‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 178 sur 544 · CONCILES DE l'ÉGLISE GRECQUE ET ORIENTALE · texte numérisé non relu

CONCILES DE l'ÉGLISE GRECQUE ET ORIENTALE

au pape *, Mais Simplice mourut le 2 mars 483, et le 6 du même mois Félix III lui succéda. Jean ïalaja porta au nouveau pape ses plaintes et son mémoire, et comme Acace n'avait pas répondu à la dernière lettre de Simplice 2, Félix pensa que le mieux était d'envoyer deux députés. Il choisit les évêques Vital et Misène, avec le defensor Félix, pour se rendre à Constantinople auprès de l'empereur Zenon et d'Acace, afin de les fortifier dans leur attachement au concile de Ghalcédoine et de chasser Pierre Monge pour établir Jean Talaja à sa place 3. Il remit aussi aux légats un Libellus citatio-

nécessaires pour supplier sans cesse le prince très clément en faveur de la foi catholique. Fais-lui révoquer tout ce qui est contraire au dogme chrétien, et, ainsi que nous te le demandons, ne cesse pas de l'instruire fréquemment, ni d'insister auprès de ceux qui sont amis de la vérité. Enfin, ainsi que le vénérable apôtre Paul l'enseignait à Timothée, en temps opportun ou inopportun, par prière, insinuation et exposition, plaide continuellement la bonne cause, et ensuite indique-nous, en toute vérité, ce qui a été fait ou ce qu'il y aurait à faire, afin que, par la multiplication des talents qui t'ont été confiés par le Seigneur, tu montres que tu es un serviteur fidèle, qui n'hésite pas à défendre l'unité catholique et les définitions des Pères, non seulement dans l'Église qu'il gouverne, mais partout où il se peut. Donné aux ides de juillet sous le consulat du clarissime Severinus (15 juin 482). » (H. L.)

1. Liberatus, Breviarium, c. xviii ; Pagi, Critica, ad ann. 483, n. 4.

2. Celte lettre est plus raide de ton que la précédente. La voici : c Nos pensées ne chôment jamais et la cause qui nous fait agir ne nous permet pas le silence, car si nous étions négligent, nous serions inexcusable auprès du Christ Notre-Seigneur qui est lui-même en question. Il est vraiment étonnant, après tant de temps écoulé et l'occasion de tant de personnes qui se rendent ici, il est étonnant, dis-je, que Ta Dilection n'ait point voulu nous instvuire en rien de ce qui concernait l'Eglise d'Alexandrie, si gravement bouleversée maintenant. Et cependant nos avertissements ne t'ont pas manqué et nous avons sans cesse prié Ta Dilection de participer à notre sollicitude, d'appuyer de vive voix nos missives près du prince très chrétien et très clément, et, comme par le passé, de travailler toujours avec nous, à la défense des orthodoxes, de peur que, quand le peuple chrétien périt, quelqu'un d'entre nous n'encoure par sa faute l'accusation d'une lâche capitulation, et paraisse avoir été un mercenaire plutôt qu'un pasteur. C'est pourquoi nous exhortons Ta Dilection à ne pas cesser d'intervenir auprès de l'empereur, à propos et hors de propos, afin que les scandales qui, par des tentatives récidivées, viennent de se précipiter à l'envi sur l'Eglise d'Alexandrie, soient enfin écartés, que la paix si désirée nous soit rendue el que toutes les difficultés étant vaincues, le succès puisse être attribué à ta vigilance. Donné le 8 des ides de novembre, sous le consulat de Severinus (23 novembre 482). » (H. L.)

3. Les lettres du pape à Zenon et à Acace, dans Hardouin, op. cit., t. n, col. 811, 814 ; Mansi, op. cit., t. vu, col. 1028, 1032.

nis adressé à Acace 4 assigné à répondre à Rome des accusations que Talaja portait contre lui, et une seconde lettre à l'empereur où il lui donnait connaissance de cette citation et portait de nouvelles plaintes contre Pierre Monge 2. On admet communément que le pape Félix tint alors à Rome un concile au nom duquel il écrivit à l'empereur et a Acace ; mais Pagi a avec raison élevé des doutes contre cette opinion.

Félix envoya plus tard à ses légats deux autres lettres, maintenantperdues, adressées à l'empereur et à Acace, leur recommandant, en outre, de ne rien faire avant de s'être concerté avec Cyrille, abbé des Acémètes à Constantinople 3. Mais lorsque les légats Vital et Misène (le defensor Félix malade ne put se mettre en route qu'un peu plus tard) arrivèrent à Abydos dans l'Hellespont, ils furent, par ordre de l'empereur, mis en prison, leurs papiers leur furent enlevés, et on les menaça de mort s'ils repoussaient la communion d'Acace et de Monge. On leur promit par contre des présents et des avantages s'ils cédaient. Conduits à Constantinople on les remit en liberté, on les traita avec la plus grande distinction, et, malgré toutes les représentations des orthodoxes, les légats assistèrent à un service divin solennel célébré par Acace dans lequel on lut le nom de Monge dans les diptyques ; les légats reçurent même l'eucharistie avec les envoyés de l'archevêque d'Alexandrie. Aussi quand le defensor Félix arriva à Constantinople, Acace ne lui accorda pas d'audience et le traita en ennemi, parce que Félix n'avait pas voulu, comme les légats, entrer en communion avec Pierre Monge 4.

Cyrille, abbé des Acémètes, envoya le moine Siméon à Rome avertir le pape de ce qui s'était passé 5. Aussi, à leur retour à Rome, les légats munis de lettres de l'empereur et d'Acace 6 furent traduits par le pape Félix devant un concile romain ; Vital et Misène eurent

1. Hardouin, op. cit., t. n, col. 829; Mansi, op. cit., t. vu, col. 1108.

2. Hardouin, op. cit., t. n, col. 830 ; Mansi, op. cit., t. vu, col. 1108 ; Évagre, Hist. eccles., 1. III, c. xvm, P. G., t. lxxxvi, col. 2633 ; Breviculus histor. Eutychian., édit. J. Sirmond, p. 122; Liberafus, Breviarium, c. xvm ; Pagi, Critica, ad ann. 483, n. 4, 5.

3. Évagre, Hist. eccles., 1. III, c. xix, P. G., t. lxxxvi, col. 2636.

4. Évagre, Hist. eccl., III, xx, P. G., t. lxxxiv, col. 2637 ; Pagi, Critica, ad ann. 483, n. 6, et 484, n. 2 et 3 ; Bower, Geschichte der Pàpste, t. m, p. 89 sq.

5. Évagre, Histor. eccles., III, xxiv, P. G., t, lxxxvi, col. 5640.

6. Évagre, Ibid. (III, xx), nous a conservé une partie de la lettre impériale.

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