Conciles à Aqiiilée et à Milan en
L'n ooiicile lut Iciiii à Afliiilrc, en .'iSI. Deux cvèqiics dlllvrio, Pallaile et Sccuiulien, donl on ignore les sièges épiscopaiix, iclii-
1. Cctle date est discutée. Tour le mois de seplciulne 08 1, C. II. Turner, Chroniclc, dans The Journal of iheologicdl Studies, 1901, t. 11, p. Ifjl ; 1". Kauffmaiin, Texte und L'ntersuchiiiigeii, iii-8, Sti-.issbii;-j;. 18'.)'( ; l'iillcr, I'iiiniti\-e saints and the See uf Home, u» éilit., p. 51i-51.j; Baimaid, Histoire de siiiit Ambroise, iii-8, Paris, 1872, p. '2J0; rillemoiit, Méni.Iiisi. ccc'cs., i:i-'t. Taris, 1705.1. X, p. 737, 741 :«Que Iccuncile d'A(]iiilée coiumenra le 3 de septembre, » tandis que Rade, Diinuisits, liischuf i-on lloni., in-8, l'reibiirLC, 1882, [>. G3 sq., note 3, j>ropiise le mois de septembre 08Û ; M. jhm, Sludid Ainbroaiaud., iii-8, Leipzii^. 1889, p. 'il-î2, (in (ie 381 ou djuinicncemenl de 3S2 ; G. Govau, Chronologie de l empire romain^ in-r2, Paris, 1891, p. 572, juin et juillet ; enlui Loofs, le printemps de 381. Malgré les actes rjiii, dans .Mansi, op. cit., t. m, col. 599-G2'i, portent la date du .j septembre, ec sor.iit une oiieur de mois ; d'après lladc-, une erreur de consuls. La synodale Qunnilibei dans Mansi, t. III, «-ol. G23 s(|., de\rait cire forcément aniérieuie à uiu' antre svnoJaîe, celle de .Milan I?) de l'été de 381 € Saiuliiin » dans .Mansi, oj). cit., I. m, roi. (j.'Jl sq. Baronius, Annules, 1591, ad anii. 380, 11. 19; ad ann. Ii81, n. 81- 96; Pagi, Crilica. 1G89, ad ann. 381, 11. 13 ; Cunc. regia, IGi'i, t. m, co!. 38G ; Labbc, Concilia. 1G71, l. 11. ol. 078-1001, 18o9; Sirmo.ul. Opéra x'aria, 1G9G, t. 1, col. 7«l-7i6 ; Tillemonl, .Wéin. hi^t. ccclés,. in-'i, Pari-^, 1700, t. v. p. TJG- 1«0, 737-742: llardouin, Coll. concil., t. i, col. 825; Coli-li, Concilia, t. 11, col. lir)3; Mansi, Concil. ampliss. coll., l. m, col. 599; i'ucli-^, llitiliulh. d. Kirchcnvcrsamml., t. 11, p. 432 sq., donne nue traduction allemande des actes. Cliilllet, Vindicix opcr. Vigilii Tliaps., p 37, a soutenu rinautlienticild dos acte» du concile; les bénédictins (!<• saint .Maur et l''uclis, op. cit.. j). 433, l'ont réfuté. G. Waitz, i'eier das Lehen und die Lettre des C'I/ila. liruchstucke cincs ungedrnckten Werl.es ans dent /.'ndr des IV. Jahrhu'ulerls , iii-î, llaniio- ^er, I81O, manuscrit d'Auicencr, discij)le d'illilas, découviit à la liibliollii-quc du I. ouvre. Ce fragment complète utilement les actes du concile. Un y relève,
