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Nombre et lieu des sessions

Le concile convoqué par Marcieu, avec l'assentiment ultérieur du pape Léon le Grand, s'ouvrit à Chalcédoine le 8 octobre 451 *, et

1. Ce livre XIe nous montrera assez l'importance des questions débattues et des solutions adoptées à Chalcédoine pour que nous n'ayons pas à insister ici sur ce sujet. Au point de vue historique, les conséquences furent incalculables, la plus lamentable fut la scission schismatique de l'Egypte ; il y en eut d'autres que nous relèverons en temps utile. Au point de vue dogmatique, les résultats acquis à Chalcédoine balancent, s'ils ne surpassent pas en importance, les résultats acquis à Nicée en325 La lettre dogmatique du pape Léon àFlavicn, même avec son supplément, n'eût jamais eu, sans le concile de Chalcédoine, le retentissement et l'autorité qui s'y attacha désormais. La théologie de l'union hypostatique se trouva désormais officiellement définie. Ce qui pouvait s'attacher de douteux aux décisions du IIIe concile œcuménique par suite des conditions extérieures déplorables d.ms lesquelles il tint ses sessions, disparut sous l'impression de plénitude et de force que le IVe concile donna à ses décrets. Le concile de 431 avait, en un certain sens, par le mécontentement qui l'accueillit, provoqué, loin d'y mettre fin, une nouvelle controverse théob.gique : l'eutychianisme. Le rôle du concile de Chalcédoine se trouva double, il eut à maintenir l'unité réelle et personnelle du Christ, telle qu'on l'avait affirmée à Éphèse et en outre à définir la distinction des natures dans le Christ qui, Fils de Dieu incarné, n était qu'une personne en deux natures distinctes.

Les évoques réunis à Nicée, lieu fixé primitivement parla convocation, attendaient depuis quelque temps déjà l'arrivée de l'empereur Marcieu retenu par les opérations militaires contre les barbares à proximité du Danube. 11 reçut la supplique des évèques qui, commençant à manquer de subsistances et inquiets de voir leur argent s'épuiser pendant ces délais, sollicitaient l'autorisation d'ouvrir la session sans attendre l'arrivée de Mareien. Celui- ci fut contrarié de celle demande, dans laquelle il n'était pas éloigné de voir un piège. Kn

dura jusqu'au 1er novembre inclusivement. Dès l'antiquité, les

effet, cette demande présentait un grave inconvénient pour la politique impériale puisqu'elle entraînait non seulement l'absence de l'empereur, mais encore celle des légats du pape qui ne paraîtraient qu'avec lui au concile. Les évoques, que l'ennui et peut-être quelques meneurs talonnaient, insistaient et revenaient à la charge. Marcien eut une trouvaille. Il leur manda de se rapprocher de lui afin de le mettre en mesure de présider leurs séances. Le déplacement entraînerait bien quelque nouveau retard pendant lequel il pourrait avancer, régler peut-être, les affaires militaires. L'empereur fixait Chalcédoine comme lieu de rassemblement du futur concile, a Chalcédoine, disait-il, n'est séparée de Constantinople que par le Bosphore, large en cet endroit de moins d'un mille. Etre à Constantinople, c'était être à Chalcédome et Marcien assisterait aux travaux de l'assemblée tantôt en personne, tantôt par des communications de tous les moments. » La notification impériale faisait observer en outre les ressources de tous genres qu'offrait la proximité de Constantinople et auxquelles ne se pouvaient comparer celles d'une ville peu importante de la province de Bilhynie. Les évoques goûtaient médiocrement ces avantages largement compensés à leurs yeux par le voisinage de moines eutychiens très excités et redoutables. Aussi, l'invitation n'ayant pas suffi, Marcien envoya une convocation à se transporter à Chalcédoine avant la fin de septembre pour tout délai. L'ordre était expédié d'Héraclée, en Thrace. Il ne souffrait pas de discussion et n'offrait pas d'échappatoire. On obéit.

La bibliographie relative au concile de Chalcédoine est généralement ancienne et ferait souhaiter sur bien des questions de détail d'être rajeunie. Dès le vi* siècle les historiens ecclésiastiques s'occupent de ce concile : Evagrius, Hist. ecclés., 1. II, c. n, iv, xviri ; Facundus d'Hermiane, Pro defensione trium Capitulorum, 1. Y, c. m, iv ; I. VIII, c. îv ; Liberatus, Breviarium causse Nestorianorum et Eutychianoruin, c. xin. Parmi les travaux depuis la Renaissance, nous citerons : Nalalis Alexauder, Historia ecclesiastica, in-fol., Venetiis, 1778, sœcul. v, t. v, p. 64 sq., 209-214 (=z À. Zaccaria, The saur, theolog., 1762, t. vu, p. 837-847 ; t. xn, p. 334-3 i2) ; Baronius, Annales, 1595, ad ann. 451, n. 22-24, 29-33, 55-159 ; ad ann. 452, n. 7-8 ; ad ann. 453, n. 2-6 ; ad ann. 457, n. 10-11 ; ad ann. 511, u. 7 ; Tillemont, Mém. hist. ecclés., in-4, Paris, 1711, t. xv, p. 628-731, 913-925; Ellies du Pin, Nouvelle bibliothèque des auteurs ecclés. , t. îv, p. 327-366 ; dom Ceillier, Histoire des aut. sacrés, t. xiv, p. 651 sq. ; 2e édit., t. x, p. 681 sq. ; F. D. Benecini, Il concilio di Calcedonia difeso nelle sue azioniU c IVf in-fol., Napoli, 1716 ; H. Benzelius et C. J. Blohm, Vindicix concilii Chalcedonensis œcumenici IV, in-4, Londini Gothorum, 1739 ; 2* édit., 1745 ; Bini, Concilia, t. i, coL 959, 968-969 ; t. n, col. vm-xii, 1-190 ; Lupi, Concilia œcum., t. n, p. 63 ; L. Bail, Summa conciliorum , t. i, p. 254 ; Deleclus actorum Ecclesix, in-4, Lugduni, 1738, t. i, col. 222 ; t. n, col. 231 ; Labbc, Concilia, 1671, t. iv, col. 1-1007 ; t. vi, col. 2i5-248 ; Hardouin, Coll. concil., t. n, col. 662; Coleli, Concilia, 1728, t. iv, col. 761; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. vi, col. 529-1230 ; t. vu, col. 1-871; Bibliotheca Cassinensis, in-fol., typis Montis Casini, 1874, t. i, p. 48-54 ; Monumenta spectantia ad concilium Chalcedonense ; Catalani, De concil. œcumen., t. i, col. 273 ; A. Chevillier, In synodum Chalcedonensem dissertatio de for midis fidei subscribendis,

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