‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 39 sur 407 · AUTOniTK DU DEUXIÈME CONCILE OECUMKMyUE · texte numérisé non relu

AUTOniTK DU DEUXIÈME CONCILE OECUMKMyUE

J. Turmt'l. Histoire de la théologie positi\'e, in-8, Paris, 190'», p. 65 sq. C'est à collf (J.ile qno lui IoiuIol' la théologie Mi-ripluruiro Jii Saiiit-Kfciii il. La lAclio ne laimsail pa» dollVir «os (lidicullOB. l.o mut zvtOpia .lans l'Êci itiirc osl fiusceplible de recevoir dilléreiils sons et île «lésii;iier l'cspril île riioiiune on li-s aiige», bons et niauvnis. On objectait ce texte ilii prophète Ainos qui enseigne que Dien « a créé 1 Esprit. > (S. Alhannsc, Ad Senipionem, i, o. P. (i.y I. xxvi, col. 536) cl ce pa^sa^;e «le saint l'anl : » Je te conjure (levant Dieu, devant Jésus-Christ et devant les anges, i en faisant observer qnil n'élail pas question «ii- la Iroisiènic personne. (S.Athanase, Ad Scrapioncm, i. 10. /'. l',., l. \xvi, col. 556). S.Alhanase fit observer que i'objeclion line d'.Vnios repose sur un contre-sens, il »"agit du vent, non de l'I-'-spril (/■•. U., t. xxvi, col. j:i6) ; q-ianl à la seconde objection, il la repoussa en apportant des textes scri[)lurnires nientionnanl les uns le Fils et le S.iinl-lispril saas parler du l'ère, les autres le l'ère et le Saint- Kspril en passant le Fils hons silence (/■•. 6'., t, xxvi, col. 56i-565). l'ne fois prouvées l'existence, lu personnalilé el la divinité de la tmisième hypostasc, saint Allianase s'attacha à nicUre en lumière ses attributs divins : toute-puissance, ubiquité, omniscicnce, sanclification (Rom., i, 'i ; I Cor., vi, lll. Idenlilé de rapports entre le Fils et l'Kspril avec ceux qui exisfenl entre le l'ère et le Fils, t Le Fils est envoyé par le Père selon celte parole : Dieu a lillement aimé le u)onde qu'il lui a envoyé son Fils. Or le F'ils, lui aussi, envoie l'Esprit : Si je pars, dil-il, je vous enverrai le l'aracltt. Le Fils honore le l'ère, car il dit : Je l'ai glorifié. Or l'ICsprit glorifie le Fils ; Il me glorifiera, j (.S. Allianase, Ad Serapioncm. i, 20, 21, /*. (i., l. xxvi, col. 580. 1 « Celui-là donc n'est pas une créature qui est aussi étroitement uni au Fils que le Fils l'er.t au Père, qui est honoré avec le l'ère et le Fils et reconnu avec le Logos comme Dieu et opère ce que le Père opère par le Logos. » [Ad Scrapionein. i. 31, P. G., t. xxvi, col. 600.) (^u'on remarque bien ces expressions : tô -oi^-yj \j.r, ov x-i(j\ix, à>.),'T,v(o- ;i;vov T(7i Ti(ô (i>; o T(b; f,v(OTa tiô Ua-^i, -o uyvoo?asd[/.£vov Ilarpl xa't l'tw yat Ûeo/.oyoj- (uvov |iETà TOJ Aôvov,iVêpvo-jv TE aTTïp fi lIaTT;p otà toj Tîoj l^yj.i^s.zy.: izio; o 't.ifio'/ -XTiTixa o'jx ivTixpv,; il: avTov tôv Viôv àasSï:. Le concile de Conslanlinople adoptera des expressions semblables pour exprimer la divinité et la personnalité particulière de l'Espiii-Saiiit. Ilu laveur de celle doctrine, saint Atliaiiase allègue non seulement les Ecritures mais même la doctrine dos saints Pères. Saint Basile et saint Grégidre de Nazianze durent reprendre la délense piésentcc par saint .\llianase. C'est ce que lit saint Basile, en 363, dans le Iroisiènu- livre du traité Contra Eunomium^ complété en 375, par le De Spirilu Sa/icto, P. G., t. xxxii, col. 68 sq. Vers le même temps, Didyme de (^ésarée compose un traité sous le même titre [P. /.., t. xxiii, col. 101 sq.) et un recueil de textes qui a pris place à la suite du travail de saint iJasile contre Ennomius [Contra LJuiiontiuni, I. IV, V, J\ 6'., t. XXIX, col. 672). Désormais on voit se suicéder rapidement les écrits : Dissertations de saint F^piphane dans VAncoratus, i.xviii, lxxii, i.xxv ; P. G., t. XI. m, col. 140, 152, l.')7 ; et dans le Contra Itxrrses, i.xxn , II, 13, P. (J.. l. xi.ii, col. 4y6, 500 ; en 380, VUraiio de Spirilu Sancto xxxi. {!'. G., t. xxxvi, ckI. 133| de saint Crégijire de Na/.ian/.e, l'année suivante, 381, e est-àdire 1 année même du concile de Conslanlino|)le, le De Spirttu Sanctu, de saint Ambroise, P. G., t. xvi, col. 703, le li\re ,•/J^•t'/^sl/.v .Vrttt'</o///rt//os de saint Grégoire de iS'uzianze, J'. G., t. m.\, lol. 1301, et le traité Contra Llnnomiuni^ du même docteur, /'. 6'., l. xt.v, cid. 2i.t. La polémique ain^i entretenue par un

