CONCILES DE l'ÉGLISE GRECQUE ET ORIENTALE 9l
l'empereur, lui demandant de s'en tenir à l'ancien décret et à Fan- [602] nulation du concile de Chalcédoine. Les évêques réintégrèrent l'évêque Paul sur le siège d'Ephèse, déclarèrent abolis les privilèges des patriarches de Constantinople, rendirent au siège d'Ephèse ses droits d'exarchat, et déposèrent Acace, patriarche de Constantinople *. On a prétendu que ce concile d'Ephèse avait confirmé l'eutychianisme. C'est ce que Timothée Elure lui-même se serait refusé à faire : car nous savons qu'à des moines eutyehiens venus implorer son secours, il s'était prononcé contre l'eutychianisme proprement dit, et avait déclaré que « l'humanité du Christ était de même nature que la nôtre 2. »
Evagre rapporte qu'à l'issue de ce concile d'Ephèse, Timothée Elure s'était rendu à Alexandrie pour y faire rejeter le concile de Chalcédoine; d'après le Libellus synodicus Timothée aurait réuni à Alexandrie un autre concile, et atteint son but 3. Ce même Synodicon parle d'un autre concile réuni par Jean, évêque de Cyr, en Syrie, dans sa ville épiscopale en 478 (et non en 482, comme le prétend Hardouin) ; ce concile aurait anathématisé Pierre le Foulon, le patriarche intrus d'Antioche 4. Vers cette époque, après la chute de l'empereur Basilisque, Pierre le Foulon fut déposé dans un concile d'Antioche, et Jean d'Apamée mis à sa place. Peu de temps auparavant, Pierre avait lui-même sacré Jean évêque d'Apamée dont les habitants n'avaient pas voulu le recevoir. Revenu à Antioche, il s'était posé en adversaire de Pierre et était parvenu à le remplacer. Mais, trois mois après, Jean fut à son tour déposé par un nou- 603] veau concile d'Antioche, qui confirma celui de Chalcédoine, et un homme pieux du nom d'Etienne fut élevé sur le siège d'Antioche ; le nouvel élu se hâta d'annoncer par une lettre synodale à Acace de Constantinople, son ordination, la déposition de Pierre le Foulon et celle de Jean d'Apamée 5. A cette nouvelle Acace réu-
1. Mansi, op. cit., t. vu, col. 1013-1016. Voir la remarque d'Henri Valois sur YHistoria ecclesiastica d'Évagrc, 1. III, c. v, P. G., t. lxxxvi, col. 2603, u. 64.