‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 340 sur 407 · EUTYCHKS ClIEUCHE A SE JUSTIIIER · texte numérisé non relu

EUTYCHKS ClIEUCHE A SE JUSTIIIER

été en danger si, grâce aux prières du pape, les soldats n'étaient venus le d(-livrer. On avait contraint les archimandrites d'autres couvents de signer sa déposition, ce que Ton n'avait pas lait même pour Nestorius, et on l'avait contraint de faire répandre des écrits dans le peuple pour exposer sa justification. 11 s'adressait maintenant à Léon, le défenseur de la religion, et l'adjurait de porter d'une manière impartiale, et sans prêter attention aux intrigues, une sentence au sujet de la foi et de le défendre, lui Kutychès, qui avait passé soixante-dix ans ilans l'abstinence et dans la chaslet*'-. 11 en- '•^'^M vovait encore deux ccrils : le mémoire d'Eusèbe contre lui, et sa propre réponse qui avait été rejeléc ^ ; en outre, sa profession de loi (c'était une copie des placards affichés à Conslantinoplel, cl enfin les déclarations des Pères sur les deux natures -.

Les Ballerini ont inséré, dans leur édition des lettres du pape Léon, un fragment de cette pièce, ([ui, à leur avis, est le commencement du placard d'Eutycliès ; il y proleste de son orthodoxie ; dans l'autre partie, qui n'a pas été retrouvée, se trouvait peut-être la contestatio ad popiiliini, c'est-à-dire la plainte sur 1 injustice qu il aurait soufFertc ^.

Eutychès envoya une seconde lettre identique ii Pierre Chrysologue, le célèbre évêque de Ravenne ; nous n'avons plus que la réponse de ce dernier *. Pierre Chrysologue s'y plaint du goût de la dispute qu'ont les théologiens de son temps et, en homme prudent, ne s'engage pas plus avant dans la question ; il se contente de remarcjuer « qu il aurait répondu d une façon plus détaillée si son confrère Flavien lui avait, de son côté, (ait connaître ce qui s'était passé. Il ne pouvait porter un jugement après n'avoir pris connaissance que d'une seule relation. Du reste Eutychès n'avait qu'à se conformer aux instructions du pape ^ : car saint Pierre, qui

1. 1) après l'hypollièse des Ballpriai ce serait l'acte iiu'me d'appel,

2. Eutychès, Lpist.j xxi, Jd S. Leoneni,P. L., t. i.iv, col. 713. Quesuel suppose que celte lettre à Léon était une lettre circulaire et qu il eu a été adressé d'autres exemplaires identiques à divers évèqiies. Cf. Walcli, Kelzergeschichte^ t. VI, p. 161.

3. S. Léon, Episl., xxui, Ad Flavianum, 1'. /,., t. i.iv, cul. ~o'l^ note q.

4. S. Léon, Epist., xxv, Pétri Chrysologi ad Eutychen, P. L., t. iiv, col. 739 ; Walch, Ketzergesch., t. vi, p. 161; Tilleuionl,.)/em. hist. ecclés., t. xv, p. 900, note xvni : « Endroit obscur de saint Pierre Chrysologue. » (H. L.)

5. Ou ne sait si c'est une allusion à la réponse maintenant perdue de Léon à Eutychès dont il a été question plus haut, ou bien s'il s'agit de la célèbre Epistula dogmalica de ce même pape. Cf. Walch, Ketzergesch., t. vi, p. 163.

se survit à lui-même sur sa chaire, fait connaître la vérité à ceux qui la cherchent. Quant à nous, nous ne pouvons juger des choses de la foi sans l'assentiment de l'évêque de Rome. »

Il n'est pas absolument certain, mais il est cependant très probable qu'Eutychès s'est également adressé à Dioscore d'Alexandrie et à d'autres grands évêques, quoique nous n'ayons pas dans les documents la preuve irrécusable de ces démarches ^.

D'an autre côté, Flavien archevêque de Constantinople, ne fit que son devoir en promulguant dans ses églises la sentence rendue contre Eutychès, et en exigeant qu'elle fût souscrite dans les divers couvents et par les supérieurs de ces couvents 'K On obtint de cette manière de vingt-trois archimandrites, les signatures dont nous avons parlé plus haut et que nous possédons encore. Flavien envoya, en particulier, des députés au couvent d'Eutychès pour ordonner aux moines de ne plus le reconnaître pour leur abbé, de ne plus lui 13371 parler, de ne plus assister avec lui au service divin et de ne plus lui laisser gérer les biens du couvent ^.

Il était également naturel que l'archevêque fît connaître aux évêques des autres provinces ce qui s'était passé. Dès la seconde séance du concile de Constantinople, Sabbas, évêqoe de Paltus, en Syrie, avait demandé à Flavien d'envoyer les actes du concile (le t5[xoç) aux évêques de l'Orient *. Domnus, patriarche d'Antioche, fait voir que Flavien suivit fidèlement cette recommandation; car, lors du Brigandage d'Ephèse, il déclara avoir reçu de Constantinople et avoir signé l'acte de déposition d'Eutychès ^. Nous avons encore sur ce point des lettres échangées entre Flavien, le pape Léon etl'empereurThéodose le Jeune. D'après les recherches desBallerini, la première de ces lettres aurait été écrite peu après la célébration du concile de Constantinople, c'est-à-dire à la fin de 448, ou au commencement de 449; elle est adressée par Flavien au pape Léon. L'archevêque exprime d'abord son regret de n'avoir pu sauver un de ses clercs et l'arracher à sa perte. H y a des gens qui, sous

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