‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 325 sur 407 · S. Léoi). Epist., XX.XI, P. Z., t. liv, col · texte numérisé non relu

S. Léoi). Epist., XX.XI, P. Z., t. liv, col

3. Tliéodoi'c'l, Epist., xcv, Ad Antioch. prcvfcct., Episl.. ex. Ad Celeriii.,P. G., l. Lxxxiii, col. 1289.

4. Eutychès, Epist. ad Lcoiiein papain, dans Mansi, Conc. ainpliss. coll. y t. V, col. 1015, Synodicun, c. 222; Mansi, Coricil. ainpliss. coll., 1. vi, col. 627, 689, 651, 856, 863 ; l. vu, col. 62 ; Théodoret, Epist. , lx, lxxix-lxxxiit, xcii, CI, ex, cxiii ; Barouius, Annales, ad ann. 448, u. 18 sq., 5o-55 ; ad ann. 451, n. 10 ; ad ann. 454, n. 16 ; Pagi, Critica, ad ann. 443, n. 8 ; ad ann. 448, n. 5-8 , ad ann. 449, u. .'! ; J. M. Fullei-, dans Biciioiin. of chvistian Biography ; G. P. Gabier, Eutychetis de unione uatnraruni in Christo sententia illustrata., in-4, lenoe, 1794 ; J. Mcisterus, Oratio de Eutychctc et ejus eiroris sectatorihus, iu-4, Gorliciaî, 1583 ; Ain. Thierry, Les grandes hérésies du V siècle. Nestorius et Eutychès, dans la Bévue des Deux-Mondes, 1871, t. xcvi, p. 721-763 ; Nestorius et Eutychès, in-8, Paris, 1878 ; Tillemoul, Méni. hist. ecclés., 1711, l, xv, p. 486-585, 899 sq. Eutychès appartenait vraisemblablement à cette classe de moines dont nous avons rencontré un type dans Dahnatins, qui avaient fait vœu de ne jamais sortir vivants de leur cloître ; comme Dalmutius encore, il en

ITI, KL rvciii.s i:t ses accisaikuiis 513

Chalcédoino, on désigne comme son maître [zilir/.Ti'/.z;] un certain

était sorti pmir le s(r\icc de 1 Ejjlisc. Il s était fait coiuiaîli-i- h EjjIil-sl' et apprécier poiii- sou aixlcur, il y axait lié amitié avec le cliampion de l'orthodoxie Eiisèbe de Dorylée. 11 était nrcliiniaiwli'itc d un des iiioiiaslcres les plus considérables, et à ce pnipiis, on ne peut s Cnipéclier de i'eniar(|uer jue pour un supérieur nioniisliipie il l'-lait assez peu ciillixi'. II comiaissait ri*!crifure et celait à peu près loul, car j)inir le reste il en laisail peu de cas, on même pas du tout. Il [jrétentiait que les seutinieuls des Pères ne si'i'vaieiil de rien et que, puis(|ue Dieu avait fait un livre, il avait ilù v mellre tout ce (pi il nous importe de savoir : à nous seulement de lire et d entendre. L n homme qui raisonne de la sorte j)eiil bien s imai^iner ipie 1 Eglise a besoin de ses lumières pour éclairer la l'oute à suivi-e Eiilycliès s imagina (pi il lui ap|)arteniiit d achever la làclie incomplète du concile dEphèsc au(]uel il reprochait une délîuition insulilsante du mystèi'e de llncarnalion, un malenconti eux silence sur la part incombant à la divinité dans 1 union des deux natures du Sauveur, et surtout I adopti()n dune doctrine laisanl j>rt''valoir lhnmaMi(('' dans la personne de Jcsus- Clirist. C est pour remplacer cette œuvre tronquée qn il se flatta d(> donner un système complet et dclinitiC. L Onlrecnidance lui tenant lieu de tout le reste, il imagina atteindre son but eu contredisant Nestorius sur tous les points. Au lieu d amointlrir lunion hypostalique, il lexagéra, sans saperrevoir qu il la supprimait. Selon sa doctrine, le Verbe divin, iiyposlase de la 'liiniU', avait pris dans le seiu de Marie uue nouvelle génératioa dont les cléments appartenaient à la divinité et ne possédaient qu une humanité apparente. Jésus était consubstantiel à son Père, il ne létait pa.s à sa mère, il ne lui devait rien, n'avait rien tiré d elle. Quant à son corps, à sou àme et à son esprit, tout cela appartenait à la divinité. Cette doctrine bizarre avait des rapports avec renseignement des sectes gnostiques sur le corps fantôme de Jésus ; assurément Eutycliès ne s'en doutait pas, et il lui arrivait ainsi de frôler des hérésies anciennes et condamnées, non par 1 effet d une réminiscence dont il eut été bien empêché, mais par l'elFet d'une co'ïncidence entre elles et le développement logitpie de prémisses erronées. Il enseignait à Imis-clos que Jésus avait été formé d'une substance éternelle comme. Dieu même et existant avant le temps pour être unie plus fard au Verbe divin quand 1 heure de la rédemption divine aurait sonné. C'était, à peu de chose près, la doctrine de la préexistence des êtres, enseignée jadis par Origène. Ou bien Eutychès faisait créer le corps de Jésus parle Verbe divin Ini-même et de sa substance divine dans le sein de Marie (|ui se trouvait réduite à perdre son titre de Bcoto/.o: pour n être plus (jue la dépositaire d un être divin n ayant d humain que lapparence. Une telle conséquence, passablement inattendue de la part d un champion si bruyant du parti autinestorieu, eût été faite pour surprendre. Eufychès ne s'en aperçut pas, ou bien s> il 1(! comprit il garda un silence absolu devant le concile. Il se perdait lui-mêine dans cette belle ordonnance théologique (jne son illusion trans- Ibrmait en dédale où, tout le pieniier, il se sentait égaré. 11 se trouvait amené, par une conséquence logique, à nier la rédemption, parce que la rédemption implique un ni('<lial(ur entre la race d Adam et le (ii-éateur qu'elle avait od'ensé. (H. L.)

