pas respecté par l'hérésiarque. C'est du reste ce qui ressort également de l'argumentation de saint Ambroise qui réfute autant l'une que l'autre ces deux négations de l'enfantcmeul virginal, et de la virginité perpétuelle. Saint Cliromace d'Aquilée fait allusion à l'erreur de Bonose qui, logiquement, se ti'ouvait amené à ne plus voir dans Jésus le (ils naturel de Dieu, mais seulement son fils adoptif. A propos de ces mots : Hic est fdius meus, il dit : Suus utique, non per adoptionem graiise neque per religionem crealurXy ut hxretici volunt. Tract. Il in evang. Mattli., P. L., t. XX, col. 331. Après sa condamnation comme hérétique, Bonose organisa une église scliismatique par des ordinations irrégulières qui causèrent à un moment donné un embarras assez grand pour nécessiter deux consultations auprès du pape Innocent I'^'', 409 et 414. Epist., xvi, P. Z., t. xx, col. 515 sq. ; Epist., XVII, P. L., t. XX, col. 530. Ceux qui avaient été ordonnés par Bonose avant sa scission jouissaient sans contestation possible de tous les droits attachés à leur rang hiérarchique, les autres étaient privés de ces droits et réduits à la communion laïque. On a pu se demander si les bonosiens n'avaient pas dépassé en l'interprétant l'erreur de leur chef. La secte ne semble pas s'être propagée au delà des pays occidentaux où s'implanta l'arianisme germanique. Du ve au vil* siècle, les bonosiens niaient la divinité de Jésus-Christ dans un sens qui permettait do les rattacher aux photiniens ou de les confondre avec eux. C'est ce que nous voyons dans le canon que nous éludions qui fait suite à un canon dans lequel il est question des photiniens et notre canon 16 s'exprime ainsi : Bonosiacos auleni ex codem errore s'enientes. Gennade parle d'un livre

IG'i. i)i.ixii:.Mi: t:o.\cii.i: d aiu i.s 46'J

Can. 18.

Ad Arolatensis cpisco/ii arlnlriuiit si/nodiis co/ii^^ro^'ondo : ad t/tinni urbi'in l'.v omnibus iiinndi partihits, piivcipue (Jullicd/ii.s, .siib .saïuti

composL" à la iia du iv^ sièclo pai" un cvèque espajj^nul iioiiiiiié Audeiilius, contre les pliotinieiis, il dit : Contra p/iotinianos (jui nii/tc vocantur honosiaci. Gennade, De scriptur. eccles., c. xiv. /-•. /.., t. i.\iii. col. 106S. Vers Ô12 ou .jl.'j, saint Avit de Vienne, faisant un parallèle entre les eutychiens et les honosiens, dit »|ue ces ticrniers niaient la divinité (]o Josiis-Cluist, et lui aussi les rattache à Piiotin : ////' (l/onosi'iii! ) Cliiistù d'u'initalis Iionorcin tantummodo adimant, isii {entre/nanti et cor[)oiis \ciitatcm. Pliotinus liominis personani nos adoiare dcridt't. hic ( Jùilychesi nchulain. Saint A\ il, A'/j/.s7., m, P. /,.. t. i.y\, col. l216. L'erreur bonosienne se prolongea assez tard. Au \]\'' sièclo, les auteurs esp;.gnols font reniai'ijuer que le bonosianisuie est parliculirrcnienl voisin du pliotinisuie sur la question de la négation de la illialion divine nalui'clle et de la filiation purement adoptive. Saint Isidore de Séville signale un ouvrage perdu de Justinien, évèque de Valence, sous le roi gotli Tlieudis. C]e livre intitulé Liber resporisio/ium vonsaciwil sa seconde question aux bonosiens qui CItristiiin adoptiiuin filiuin et non proprium dictint. S. Isidore, JOe viris illtistrihus, c. xxxii, P. /.., t. xcix, col. 109'J. Dans son catalogue des hérésies, saint Isidore fait remonter les bonosiens à l'évèqne Bonose. Elymolog., I. ^ilI, c v, u. 'Yl, P. L., t. xcix, col. 302. En 675, le XI*-' concile de Tolède inséra dans son symbole, l'aftirination de la filiation divine de Jésus-Christ, filiation naturelle et non adoptive. Cette erreur bonosicnuc était assez peu intéressante et bien digne des cerveaux massifs de barbares ariens qui l'av-tient accueillie. Très inférieure à tous points de vue à l'hérésie adoptianisle qu'un rapprochement topographique fortuit semblerait permettre de lui apparenter, tandis que dans la réalité ladoptianisme de Félix d'Urgel et Eiipand de Tolède distinguait dans Jésus- (^hrist le Dieu et Ihomnio en attribuant au Dieu la liliatiou naturelle et à l'homme la filiation adoptive. Aussi voyons-nous que les adoptianisles jetaient l'anathème aux bonosiens. Eiipand, Epist., ad Fidelem, P. /.., t. xcvi, col. 919 ; cf. P. L , t. xcrx, col. 558 sq. Le canon que nous éludions ici fait allusion à la pratique baptismale des bonosiens : sou témoignage n'est pas isolé, il n'en est, peut-être, que plus embarrassant. Quelques-uns disent que la formule sacramentelle en usage chez les bonosiens ne renfermait pas 1 invocation de la Trinité, ce qui la rendait invalide et entraînait la rebaptisation des convertis. Gennade, De ecclesiasiicis dogniaiibus, c. i.ii, P. /,., t. iviii, col. 998 ; S. Grégoire, Epist., 1. XI, epist. lxvii, P. L., I. lxxvii, col. 1200 ; même texte dans l'édition du Monuin. Germtin. histor. Notre canon tient pour l'opinion contraire et veut que les bonosiens baptisassent, comme les ariens, au nom de la Trinité. Il y aurait sur ce point de graves réserves à faire ; nous les avons indiquées dans le t. i, p. 679, noie 2. en renvoyant à l'élude de D. Cabrol sur la liturgie baptismale arienne dans le Dictionn. d archéol. et de liturgie, t. i, col. 2818. Saint Avit de Vienne, dans ses fragments contre les ariens, dit que les catholiques en recevant les bonosiens et autres héiélicjues ne rejettent pas leur baptême, s'ils répondent qu'ils ont ('té baptisés au nom des trois personnes divines ; cui I laplismatil lionon'in sauni etiitni in himosidcorinn alitinitnque