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nombre respectable d'illustres adversaires, il n'est pas superflu de faire remarquer que ledorl intellectuel ne |);iraîl pas répondre à ce (pio |)()urr;iient laisser supposer les i^.-ands noms mêlés à l'action. Grégoire de Na/.ian/.c se préoccupe à peu près exclusivement de répondre aux objections rationnelles, cl Grégoire de Nysse n'a pas d'aulre objectif. Saint Ambroise a eu sous les yeux les traités de Basile et de Didynie (ju'il a adaptés et présentés aux lecteurs latins. Restent saint Basile, saint l^pipliaiie, vl Didymc qui ont invoqué l'tcrilnre contre les pneuinalomaqucs. Les uns et les autres ont commenté et discouru longuement, mais les uns ni les autres n'ont apporté rien de bien nouveau ; à peine deux <iu trois textes dans Didynn'. C'est «iotic saint Athanase qui doit garderie litre de créateur de la tiiéologie scri|)turaire du Saint-lCsprit, Ceux qui vinrent après lui se bornèrent à refaire la démonstration biblique déjà [)iésentée par lui. Saint (ïrégoire de ?Sa/.ian/,e montre une tendance à simplifier cette démonstration. « L'Ancien Testament, dit-il, pailait nettement du Père, mais ue mentionnait le Fils qu'en termes vagues. Le Nouveau nous a clairement révélo le Fils, mais il n'enseigne qu'obscurément la divinité du Saint-Esprit. C'est maintenant que l'Esprit habile en nous et qu'il se fait connaître ouvertement à nous. 11 n'étail pas prudent de mettre en lumière la divinité du Fils, alors que la di\inilé du Père n'était [)as encore acceptée. 11 n'était pas prudent non plus de cliargcr l'esprit humain de la divinité du Saint-Esprit, quand l'origine divine du Fils était ignorée. » [Oratio xxxi, n. 26, P. G., t. xxxvi, col. 161, 16'»). Ces paroles sont écrites une année avant le concile de 381. Ce ne sont pas les seules qui, dans ce très curieux discours, nous font voir l'habileté de saint Grégoire de Nazianze à utiliser pour le développement du dogme la chronologie des définitions conciliaires. La divinité du Saint-lCsprit lui parait aussi « un de ces articles qui ont été cclaircis avec le temps, lorsqu'après l'ascension de rsotrc-5eigneui", la reconnaissance de cette divinité fut devenue j)ar ce miracle mûre et universelle. » Ainsi^ tout en tirantdes Ecritures la preuve de la divinité du Saint-Esprit, il concède un très large développement dogmatifpie dans lequel les conciles tiennent un rôle considérable. Cependant le concile de 381 convoqué pour anathématiser l'ciTenr des niaccdonions n'avait apporté aucune formule précise sur la question disculée ; du moins en ce qui concernait les raj)pi)rts du Fils et du Saint-Esprit. Cependant, les Pères de Constantinopic, réalisiiiit le progrès pressenti dès l'année précédente pai- Grt'-goire de IS'azianze, donnèrent sur la paifaile et véritable divinité du Saint-Esprit, sur ses droits à l'adoration, sui- sa consubstantialité avec le Père et le Fils ainsi que sur sa personnalité distincte, une explication exacte, complétant la doctrine de Nicée : c Nous croyons au Saint-Esprit, Seigneur et vivilicateur, «jui procède du Père, qui est adoré et glorifié eu mèm.,- temps que le Père cl le Fils, quia parlé par les prophètes. » Tel quel, ce supplément parut sudire aux nécessités du monaent et le concile de Chalcédoine en jugea ainsi; cependant on n'avait couru qu'au plus pressé. On avait paré à l'attaque des pneumatomaques sans paraître se douter que tout n'était i>as dit dans cette erreur et qu il pouvait être sage de fortifier la formule en vue d'erreurs fuîmes. Celles-ci ne pouvaient manquer de tirer parti d'une situation si inférieure et l'insiiffisancc du symbole nicéoconstantinopolilain sur les rapports du Fils et du Saint-Esprit devait plus tard alimenter d'ardentes controverses. Il suffit d'un mot pour évoquer tout ce passe de luttes et de schismes nés d'une omission, le Filioqiie. (H. I^.)

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