CONCILES DE l'ÉGLISE GRECQUE ET ORIENTALE
à se défendre contre les accusations portées contre eux par le moine Siméon, du couvent des Àcémètes, et le prêtre Silvain, qui s'était trouvé à Constantinople en même temps que les légats. Ceuxci furent déposés de l'épiscopat et exclus de la communion eucharistique ; on prononça en même temps l'excommunication et l'ariathème contre Pierre Monge. Dans une seconde session, le concile condamna Acace, et déclara qu'il avait cessé de faire partie de l'épiscopat et de la communion ecclésiastique. Un fragment de cette sentence se lit dans le Breviculus historiée Eutychianistarum i, et nous avons encore la lettre synodale par laquelle le pape fit connaître à Acace la sentence portée contre lui 2. L'exemplaire que nous possédons mentionne que soixante-sept évêques et le pape Félix avaient signé cette lettre. Mais ces signatures se rapportaient plutôt aux actes synodaux qui restèrent à Rome qu'à la lettre synodale expédiée à Constantinople : car c'était l'habitude que " J ces lettres synodales ne fussent rédigées qu'au nom du pape. Aussi les Grecs se plaignirent-ils que cette déposition d'Acace n'était signée que par Félix et non par un concile. C'était inexact ; mais on ne s'explique pas pourquoi le pape Gélase, répondant à ce reproche des Grecs, ne s'est pas contenté de dire qu'en fait Acace avait été condamné par un concile ; il préféra démontrer que le pape avait, même sans l'assistance du concile, le pouvoir de le déposer 8. Baronius prétend 4, pour résoudre cette difficulté, que les Grecs s'étaient plaints seulement de ce qu'on n'avait pas tenu un concile œcuménique, et que Gélase était fondé à leur répondre comme il l'avait fait. Pagi n'accepte pas cette explication 5, et selon lui, ces Grecs croyaient Acacium non jure damnatum, quod non speciali synodo videatur fuisse dejectus 6, c'est-à-dire, « il n'a pas été condamné dans un concile réuni à cause de lui, mais comme en passant et dans un concile réuni dans un tout autre but, » qui était
1. Edit. J. Sirmond, Appendix cod. Theodos., p. 123 ; d'où il a passé dans Mansi, op. cit., t. vu, col. 1065.
2. Hardouin, Coll. concil., t. n, col. 831 ; Mansi, Concil. ampliss. coll., t. vu, col. 1053; Revue des Quest. histor., 1877, t. xxn, p. 129-138, et voir plus haut p. 919 note 3. (H. L.)
3. Gélase, Epiât, ad episcopos Dardaniœ, dans Hardouin, op. cit., t. n, col. 905 sq. ; Mansi, op. cit., t. vin, col. 49 sq.