Marini tcmporc legimus celehratum fuisse concïlium atqiie convenium . Si qiiis commoniiiis infinnitatis causa defuerit, personam vice sua dirigat ^.

receptione servanies, si se in noinine Palris et Filii et Spiritus Sancti haptizatos esse responcleant, P. /,., l. lix, col. oi'l. Tillemont et D. Ceillier ont cru à une erreur de fait de l.i part des .inciens auteurs et, d'après eux, Gennade et saint Grégoire auront trop complètement confondu bonosiens et photiniens, ce qui les a ameni's à attribue;' iiux premiers les erreurs des seconds. Une autre solution, moins arbitraire et moins radicale, nous est offerte par un troisième texte de saint Avit. Dans une lettre à Sigismond (514-516) Avit lui signale une ordination récente qui aurait fait de ia secte bonosienne une communauté religieuse distincte de celle des catholiques et des ariens, quae bonosiacorum pestent ah infernalihus latebris excitatam catholicis arianisque certantibus intromisit ; mieux Visudrait que l'on continuât à confondre le bonosianisme avec l'arianisme quse certe si adliuc, ut cœperal, societaiis arrianse coinmunioni iminixta est, claret gloriosior sali principatu vestro noster triuinphus. OEuvres complètes de S. A\'it, édit. U. Chevalier, in-8, Lyon, 1890; Epist., xxvii, p. 170; Monum. Germai;, histor. Auctores antiquissimi, édit. R. Peiper, Berlin, 1883, t. VI, p. 262 ; dans P. L., t. lix, col. 246, on trouve la version fautive : bonorum pestent. M. Le Bachelel dit très juslement qu'il semble que, «grâce aux points communs qu'elle avait avec l'arianisme et le phi^tinisme, la secte bonosienne ait eu assez d'élasticité pour pouvoir osciller, dans la pratique, entre ces deux camps; la formule baptismale aura subi le conlre-coup de ces variations. » Dictionn. de théologie catholique, t. ii, col. 1030. Nous rencontrons encore les bonosiens au llle concile d'Orléans, en 538 ; on prononce une excommunication d'un an contre le juge qui n'aura pas arrêté les bonosiens ou tous autres hérétiques coupables d'avoir rebaptisé un catholique (can. 34, alias 31). Maassen, Concilia sévi nierowingici, dans les Monum. German. histor, Leges, in-4, Hannoverae, 1893, t. i, p. 83 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. ix, col. 19. Le concile de Clichy, près Paris, 26 septembre 626 ou 627, constate Je triomphe de l'orthodoxie dans toute la Gaule et signale à la vigilance des évéques ce qui peut rester de bonosiens ou d'héi-étiques cachés, si qui tamen bonosiaci aut occulti heretici esse suspicantur. Id.^p. 197. A partir de la lia du vue siècle en Gaule comme en Espagne, le nom même des bonosiens disparaît. Cf. Barouius, Annales, édit. Lucques, 1740, t. vi, p. 56 ; Tillemont, Ment. hist. eeclés., Paris, 1705, t. x, p. 239 sq., 754 sq. ; C. W. F. VVaIch, Entwurfeiner vollstàndigen Historié der Ketzereien, Spaltungen und Religionsstreitigkeiten, in-8, Leipzig, 1766, t. m, p. 598-625 ; J. H, Felsius, Dissertatio de Bonosio heretico, in-4, Gottingae, 1754 ; V'enables, dans Dictionn. of Christian Biography ; Schwane, dans Kirchenlexicon, 2" édit. ; Loofs, dans Realencjklopàdie fiir protest. Tlieol. und Kirche ; Le Bachelet, d;iiis le Dictionn. de théol. catholique (tous quatre au mot Bonose, Bonosus) ; A. Helll'erich, Der westgothische Arianismus, Berlin, 1860, p. 35-49 et appendice ; C. Binding, Das burgundischrotnunisches Kônigreich, Leipzig, 1868, t. i, p. 218 sq. (H. L.)

1. Nous avons dit en parlant du I"-'' concile d'Arles à quoi se réduisait cette exagération notoire des évêques de toutes les parties du monde, t. i, p. 275 sq. (H. L.)

1^4. DKLXIKME CONCIl.K d'aiiLICS 471

Les conciles seront tenus d'api-rs la (l.-cisidn <lc l'i'vrque d'Arles, dans la ville duquel il s'est rassemM.' au temps de saint Marin un con- [301 1 cile composé des évc^ques de toutes les parties du monde, et, en particulier, des év«''ques des Gaules. (^)uiconque ne peut s'y rendre en personne à cause de ses inlirniitt's. doit y rnvovci" îles i-eprésentants.

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