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s;iicnl de s'avoiu-r aiiciis, (iii(ti({ue accuses d'hérésie par les évoques (le rOccident. En 'M^ ou au coinuuMiccinciil de ?)79, ces deux évèques demandèrent à Gralicn, alors seul empereur, de soumettre leur cause à un concile général, lis esconiptaionl l'assistance des nombreux évéques d'Orient imlnisd'arianisme. Ciratien s'vmontrad'abord favorable ; mais, sur les observations de saint Ambroiso de Milan, il chanirca de sentiment et nautorisa qu'un synode des évèques voisins à Aquilce ', tous les autres évèques, el en particulier les oricnlanx reçurent défense d'y paraître. Trente deux évèques venus des didcreutes contrées de l'Occident, de l'Italie, de la Pannonie, des Gaules et de l'Afrique se réunirent donc à A({uilce, pendant l'été de 381. Quelques-uns de ces évèques représentaient des provinces entières. Seules l'Espagne et Rome n'étaient pas représentées. Rome n'avait envoyé personne parce que, ainsi que nous l'avons vu, Ursin tenait en ('chcc le pape Damasc. Les Pères le;; plus célèbres du concile étaient saint Valérien d'Aquilée, président, et saint Ambroisc (pii lu! l'àinc cl le nicnibrc le plus actif de l'assemblée. Abundancc évèque de Trente, Théodore d'Octodnrum, l'apùtre du Valais, et Philastre, le célèbre évèque de Brescia, assistaient au concile 2. ^
[,(' mois d'août se passa en pourparlers amicaux avec Pallade et Secundien ; les deux évèques furent assez habiles pour dissimuler leurs erreurs, et, le 3 septembre 3S1 , s'ouvrit le concile, c'est-à-dire
entre les questions posées par Anibroise et li;s réponses des évèques accusés, des noies très malveilhiulcs contre l'évèque de Milan, rédigées par un contemporain, évidemment arien, ([u'on croit être un évèque du nom de Maximin. (H. L.)
1. « Désireux de voir au plus lot tous les prêtres d arcord ^ur la doctrine cliréticune, nous avions priuiilivenient ordonné la réunion de tous les évoques de notre empire d'Occident à Aquilée. .Mais Amhroise que sou mérite el la grâce de Dieu ont rendu si illustre sur le siège de Milan, nous a fait obserser qu'une si grande assemblée n'était pas nécessaire lorsqu'il ne s'agiss.iit (jue d une cause locale, el qu'il suffisait de convocjuer les évèques italiens de» villes voisines. Nous avons donc dispensé de la fatigue du voyage les liommes vénérables que leui' grand î^'^c, l'épuisement de leurs forces ou une honorable pauvreté, empèthenl de sortir de leurs diocèses et (r<iilreprcudre un long voyage. » (II. L.)
2. Parmi les évèques pi'ésents au concile, Ancmius de Sirmium, Sabin de Plaisance, Iléliodore d'Allino, Kxupérance de lorlonc, lùisèbe de Bologne, Hassien de Lodi, C^onstance d'Orange, l'rocule de .'Marseille, Domnus de Cîrcnoble, Amance de rs'ice, Juste de Lyon (jui, le concile terminé, ne rejoignit pas son siège cpiscopal, mais se rendit eu l^gyplc pour y embrasser la profession monastique, (H. L.)
