CONCILES DE l'ÉGLISE GRECQUE ET ORIENTALE
dion d'Antioche et lui substitua Pierre le Foulon, jadis monophysite et rallié aux principes de YHênotique. Ces changements sur le siège d'Antioche donnèrent lieu, au mois d'octobre 485, à la réunion d'un nouveau concile romain qui prononça la déposition de l'évêque intrus l. Les deux lettres du pape Félix 2 écrites au nom de ce concile à Pierre le Foulon pour lui reprocher ses erreurs et son intrusion sur le siège d'Antioche paraissent apocryphes à Valois ; Pagi soutient leur authenticité 3, et démontre qu'elles proviennent du concile romain tenu en 478, sous le pape Simplice. En revanche, nous avons une lettre de Félix à l'empereur Zenon 4, dans laquelle Pierre le Foulon est blâmé d'avoir ajouté ces mots au Trisagion : « qui a été crucifié pour nous, » soutenant ainsi qu' « il y en avait un de la Trinité qui avait souffert in substantiel Deitatis, ce qui rabaissait l'incarnation du Christ. A ce même concile romain appartient aussi la lettre Ad clericos et monachos orientales 5 ; dans un ancien manuscrit cette lettre est datée du 5 octobre 485 6. Ce n'est à proprement parler qu'un commentaire au décret du concile rendu au nom du pape suivant la coutume, ainsi que le disent les évêques. Cette lettre raconte, en outre, qu'à cause de l'Eglise d'Antioche, un concile se tint à Saint-Pierre (à Rome) et elle énumère les brutalités dont Acace s'est rendu coupable depuis sa déposition. II en résulte que cette lettre n'appartient pas, ainsi que le soutenait Valois, au concile de l'année 484, mais à celui de 485, composé de plus de quarante-deux évêques.
Il est dit, à deux reprises, dans cette lettre que le pape avait envoyé à Constantinople le defensor Tutus avec une sentence de déposition contre Acace. La manière dont le concile parle de cette mission, prouve qu'il ignorait encore à quel point Tutus avait abusé de la confiance du pape 7. Gagné par Acace, il était entré en com-
1. Baronius, Annales, ad ann. 485, n. 7-32 ; Pagi, Critica, 1689, ad ann. 485, n. 4 ; Conc. regia, t. x, col. 71 ; Labbe, Concilia, t. iv, col. 1123-1127 ; 1153; Hardouin, Coll. concil., t. n, col. 817; Mansi, Concil. ampliss. coll., t. vu, col. 1037 sq.
2. Hardouin, op. cit., t. il, col. 817; Mansi, op. cit., t. vu, col. 1037 sq. ; voir p. 914.