‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 15 sur 544 · LES COMMISSAIRES IMPÉRIAUX ET LES LEGATS DU PAPE · texte numérisé non relu

LES COMMISSAIRES IMPÉRIAUX ET LES LEGATS DU PAPE

s'assirent les légats romains, les évêques Paschasinus et Lucentius et le prêtre Boniface. Julien, évêque de Cos, paraît assez souvent en qualité de quatrième légat, quoiqu'il ne siégeât pas avec les légats du pape, mais bien parmi les évêques 1. La suite de l'histoire du concile de Chalcédoine montrera clairement la situation des commissaires impériaux vis à-vis des légats du pape. Nous verrons que la direction bureaucratique des affaires, pour ainsi parler, lut confiée aux commissaires impériaux. Ils faisaient voter, fixaient l'ordre du jour, terminaient les sessions ; en un mot, ils exerçaient les fonctions dévolues au bureau d'une assemblée. Il ne faut cependant pas l'oublier, cette conduite des affaires était purement extérieure, elle n'allait pas plus loin et ne s'occupait pas du fond des choses ; le concile décidait seul sur tout, et, à diverses

frustré de ce qui lui appartient et ne jouisse de ce qui ne lui appartient pas. Car si nous voulons que tous ceux qui sont tombés dans l'erreur, venant à résipiscence, soient rétablis dans leurs honneurs, à plus forte raison prétendons-nous que ceux qui auront souffert pour la foi jouissent de ce privilège. Au surplus, les décrets établis spécialement contre Nestorius au premier concile d'Éphèse, auquel présidait Cyrille d'heureuse mémoire, subsisteront dans leur force et vigueur, afin que cette première hérésie ne se flatte pas que la condamnation d'Eulychès lui soit favorable. Car la pureté de la foi et de la doctrine que nous enseignons dans le même esprit que nos saints Pères, combat et condamne également ces deux hérésies avec leurs auteurs. » S. Léon, Epist., xcm, P. £., t. liv, col. 937 sq. Marcien et Pulchérie, déférant aux désirs du pape, souhaitaient, comme lui, qu'il fut maître de tout. On accorda donc la préséance aux légats et toutes choses se firent dans le concile par l'autorité du pape aussi bien que suivant son désir. Marcien dans une lettre parle des évêques et des prêtres légats, ce qui donne à penser que le prêtre Basile était apparemment à Constantinople avec ses co-légats au mois de septembre. Mais comme il disparaît à partir de ce moment, on doit supposer que son absence s'explique parla mort ou parla maladie. (H. L.)

1. La raison la plus acceptable serait qu'Anatole de Constantinople et Etienne d'Éphèse répugnaient à céder le rang à un évêque d'Orient et de leur juridiction. Ce qui place Julien dans une situation particulière c'est que, dans sa lettre au concile, le pape Léon ne le nomme pas avec ses autres légats. De là on a pris occasion d'en faire une sorte de « légat supplémentaire » destiné à intervenir seulement dans le cas où l'un des légats serait empêché de siéger, ou plus simplement, un conseiller des légats. 11 prenait néanmoins le titre de légat, il siégeait après le prêtre Boniface, mais à un rang plus élevé que celui qui était dû à son litre d'évêque de Cos : on le plaça entre les premiers métropolitains. On pourrait être surpris de le voir nommé parfois avant son propre métropolitain, Jean de Rhodes, mais celui-ci était personnellement absent et remplacé par Tryphon de Chio parlant etsignant pour Jean, quelquefois sans que cela soit spécifié. (H. L.)

reprises, les commissaires impériaux ont soin d'établir une distinction entre eux et le concile proprement dit ; c'étaient les légats du pape qui présidaient seuls le concile ainsi entendu. Toutefois, comme la présidence de fait était exercée par les commissaires impériaux, les légats du pape parurent dans les opérations du concile plutôt comme les premiers votants que comme les présidents de l'assemblée ; mais on reconnaît incontestablement leur supériorité, en qualité de représentants du chef de l'Église entière, sur tous les autres votants ;ils furent toujours convaincus que toute décision synodale à laquelle ils ne donnaient pas leur approbation était nulle et sans valeur 4. A l'extérieur, de même que pour l'organisation matérielle des sessions, ils n'étaient que les premiers votants ; en réalité ils étaient les présidents effectifs de l'assemblée portant des décrets sur la foi ou sur la discipline. Ces mots du concile au pape Léon prouvent bien la vérité de ce que nous avançons : wv (c'est-à-dire des évêques de Chalcédoine) au jjièv, coç xsçaXv; [j.£X<ov, Yjy£fjt,ôvsu£ç èv toiç rrçv gy;v xaçiv foigctwi, c'est-à-dire : « dans tes représentants tu as établi l'hégémonie sur les membres du concile, de même que la tête sur les membres. » Et pour mieux exposer la [422] situation, le concile ajoutait : BaffiXeûç §£ Tzpbq suxojfuav ècYj'p/ov, c'està-dire : « L'empereur présida à cause de l'ordre, pour que tout se passât selon les règles 2. » Le concile reconnut de même la supériorité du pape, car il lui demanda la confirmation de ses actes 3. Et le pape Léon dit lui-même avec la plus grande énergie en parlant de ses légats : vice mea Orientait synodo prœsederunt 4.

A côté des légats du pape et après eux s'assirent les évêques Anatole de Constantinople, Maxime d'Antioche, Thalassius de Césarée en Gappadoce, Etienne d'Éphèse et les autres évêques de l'Orient et de la province du Pont, de l'Asie, de la Thrace, à l'exception de ceux de la Palestine. Dans la travée de droite, étaient Dioscore d'Alexandrie, Juvénal de Jérusalem, Quintillus d'Héraclée dans la Macedonia F (fondé de pouvoir d'Anastase de Thessalonique), Pierre de Corinthe et les autres évêques des diocèses

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