AUTRES LETTRES DU PAPE LEON
Les deux dernières lettres datées du 13 juin sont écrites à Julien, évêque de Cos ; l'une parait avoir été remise aux légats du pape et l'autre à lanibiissadeur de Julien, au diacre Basile*. Julien avait été membre du concile de Constantinople, (jui avait condamné Kutychès, et à cette occasion il écrivit au pape Léon une lettre aujourd'hui perdue. Dans su réponse, le pape le loue pour son orthodoxie et lui dit que, depuis I envoi des actes du concile, il est convaincu de l'hérésie d'Eutychès. Le pape a désigné trois légats pour II- représenter au futur concile, et, dans sa lettre à Flavien, il s'est exprimé sur le dogme en grand détail. Dans le cas où Kutychès rentrerait en lui-même, on devait lui pardonner -. Dans l'autre lettre adressée à Julien, le pape Léon expose en abrégé lu doctrine orthodoxe, et renvoie pour une explication plus complète à sa lettre à Flavien \
Quelques jours après le départ des légats porteurs de ces premières lettres ^, le pape eut une nouvelle occasion d'envoyer un courrier en Orient ; aussi, le 20 juin 449, écrivit-il quelques lignes à Flavien pour lui annoncer le départ des légats et lui redire que le concile ordonné par l'empereur n'ét.iit nullement nécessaire ^. Il émit le même jour une opinion analogue dans une lettre à l'empereur lui-même, s'excusant de ne pas assister au concile projeté, sur ce que la situation critique actuelle ne lui permettait pas de quitter Rome, tt que les évèques de Rome n'avaient pas assisté en personne aux conciles antérieurs ^. Plus d'un mois après,
1. Ballerini, Admonitio in epislolain seqiientem (xxxv), t. i, col. 87i, n. 4; P. L., t. Liv, col. 803.
2. Epiât., XXXIV, Ad Jidiaiium episcopiiin Coensem, édit. Balleriui, t. i, col, 869; P. L., t. LIV, col. 801; Mansi, op. cit., l. v, col. 141 o.
3. Epist., xxxv, Ad Juuanum episcopum Coensem, édit. Ballerini, t. i, col. 875 ; P. L., t. LIV, col. 803; Mausi, op. cit., t. v, col. 1415. Arendt, ^p. cit., croit que les deux lettres xxxiv et xxxv n'en ont formé qu'une seule à l'origine qui aurait été maladroitement divisée en deux par les copistes.
4. Sur la question de chronologie, cf. Ballerini, Epi.st., xxxvi, t. i, col. 886, note 3; .Mausi, op. cit., t. v, col. lil!3, u. 3.
5. Epist., xxxvi, Ad Fias iaiium episcopum Constantinopolitaniim, édit. Ballerini, t. I, col. 883 ; Mausi, op. cit., t. v, col. 1423. Quesnel a voulu prouver que les eUbrls de Léon leudaieut à ce que le synode se tint en Italie, afin d'avoir sui- lui plus d influeuce ; mais ce sentiment est purement arbitraire et ne s appuie sur aucune duunée historique ; cf. VValch, Ketzei historié, X. vi, p. 210.
tj. Epist., xxxvii, Ad Tkeodosittin Augustuiii, edit. Balleriui, t. i, col. 885 ; P. L., t. LIV, col. 811 ; Mansi, op. cit., t. v, col. 1424.
584 LIVHE X, CHAPITRE III
le 23 juillet, Léon adressa une autre lettre à Flavien, en réponse à [368] celle qu'il eu avait reçue ; il y fait réloi,''e de la conduite de Flavien, et l'exhorte à la douceur vis-a-vis d'Eul^chès, si celui-ci se corrige de son erreur ^. Ce Tut la dernière lettre du pape touchant l'afl'aire d'Eutychès, avant l'ouverture du concile.
Pas plus que le pape Léon et que Flavien, Théodoret n'attendait rien de bon du futur concile. C'est ce qu'il dit dans ses lettres à Iréuée de Tyr, et à Domuus d'Antioche, où il recommande à ce dernier la plus grande prudence dans le choix des évêques et des clercs qu'il amènera avec lui au concile. Cette dernière lettre montre que Théodoret reconnaissait, à la vérité, la paix conclue entre Cyrille et les Orientaux, et qu'il était décidé à s'y conformer ; mais que, d'autre part, il soupçonnait toujours les anathèmes de Cyrille de monophysisme et regrettait de voir que, sur ce point, tous les évêques n'étaient pas de son avis. Dans la circonstance présente, il craignait que Dioscorc ne voulût faire sanctionner par le futur concile les anathèmes de Cyrille, et, du même coup, le monophysisme '^.