lui. CONÇU. i;s A Aoiii.KE i:r a mu an
(jin' 1 oïl passa à la icdactioii des |)i(H(S-\crl»aii\ olliciels. Sur la domaiulo île saint Anihioise, principal (ualciir des ortliotloxes, on lut la lettre tlArius i» Alexandre, ('vrcjnc d' Alcxandrif. cl on demanda à Pallade s'il s'associait, oui ou non, à ces l)lasj)lienics contre le Fils, l'allade repondit cvasixeinent et se plaignit île lObstacle apporté par Ainhroise à la i-eiinion d'un concile |T(''ncral dont il reit('ra la demande. Il chercha île nou\eaux lanx-invanls et se refusa à jeler ranalhème ivcc les antres évècpies snr les principaux poiiils de i'arianisme. Sccmidien et le prêtre Atlale. (pii parla<^reait les opinions des deux évèqnes. imitèrent la tacli([iie de l'allade ; ils deniandeieiil rajoiirnemeiit i\u concile jusqu'à la réunion d un concile général ainjnel prendi-aient paît même les laï(|iies. Mais, sur la proposition d'Amhi-oise, le jour même, ;i une heure de laprès-midi, le concile aiiathéniatisa et déptisa Pallatle. Secnndicn cl Allale, et publia celle lésolution J dans une lett re encvcliipie adressée à tous les évèfpics de \ i )c ci de ni '. l.e concile écri\il aux empei-euis (iratieu, ^alcutinien II et 'l'Iieoclosc pour leur faire connaître ce (pii s Clait passé, et faire; app(d au liras séculier eu vue d Obtenir la déposition des évèqucs condamnés et la remise île leurs sièges à des évêques orthodoxes. Le concile léclamait l'infeidiction à .Iulianus Valens (peut-être \'alens l'évèquc de Mursa . le maître d'Altale. de courir de ville eu \ille ; enfin, la délense aux photiniens de continuer leurs réunions :i Siiinium. I ne troisième lettre du concile demandait aux empereurs, et en jiaitieulier à Graticn qui possédait Rome clans ses États, de n'ajouter point foi aux prétentions de l'antipape l'rsin, et à ses calomnies contre le paj)e Damase '-. l-lufiii. dans une (jujifrième lettre également adr(>ss(''e
1. L'excmpliiirc de celle Icllre destine' aux évèqucs des Gaules nous ii ('té coii"<crvé par Vigile «le 'l'apsus. KUa a ('-li'' irnpriniéo dans .NIausi, op. cit., l. ui, col. G1.5, et dans s;iiiit Anibioise, h'pist., ix, cd. Ventt, l. ni, p. 8»î.
2. « Ueii^ieuz empereurs, aucun ])oiiil u'a lixé davantage noire alU iili<ui, ni ému plus douloin'eusemcnl noire i-u'ur, i|u'uiic situaliou i|ui coiupioMicl l.i paix de l'Kglise universelle. Loin de nous, sans doute, de penser que vous puissiez toniher dans les pièges d l'isin. Mais les flnlteiies île ce Iburbc pouvant surj)rendre votre bonne loi. il devient nécessaire de déinas(|ut r le passé et d'éclairer l'avenir. Car poui- peu qu'une issue soit ouverte à son audace, sait-on à quels excès un tel honi.iie peut se porlei- ! Après avoir été couilauinc l.int de fois comme perturb.ilcur, voici n(?:innioinK <|u'il relève In lèle, comme si nous pouvions oubliir ce qu'il c>t. .Nous ne pouxons nous y nu-pn-ndri', nous qui savons (jucllcs furent si-s inleiligenccs avec le parli arien, l<irs(|ne. ilans la sncitlé de Julianus Valcn», il jiortail li- trouble dans ri',jj;iise de .Milan, allant tantôt Irapper à l:i porte des BWiago)^ue», lanh")! des m.ii-^uns ariennes et y
Livni; vin
aux (Mii[M'riiiis. le l'oncilc j>laiclall la cause de l'auliu d Anllochc et (le Tiuiolliée (l'Alcxantli'ic rontir l(M|ni'l iiii uouvoau parti s'était rorinc; il dcniaiulail (mi outre que les empereurs réunissent à Alexandrie un ^rand concile qui mil lin aux divisions survenues entre les orliiodoxes '.
Naturelicincnl Pallade et ses partisans furent peu satisfaits du résultat obtenu, ils se plaignirent de la violation des usages protocolaires, accusèrent Ainbroise, protestèrent contre ceux cpii les assimilaient aux ariens et réclamèrent la léuniond'iin nouveau concile à Rome.
