CONCILES A ARLES ET A LYON
professée jusqu'alors, pour en arriver à un prédestinatianisme excessif. Parmi eux, le cardinal Noris compte en particulier le prêtre Lucidus et un certain Monimus d'Afrique, qui soutenait qu'une partie des hommes étaient prédestinés par Dieu au péché, ce qui lui attira les attaques de saint Fulgence de Ruspe. Monimus n'était pas seul à avoir nié la liberté humaine pour tout attribuer à la grâce *. Telle était, en effet, l'opinion de Lucidus. Nous n'avons 98 J malheureusement que très peu de détails sur ce prêtre et sur les deux conciles gaulois chargés de le juger ; le peu que nous savons nous vient de Fauste de Riez, qui lui-même n'était pas orthodoxe relativement à la doctrine de la grâce et a dû juger Lucidus d'après sa propre erreur, opposée au semi-pélagianisme. Dans une lettre à Lucidus, Fauste dit qu'il l'avait à plusieurs reprises, mais en vain, averti de vive voix de ses erreurs. Gettre lettre date de 475 environ, alors que le métropolitain Léonce d'Arles avait réuni, dans sa ville épiscopale, un concile de trente évêques, parmi lesquels plusieurs métropolitains, dans l'intention d'y faire condamner l'erreur des prédestinatiens. Par une seconde lettre, Fauste avertit Lucidus que les évêques songeaient déjà à le suspendre, ajoutant qu'il avait voulu, par amitié pour lui, essayer encore une fois de le dissuader de ses erreurs, quoique sans grand espoir de succès. Il voulait lui exposer en abrégé les points à admettre. Lucidus devait (en général) unir constamment la grâce de Dieu avec l'activité propre du chrétien, et condamner celui qui faisait abstraction de l'activité de l'homme au profit de la prédestination absolue, tout comme Pelage pour l'erreur opposée. Il devait donc anathématiser : 1) celui qui, comme Pelage, nie le péché originel et la nécessité de la grâce ; 2) celui qui soutient que le chrétien baptisé et orthodoxe devenu pécheur se perdait à cause d'Adam et du péché originel 2 ; 3) celui qui pense que l'homme est condamné à la mort (de l'âme) en vertu de la prescience de Dieu ; 4) celui qui pense que le damné n'a pas reçu les secours nécessaires au salut ; 5) celui qui dit qu'un vase d'ignominie ne peut s'élever jusqu'à devenir un vase d'honneur;