abbé Maxime, d'ailleurs inconnu ^. On ne dit pas si cet abbé l'a formé comme moine ou comme hérétique. Eutychès était à la fois moine et prêtre, et, depuis environ trente ans, dirigeait, en qualité d'archimandrite ([xocvopa, c'est-à-dire yja/'c, couvent), un couvent situé devant les murs de Constantinople qui ne comptait pas moins de trois cents moines "-. Quand éclata 1 hérésie tle Nestorius, il déploya le plus grand zèle à la combattre, et il put se vanter plus tard d'avoir travaillé pour la foi, à Ephèse ^. Il ne voulait pas dire par là qu'il avait été de sa personne à Ephèse (il ne faut pas, en effet, le confondre avec le diacre Eutychès, qui était au service de Cyrille pendant le concile) ; mais simplement qu'il s'était fort employé à la cour impériale contre le nestorianisme. 11 dut prendre part à cette procession à la tête de laquelle se trouvait un avitre archimandrite, [318] Dalmatius, et qui fit connaître à l'empereur l'oppression qui pesait sur le parti orthodoxe à Ephèse. Epiphane, archidiacre de Cyrille, le nomme avec Dalmatius, lorsqu'il pria ces deux archimandrites de s'entremettre auprès de l'empereur et des hauts fonctionnaires, pour soutenir la cansc de Cyrille. Ce dernier tenait Eutychès en telle estime, qu'il lui envoya une copie particulière des actes d'Ephèse ^. Eutychès avait un protecteur tout-puissant dans la personne de l'eunuqne Chrysaphius, à qui il avait servi de parrain ^. Il cher-

1. Ilardouin, Coll. conciL, l. i, col. 422 ; Mausi, Concil. ainpliss. coll., t. vu, col. 62.

2. Hardouiii, op. cit., t. ii, col. 110, 103, 234; Mansi, op. cit., t. vi, col. 651, 639, 863. L'autorité de l'arcbimaudi'ite ne s'éleudait qu'à une seule maison religieuse. En ce qui concerne la mandre d'Eutychès, on en connaît la plupart des membres. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. vi, col. 861-868. Lorsqu'en 448 le concile de Constantinople privera 1 hérésiarque de l'archimandritat, ce sera en lui enlevant In direction de son monastère. L'année suivante, le Brigandage d'Éphèse lui rendra le titre et la charge. Mausi, op. cit., t. vi, col. 724, 748, 836, 861. Nous lisons dans les souscriptions à la condamnation d'Eutychès, le 22 novembre 448, les noms de vingt-trois supérieurs monastiques de Constantinople qui se donnent le titre d'archimandrites. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. vj, col. 752. Cf. E. Marin, Les moines de Constantinople, in-8, Paris, 1897, p. 85-90; J. Pargoire, dans le Dictionn. d'archéol. chrét. et de liturgie, t. I, au mot Archimandrite, col. 2739-2761. (H. L.)

3. Hardouin, Coll. concil., t. ii, col. 95, 229 ; Mausi, ConciL ampliss. coll., t. VI, col. 627, 8561. (H. L)

4. Mansi, op. cit., t. vi, col. 631; Hardouin, o/?. cit., t. ii, col. 98.

5. Ce Chrysaphius était un franc coquin qui s'entendait à merveille avec Dioscore et Eutychès. Il avait été esclave (barbare d'origine, dontie vrai nom était Tzuma),et chef des eunuques. Aucun de ceux qui dominèrent le pitoyable empereur Théodose II n'exerça sur lui une autorité aussi despotique que Chry-

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