‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 405 sur 407 · l'empeiieur marciex convoque un concile général · texte numérisé non relu

l'empeiieur marciex convoque un concile général

ou bien constatant que son Epistula doginatica presque par tout l'épiscopa», jouissait de la même autorité que certains écrits de saint Cyrille, il aurait redouté que le concile pût fnire quelque tort à l'autorité de ce document ^. Ce changement s'explique cependant d'une manière très naturelle et sans chercher si loin les véritables raisons,

rt) Lorsque Léon demandait la réunion d'un concile en Italie, l'orthodoxie était en péril par suite de la chute de la plupart des évêques d'Orient. Aussi était-il alors nécessaire de réunir un grand concile pour fixer (déterminer) la vraie doctrine sur la personne du Christ.

b) Depuis l'avènement de IMarcien, presque tous les évoques d'Orient qui s'étaient laissé entraîner par l'erreur avaient mérité par leur repentir d'être réintégrés dans la communion de l'Eglise ; ils avaient anathématisé l'eutychianisme et le nestorianisme, et adhéré à la célèbre lettre doctrinale du pape Léon. La cause de l'orthodoxie était donc gagnée, la question principale résolue, et, par conséquent, la principale raison pour la réunion du concile n'existait plus.

6-) 11 restait cependant un point secondaire à traiter : la réintégration des évêques admis à résipiscence et la punilion de ceux qui s'opiniâtraient dans l'erreur. Muis cette mission pouvait très bien être remplie par les légats du pape à Constantinople, agi»^sant de concert avec Anatole et soutenus par l'empereur ; il n'était donc pas nécessaire de réunir un concile pour prendre ces mesures purement disciplinaires.

d) Le pape Léon craignait que la réunion d'un concile et surtout en Orient, ne fût l'occasion d'un réveil du nestorianisme; il y avait plus à redouter ce danger de la part des nestoriens que des eutychiens, parce qu'un assez grand nombre d'évêques syriens étaient soupçonnés de nestorianisme. Ils pouvaient, ou bien d'autres pouvaient en leur nom, profiter de la condamnation de l'eutychianisme pour entamer de nouvelles discussions sur l'orthodoxie et en faveur du nestorianisme. La xcm^ lettre de saint Léon prouve que [4071 telle était sa principale crainte. Aussi, pour écarter ce danger, répète-t-il constamment, dans ses lettres h l'empereur et à l'impératrice, que l'on ne doit pas permettre au prochain concile de remettre en discussion les questions de fui.

1. Walch, op. cit.., t. vi, p. o24; l^crllid, op. cit., léna, 184;î, p. 60.

044 Livni^ X, CHAPITRE IV

c) La cr;iinlc du pape au sujet du futur concile avait clé accinie par les événemenls qui, précisément en cette mètue année 451, veuiiient de 5-e passer dans l'empire d'Occident ; Atlila l'avait ravagé en tous sens ; aussi n'y avait-il que très peu d'évêques latins qui pussent se rendre au concile projeté. Ces absences forcées ne pouvaient qu'être profitables au nestorianisme et à l'eutycliianisme, et nuisibles à l'orthodoxie. Le Brigandage d'Ephèse avait surabondamment montré combien les évêques grecs étaient faciles à entraîner et leurs convictions dogmatiques peu affermies. On s'explique donc très bien que le pape ait demandé la réunion du concile en Occident, pour que, dans l'intérêt de l'orthodoxie, ses évêques y fussent représentés en as.«ez grand nombre.

f) On pouvait craindre aussi que, dans un concile de l'empire d'Orient, on ne cherchât à revenir sur la décision prise, dans son 6c canon, par le concile de Nicée, au sujet de la prééminence ; non pas que, pour le moment, l'évêque de Constantinople lit mine de vouloir s'élever au-dessus de l'évêque de Rome^ mais, depuis le IP concile œcuménique, on pouvait constater la tendance des archevêques de Constantinople à s'élever au-dessus des patriarches d'Antioche et d'Alexandrie, pour se placer immédiatement à côté du pape. Dans son propre iiitêrêt et dans l'intérêt des patriarches, ainsi menacés dans leur position hiérarchique, le devoir du pape était de s'opposer à ces injustes prétentions. Nous verrons prochainement que le pape avait donné dans ce sens des instructions à ses légats.

Au mois de juillet 451, les légats du pape quittèrent Rome pour se rendre eu Orient, munis de lettres de recommandation, datées du 20 juillet 451, pour l'empereur et l'impératrice. Dansées deux lettres, le pape répète qu'il eût désiré que le concile se tint en Italie et que l'on eût donné un plus long délai pour sa réunion ; mais, pour répondre au zèle de l'empereur, il avait envoyé des légats pour le concile qui allait s'ouvrir. Dans la lettre à Pulehérie, il développe avec assez de détails son sentiment, que nous connaissons déjà, sur l'opportunité de pardonner aux évèfjues qui montrent des sentiments de repentir ^.

Nous n'avons plus les instructions particulières que le pape [408] Léon remit à ses légats ; il ne nous en reste que deux fragments

1. Epist. xciv et XGV, dans Ballerini, loc. cit., col. 1075 sq. ; P. L., t, liv, col. 941 sq., dans Mansi, op. cit., è. vi, col. 135 sq.

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