‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 136 sur 544 · Continuation et fin de l'histoire du monophysisme · texte numérisé non relu

Continuation et fin de l'histoire du monophysisme

Il est nécessaire, pour ne pas rester incomplet, de résumer la suite de l'histoire de l'eutychianisme et de l'hérésie des monophysites : car, quoique condamnée solennellement au concile de Chalcédoine, cette hérésie ne disparut pas, et pendant des siècles encore elle continua à exister et à combattre.

Les monophysites arrivèrent à une importante situation en Palestine. Théodose, moine d'Alexandrie, qui avait assisté au concile de Chalcédoine affirmait aux moines palestiniens que le concile de Chalcédoine, avait trahi la vraie foi et confirmé le nestorianisme. Ainsi trompés, presque tous ces moines, et ils étaient au nombre de dix mille, voulurent rejeter la doctrine d'Eutychès, d'après lequel la nature humaine avait été absorbée par la nature divine, sans admettre toutefois le dyophysisme du concile de Chalcédoine, sous prétexte que la confession des deux natures conduisait à celle des deux personnes, et par conséquent au nestorianisme. Ils s'obstinaient à penser qu'il n'y avait qu'une seule nature, sans vouloir s'expliquer comment la divinité et l'humanité pouvaient ne former qu'une seule nature ; cette nouvelle doctrine, qui rejetait également et l'eutychianisme et l'enseigné-

1. T. n, col. 515, note, et col. 1485, note. Avant eux, Baronius avait déjà cherché à démontrer (ad ann. 451, n. 135, et ad ann. 381, n. 35) que ce 28e canon de Chalcédoine était sans valeur. Le gallican Edmond Richer voulut le réfuter (Ilislor. concil. gênerai., t. i, lib. I, c. i.xxxix) ; mais Le Quien se prononça aussi, | son tour, d'une manière énergique contre la valeur de çç canon (Orient christianus, t. i, p, 29 sq.).

%, Hardouin, op, cit., t. viij col. 24^

ment du concile de Chalcédoine, s'appelle proprement le monophysisme par opposition avec l'eutychianisme. Juvénal, patriarche de Jérusalem, ayant refusé d'anathématiser les décrets de Chalcédoine, selon le désir des moines de Palestine, ceux-ci, soutenus par Eudoxie, veuve de l'empereur Théodose II, s'insurgèrent, chassèrent Juvénal, mirent à sa place le moine Théodose, brûlèrent quelques maisons et tuèrent un grand nombre des principaux partisans des deux natures. Ils se répandirent ensuite dans les autres villes de Palestine et déposèrent partout les évêques légitimes. L'empereur prit certaines mesures pour convertir et pacifier ces révoltés fanatiques et punir les plus coupables 1. Théodose s'enfuit, en 453, chez les moines du Sinaï ; Juvénal et les autres évêques ["5651 catholiques chassés furent réintégrés ; beaucoup de monophysites, mais non pas tous, se réconcilièrent avec l'Eglise.

Le second pays qui refusa d'accepter le concile de Chalcédoine et embrassa le monophysisme, fut l'Egypte. Déjà, à Chalcédoine, treize évêques égyptiens s'étaient refusés à souscrire, sous le vain prétexte que, depuis la déposition de Dioscore, ils étaient sans patriarche, et qu'ils n'osaient, sans lui, faire une démarche si décisive. Pour apaiser les moines, Marcien leur assura que le concile de Chalcédoine n'avait fait aucune innovation dans la foi 2. Lorsque Protérius fut élu patriarche d'Alexandrie, les nombreux partisans de Dioscore firent une émeute comme les moines en Palestine. Les soldats de l'empereur chargés de la réprimer furent acculés par le peuple dans le Sérapéon et brûlés vifs ; il fallut des forces militaires considérables pour rétablir l'ordre. On allait y réussir, lorsque deux des principaux clercs d'Alexandrie, Timothée, surnommé Élure (atAoupoç, le chat), et Pierre Monge (\Loyybq, enroué), abandonnèrent Protérius, gagnèrent à leur parti des moines et plusieurs évêques, prononcèrent l'anathème contre le concile de Chalcédoine, et profitant de la mort de l'empereur Marcien (457) s'emparèrent par trahison, et à l'aide du peuple d'Alexandrie, de la cathédrale de cette ville. Timothée se fit aussitôt sacrer évêque, et sacra, à son tour, d'autres évêques et des prêtres. Protérius fut massacré dans le baptistère et Timothée, élevé sur le siège d'Alexandrie, mit

1. On trouve dans Mansi, op. cit., t. vu, col. 483, 487, 506, 510, 514, 520, les édits que l'empereur publia à cette occasion.

2. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. vu, col. 482, 517 ; Hardouin, Collect. concil.f t. ii, col. 663.

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