Voir la remarque de Mansi, op. cit., t. vu, col
miinion avec lui, avait trahi les secrets de Rome et livré ses dépêches. Les amis du pape Félix à Constantinople lui donnèrent connaissance de ce qui s'était passé et, dans un nouveau concile romain tenu à une époque difficile à déterminer, peut-être à la fin de Tannée 485, le pape déclara Tutus déposé à perpétuité 1.
d. La situation de l'Église en Perse fut précaire pendant tout le catholicat de Babowaï (456-485). La persécution sanglante inaugurée en 445-446 par Jazdgerd II avait déjà affaibli considérablement la chrétienté persane. Ces conditions défavorables expliquent en partie l'obscurité profonde dans laquelle se trouve l'histoire de Babowaï, successeur du catholicos Dadiso. Babowaï, originaire de Telia, près du fleuve Serser, était un converti, circonstance qui aura pu lui attirer la haine du roi Peroz, deuxième successeur de Jazdgerd II. Babowaï fut emprisonné plusieurs années. Cf. J. Labourt, Le christianisme dans Vempire perse sous la dynastie sassanide, in-12, Paris, 1904, p. 129. Il fut mis à mort entre le concile de Beit Lapât, dont nous allons parler, et le départ de Peroz pour la guerre contre les Huns, au début de l'année suivante. Le catholicat de Babowaï est signalé par un concile dont Hefele semble n'avoir pas eu connaissance. Ce concile réunit les évêques du Beit-Garmaï et de l'Adiabène. On y décréta que tous les prélats de l'éparchie de Kalka devraient assister à la commémoraison solennelle des martyrs de la persécution de Jazdgerd II. Ce concile doit être postérieur à l'année 464, qui est celle de la sortie de prison de Babowaï à l'occasion du traité de paix conclu entre le roi des Perses et l'empereur Léon. L'Histoire de Beit Slokh a conservé le texte du canon, cf. Hoffmann, Auszûge aus syrischen Akten persischer Màrtyrer, in-8, Leipzig, 1886, p. 58 ; Acta martyr um et sanctorum, édit. P. Bedjan, Leipzig, 1890, t. n, p. 531. Barsauma de Nisibe est mieux connu. Cf. Rubens Duval, La littérature syriaque, in-12, Paris, 1899, p. 345-347 ; J. Labourt, op. cit., p. 131-154. Le rôle néfaste qu'exerça cet homme sur la destinée du christianisme dans son pays et le goût qu'il manifeste pour les conciliabules exigent que nous lui accordions un moment d'attention.
Barsauma, d'abord esclave de Mare de Qardon, étudia à l'école d'Edesse, où nous le trouvons encore en 449. Il pouvait avoir alors une trentaine d'années, ayant dû naître vers 415-420. A Édesse, il reçut l'enseignement d'Ibas aux doctrines duquel il demeura fidèle. Lettre de Siméon de Beit Arsam, dans Biblioth. orientalis, t. i, p. 351. Dès le temps du « Brigandage d'Éphèse » l'attachement de Barsauma au nestorianisme était tellement notoire que les évêques assemblés demandèrent son expulsion (449). P. Martin, