EMPEREUR MARCIEN CONVOQUE UN CONCILE GENERAL
contenus dans les procès-vcrb;uix du concile de Clialcédoinc. En efifet, dans la première session de ce concile, le légal du pape, l'évè(iuc Pachasinus, fit la déclaration suivanlc : « Nous avons un ordre de l'évêque apostolique de Rome, (|ui est le chef de toutes les Églises ; il porte que Dioscore ne doit pas siéger dans rassemblée ''. » Le second fragment se trouve dans le procès-verbal de la seizième session du concile de Chalcédoine ; dans cette session le prêtre Boniface lut ces mots extraits de ses instructions : « La décision des saints Pères (à Nicée, au sujet du rang des grands métropolitains) ne doit pas être abandonnée, et vous devez maintenir et défendre, de toute m:inière, et dans votre personne, mon autorité (papale). Et si quelqii!'s-uns, se fondant sur l'éclat de leur ville, voulaient s'arroger quelques droits, vous devez, sans hésiter, vous opposer à leurs prétentions -. »
Conformément aux ordres de l'empereur, un grand nombre d'évèques se trouvaient déjà réunis à Nicée dans l'été de 451 , mais Marcien, empêche de s'y rendre à cause de la guerre et des importantes occupations qui le retenaient, écrivit aux Pères réunis une lettre que nous possédons encore en latin (elle n'est pas datée); il priait les évêques de prendre patience, et de retarder les opérations du concile jusqu'à son arrivée, qui, cspérait-il, ne se ferait pas attendre ^. L'impératrice Pnlchérie écrivit, probablement à la même époque, au gouverneur de la Bithynie, pour lui dire qu'elle comptait se rendre bientôt en personne à Nicée ; mais ayant appris qu'il y avait déjà dans la ville un très grand nombre de clercs, de moines et de laïques, venus en même temps que les évêques, elle lui ordonnait de les faire partir: car ils ne paraissaient bons qu'à créer des troubles *.
Cependant, comme l'empereur et l'impératrice n'arrivaient pas,
les évêques réunis écrivirent h Marcien pour lui dire combien ces
délais étaient pénibles pour eux tous, et en particulier pour les
[409] débiles et les malades. A la suite de cette lettre, l'empereur ordonna
1. Concilii Chalcedonensis, Act. i, dans Mansi, op. cit., t. v, col. 581 ; Hardouin, op. cit., t. ii, col. 68.
2. Mansi, op. cit., t. vu, col. 443 ; HnrJouin, op. cit., t. ii, col. 638. Sur ces deux fragments voyez la dissertation des Ballerini, De epistol. depcrditis^ dans le l'"' vol. de leur éd. des OEuvres de S. Léon, col. 1450, 1451. P. /.., t. liv, col. 1226.
o. Mansi, op. cit., t. vi, col. 553 sq. ; Hardouin, op. cit., l. n, col. 47. 4. Mansi, op. cit.., t. vi, col. 556 sq. ; Hardouin, op. cit., t. ii, col. 48.
le transfert du concile à Chalcédoine ; comme l'attente était gênante pour les évêques leur coûtait trop et que, d'un autre côté, les légats du pape insistaient pour qu'il parût en personne et faisaient dépendre de cette condition leur pro[)re arrivée à Nicée, l'empereur priait les évêques de se rendre, si cela leur était agréable, à Chalcédoine ; cette ville étant à proximité de la capitale, il pourrait à la fois vaquer à ses affaires et paraître en personne au concile ^. Dans une autre lettre datée du 22 septembre 451 2, l'empereur, désirant hâter l'arrivée des évêques à Chalcédoine, leur assura que, malgré l'invasion des Huns en Illyrie, il avait la ferme volonté d'assister au concile, et il s'appliqua à dissiper leurs craintes : le voisinage où Chalcédoine était de Constantinople leur ayant fait penser que le concile pourrait être troublé par les partisans d'Eutychès ^.
1. Mansi, op. cit., l. v, col. 557 ; Hardouin, op. cit., t. ii, col. 49. De même que plusieurs autres édils de l'empereur, celui-ci a été probablement publié eu latin et en grec. Les Ballcrini ont cru avoir retrouvé le texte latin original dans un manuscrit du Vatican (n. 1322) ; avant celte découverte on n'avait que le texte grec avec une traduction latine. S. Léon, Opéra, éd. Ballerini, t. ii, col. 1218; P. L., t. Lv, col. 727.
2. Cette date ne se trouve que dans l'ancienne traduction latine du document original. Si elle est vraie, il est probable qu'avant le 1er septembre (jour où le synode devait s'ouvrir) il y avait un grand nombre d'évéques arrivés à Nicée, car il a dû y avoir un temps assez considérable entre leur arrivée et cette nouvelle lettre de l'empereur.
3. Dans Mansi, op. cit., t. vi, col. 560 ; Hardouin, op. cit., t. ii, col. 52.
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