CONCILES ENTRE 461 ET
métropolitain Patiens prit l'avis de ses collègues, s'empara du prêtre, précédemment archidiacre, Jean, qui était loin de s'attendre à ce qui allait se passer, et le sacra évêque. Tous les chrétiens honorables applaudirent à ce choix, et les adversaires, déconcertés par cette rapidité, n'osèrent faire opposition au nouvel évêque qui fut reconnu [596] par tous.
Pagi a raconté en détail comment, en l'année 471, dans un concile tenu à Antioche, le patriarche monophysite Pierre le Foulon fut déposé, et remplacé par l'évêque Julien, tandis que Pierre était exilé par l'empereur Léon. Afin d'abréger, nous renvoyons à Pagi pour toute cette affaire *.
Sidoine Apollinaire parle d'un autre concile tenu à Bourges en 472 concilium Bituricence. L'évêque de Bourges étant mort, ses suffragants étaient réunis dans sa ville épiscopale pour ordonner son successeur. Parmi les sièges suffragants de la métropole de Bourges, se trouvait la ville de Clermont en Auvergne, dont Sidoine Apollinaire était évêque depuis l'année 471. Quoique le dernier venu parmi ses collègues, Sidoine paraît avoir eu la principale part dans cette affaire. Dans deux lettres, que nous possédons encore, il demanda à Agrœcius, métropolitain de Sens, et à Euphrone, évêque d'Autun, de s'entremettre, quoiqu'ils appartinssent à des provinces étrangères, pour trouver un archevêque de Bourges : car le peuple de cette ville était divisé en plusieurs partis ; quelques-uns avaient été même gagnés à prix d'argent, enfin on avait aussi affaire à quelques ariens. Agrœcius vint a Bourges, mais ne put réconcilier les partis, qui finirent par confier à Sidoine Apollinaire le choix du nouvel évêque, Sidoine tint au peuple réuni un fort beau discours, dans lequel il présenta Simplicius comme étant le plus digne de l'épiscopat ; il raconta brièvement sa vie et le proclama solennellement métropolitain de Bourges 2.
Vers cette époque (471-575), Mamert de Vienne réunit un concile dans sa ville épiscopale, pour faire adopter par ses collègues les rogations et les jeûnes récemment institués par lui dans les trois jours qui précèdent l'Ascension de Notre-Seigneur, à cause des
1. Pagi, Critica ad Annales Baronii, ad aun. 471, n. 7 ; Coleti, Concilia, t. iv, col. 2074 ; t. v, p. 119 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. vu, col. 999. (H. L.)
2. Sidoine Apollinaire, Epistularum, 1. VII, epist. v, vin, ix, P. L., t. lviii, col. 568, 574, 575 ; J. Sirmond, Concilia Gallix, t. i, p. 142 sq. ; Labbe, Concilia, t. iv, col. 1820-1827 ; Coleti, Concilia, t. v, col. 119 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. fin, col. 999. (H. L.)
tremblements de terre, des incendies et autres calamités récentes ; il avait invité à ce concile le célèbre Rémi de Reims, mais celui-ci s'excusa à cause de son grand âge et se fit remplacer par le prêtre l~"'J Vedastus 4.
212. Conciles à Arles et à Lyon au sujet de la doctrine sur la grâce, entre 475 et 480.
Le prêtre Lucidus, qui, comme on le sait, a été le premier prédestinatien connu 2, donna lieu à la célébration de deux conciles gaulois à Arles et à Lyon entre les années 475 et 480. ProsperTiro dit, dans sa Chronique, que dès la vingt-troisième année du règne de l'empereur Honorius, c'est-à-dire dès l'année 417, une fausse interprétation des écrits de saint Augustin sur la prédestination, avait donné naissance à une nombreuse secte de prédestinatiens 3. Mais le savant cardinal Noris a prouvé que cette donnée était inadmissible 4, et qu'il n'y avait pas de prédestinatiens à l'époque où a vécu Prosper 5. Les semi-pélagiens ont été les premiers à accuser calomnieusement les véritables augustiniens de prédestinatianisme. Les premiers prédestinatiens dignes de ce nom ne paraissent que dans la seconde moitié du ve siècle ; ignorants ou médiocres pour la plupart, poussés par les reproches sophistiques des semi-pélagiens, ils abandonnèrent la doctrine de saint Augustin qu'ils avaient
1. Conc. regia, 1644, t. îx, col. 543 ; Labbe, Concilia, t. n, col. 1040-1041 ; Coleti, Concilia, t. v, col. 125 ; D. Rivet, Hist. littér. de la France, t. n, p. 142 ; Tillemont, Mém. hist. ecclés., t. xvi, p. 112 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. vu, col. 1006. (H. L.)
2. Achard, Hommes illustres de Provence, 1786, t. i, p. 457-459; Fabricius, Bibliotheca medii sévi, 1735, t. iv, p. 835-836, 2e édit. Harles, p. 282 ; Houreau, dans la Nouvelle biographie générale, au mot, Lucidus, ; D. Rivet, Hist. litt. de la France, 1735, t. n, p. 454-456, P.L., t. lxiii, col. 1579. (H. L.)