‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 46 sur 407 · Concile de Constantinople en · texte numérisé non relu

Concile de Constantinople en

L ob.slinatit)n apportée par les ariens et les pneunialt)niaques ;i la dillusion de leurs doctrines, malgré l'autorité ecclésiastique cl le pouvoir civil, amena Théodosc à réunir, dans un grand concile à Constantinople, les évoques de tous les partis pour essayer une entente sur l'enseignement dogmatique '^. Ce concile se réunit à. Constantinople, au mois de juin 383, sous le consulat de Mcrobaudes II et Saturnin. Avant l'ouverture des délibérations l'empereur en remit le plan à Nectaire de Constantinople. Les délibérations

l'oimulc, parce qu'e!l(i clait nouvelle. Ou leur prouva saus peine que celte expression avait été employée par des auteurs ortliodoxes ; saint Jérôme exhiba même un écrit d'Allianasc qui la contenait. 11 est vrai que cette exjîression ne se rencontre dans aucun écrit d'Athanase certainement aulhentique, car r^,r/70sitio Jidei, dans laquelle on l.i trouve, s<juiève des doutes sérieux. Peut-être Athanase se reportait-il à un écrit authentique, aujourd'hui perdu ; il est douteux que les apollinaristes se fussent coiitentés dun écrit apocryi)lie. Iloino dominicus se lit dans saint Epiphane ; quant à saint Athanase, il donne un analogue dans corpus dominicum. Quoiqu'il en soit, Tapollinariste qui discutait avec Jérôme conserva l'écrit et le communiqua à ses coreligionnaires. Ceux-ci embarrassés par un témoignage de cette valeur, raturèrent l'expression honio dominicus, puis la transcrivirent à nouveau de l'açon à faire croire à une fraude de saint Jérôme. Mais celui-ci n'était pas du nombre de ceux qu'on bàtoniie sans risques, et il fallut écouter sa diatribe contre les faussaires. Ils ne se corrigèrent pas. Théodore de Mopsuesle rapporte dans son tiaité /)e Apollinari et cjus hxresi que trente ans auparavant, lor.squ'il était prêtre à Antioche, il composa un traité sur l'Incarnation contre les ariens et Apollinaire. Les partisans du dernier se saisirent d un certain nombre de co^iies dans lesquelles ils insérèrent des feuilles où ils faisaient professer à Théodore les pires erreurs, entre autres qu'il y a deux fils de Dieu, le Verbe et l'Iunnuie né de Marie. (H. L.)

1. Sozomène, Ili^l. eccles., 1. vu, c. xi, P. G , t. i.xvii, cri. T'iil.

2. Socrate, Hist. eccles., \. y, c. x, /-•. G., t. lxvii. nd. 59i sq ; So/.omène, J/i.sl. ccclcs.j 1. VII, c. XII, P. G., I. Lxvii, col. li'i'i. [Baronius, Annales, ad ann. oSU, n. 2'i-o2 : l'aun, Crilica, ad ann. 080, 11. lo ; Coleti, Concilia, I. 11, col. 1207 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. m, col. 649. (H. L.))

devaient porter sur les divergences dogmatiques. Nectaire désapprouva cette idée et se consulta avec Tévêque novatien Agclius, sur la conduite à tenir. Cet Agelius s'entendait très bien avec Nectaire pour la doctrine, et il élait, en outre, très estimé à cause de sa piété. Mais il ne se sentait pas f;iit pour la controverse, il la confia à son lecteur Sisinnius, homme disert et savant. Sisinnius estima que l'on ne s'entendrait point et que les discussions aggraveraient les dissentiments. Il s'en ouvrit à Nectaire, lui proposa de réunir les téiiioignages des Pères sur la doctrine du Fils, et d'interroger ensuite les chefs de chaque parti s'ils acceptaient ces textes ou s'ils anathématisaient leurs auteurs, auquel cas ils se rendaient coupables d'une impiété, qui les ferait condamner par tous et même par le peuple. Dans le cas contraire, les orthodoxes pourraient tirer des témoignages des Pères les preuves nécessaires à leur argumentation ^.

Nectaire présenta ces observations à l'empereur, qui les agréa, et demanda aux évêques des divers partis s'ils estimaient les docteurs qui avaient vécu avant le conflit arien ; tous répondirent par l'affirmative. L'empereur poursuivit et demanda si ces docteurs avaient été des témoins fidèles et intelligents delà véritable doctrine chré- [4:2] tienne. Loin de s'accorder, les divers partis firent des réponses opposées les unes aux autres, et il arriva même que les membres d'un même parti ne s'entendirent pas entre eux : il devint ficile de constater que tous ces sectaires ne cherch;iient que dispute. L'empereur, très mécontent, ordonna à chaque parti de remettre sa profession écrite. Après que les plus habiles de chaque parti eurent rédigé ces documents, tous les évêques furent convoqués au palais impérial; Nectaire et Agelius en qualité de chefs orthodoxes; Démophile (l'ancien évêque de Constantinople), représentait les ariens, Eleuse de Cyziqueles pneumatistes, et Eunomius les anoméens. L'empereur reçut tous ces évêques avec bienveillance, se fit remettre leurs professions de foi, se rendit avec eux dans un appartement, pria Dieu de l'éclairer, lut avec soin les symboles, condamna et déchira tous ceux qui établissaient une division dans la sainte Trinité. Le seul symbole d'Eunomius nous a été conservé ^. Eunomius expose sa

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