Cf. Noris, op. cit., p
2. Le raisonnement de Fauste, tel que l'indique cette proposition, devait être celui-ci : c Comme le péché originel est effacé par le baptême, le chrétien qui se perd, ne se perd pas à cause du péché d'Adam, c'est-à-dire à cause du péché originel, il ne se perd que parce qu'il a abusé de sa liberté. »
6) celui qui dit que le Christ n'est pas mort pour tous, et qui soutient que le Christ n'a pas voulu le salut de tous les hommes. Si Lucidus venait trouver Fauste ou bien les évêques, on lui exposerait en détail les preuves de la doctrine orthodoxe. Fauste [599] ajoutait : « Quant à nous, nous pensons que celui qui se perd par sa faute, aurait pu se sauver moyennant le secours de la grâce, s'il y avait coopéré, et que celui qui arrive par la grâce à faire le bien, moyennant sa coopération à cette grâce, aurait pu, par sa négligence ou par sa propre faute, se perdre. Nous excluons toute espèce d'amour-propre : car nous regardons comme un présent, et non comme une chose due, ce que nous avons reçu de la main du Seigneur. » Fauste demandait à Lucidus de s'expliquer immédiatement sur les points en question dans sa lettre, et s'il ne lui renvoyait pas cette lettre après y avoir adhéré et l'avoir souscrite, il se verrait dans l'obligation de l'attaquer ouvertement devant le concile *.
Dans un manuscrit, la lettre de Fauste n'est signée que de lui seul, dans un autre elle est signée de dix évêques, ce qui amène à dire avec le cardinal Noris 2 que Fauste avait d'abord envoyé cette lettre en son nom, ensuite, pour donner plus de poids à sa démarche, il en fit signer par dix de ses collègues, réunis peutêtre dans une de ces assemblées préliminaires qui précédèrent le grand concile, un autre exemplaire qu'il avait également envoyé à Lucidus. Celui-ci, voyant la tournure que prenait l'affaire, se décida à souscrire, ainsi que Fauste le lui avait demandé, et sa signature se trouve encore au bas de la lettre en question 3.
Lucidus écrivit en outre une lettre aux trente évêques réunis à Arles 4. Il y dit qu'en s'inspirant des statuta prsedicandi du concile il condamne : 1) l'opinion d'après laquelle le travail delacoopération humaine vis-à-vis de Dieu ne pouvait pas être uni à la grâce divi-
1. Sirmond, Concilia Gallix, t. i, p. 147 ; Lalande, Concilia Gallix, p. 37 ; Labbe, Concilia, t. iv, col. 1041-1046 ; Hardouin, Coll. concil., t. n, col. 806 ; D. Rivet, Hist. litt. de la France, t. n, col. 456-458; Coleti, Concilia, t. v, col. 129 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. vu, col. 1007 ; D. Ceillier, Hist, gêner, aut. ecclés., 2e édit., t. x, p. 717-718. (H. L.)