Nous possédons deux lettres écrites à l'empereur Théodose par un concile d'Italie, (|ui pourrait être le concile d'Aquilée dont nous venons de parler ; il paraît cependant plus probable qu'elles proviennent d un autre concile tenu à iNIilan, jicu de temps après celui d'Aquilée. Le fait de la présidence de saint Ambroisc a donné lieu de supposer que ce concile s'était tenu à Milan. Dans la première lettre, le concile expose les motifs des Latins pour demander à Aquil('e la convocation d'un grand concile dans le but d extirper les schismes (en particulirr le schisme mélétienj, et de faire enquête sur les erreurs d'Apollinaire, dans laquelle les apollinaristes euxmêmes seraient entendus ■-'. Dans la seconde lettre adressée aux mêmes [3^
Il iianl des réunions, y proiiicltant son appui, et, sans oser se produire dans leurs asseniblces, leur aiiprenaiil à jelir le désordre dans l Eglise. Ah ! si le malheur sacré d'un pontife persécuté ne peut vous émouvoir, ne screz-vous pas touchés de l.i prii-re unanime (ie tous vos prêtres réunis ? Nous conjurons voire Clémence de no pas laisser dans ce liouble l'I'^glise de Itorae, I']]glisenière de loul liinivers romain, et .ivec elle, la foi liés sainte des apôtres. Car c'est de Homo, c e>l do CL-lle source (juo découlent sur le monde entier les droits de la communion sacrée. Otcz au méchant le moyen de propager le mal. Ecoule/, la jjrioro de loul le peuple do Uome <livisc cl incertain ; écoutez la prière des prêtres réunis pour vous supplier de leur rendre la sécurité en tenant éloigné un homme dangereux. Si vous rendez à 1 l^glise cet immense ser\ice, nous n'aurons |)!us ([u'à lendro des actions de grâces infinies au l'ère toul-puissant et à son Fils Jésus, Seigneur Dieu comme lui. » (11. L.)
1. Ilardouin, Coll coiicil., l. i, col. 8v!ô ; .Minsi, Conc. aini>llss. coll., t. ni, col. 615, G21, 623.
2. Celle demande de convocalion d'un concile ii Home se jusliiiail par la nécessité d'e.xlirper les schismes d'Antioche et de Constantinople. On devait s'y ticcuper en outre de ceux qui s'efforçaient de répandre dans l'Eglise une doctrine qu on prétendait être celle d'Apollinaire (.Mansi, op. cit., t. m, col 030). Cet acte lie saint Arabroise semble indiqr.er le souci de ménager l'hérésiarque en raison de ^cs services passés dans la querelle trinit.iire. En 382, il apporte la même délicatesse, il évite «le nommer personnellement Apollinaire. Après
Kij. citNciilis ni: constantinopi K i:i dk ito.Mi- 53
empereurs, le concllf se |)I;iiiil «le 1 Cliv ;itinii A un inuncl cvimjuo sur le siège d'.\iiti(»clit', ajtics ht iiictit tli' MtKiH', ;ni lieu de hi oondriiiation des droits tic rt'\è(|ii(' Paulin. (Icllf mesuie avait ('li'- prise sur la proposition de Neetain- de (lonstantinoplc. (|iii ir<')ait pas (''V(^([ue légitime. piiis(|in' le siège èpiseopal d«' (Idiistanliiioplc appailenait à Maxime le l.\ni(|ue); Grégoiri- de Na/ian/c a\ait (''!('' (''laMi évèque de (lontantinople en violation îles canons, cl loni ((da ilaiL Id'uvre de ceux ijui avaient ein|)è»die la rtMinion d un eoiu de gf-iu-ral. (1 était une nllnsion aux evèques oiieiilaux, présents au 11'' concile général, car on prétendait que, malgré leurs invitations à tons les évèques, les membres de ce concile n avaient leiin (pi un concile particulier de l'Kglise grecipie. l.a lettre se terminait en demaiidanl la reintégration de Maxime sui' le siège de (lonslantinople, et la réunion à Rome d un cdiicde gé-neia! conqtosé des évè({nes de lOrieiit et de rOceident '.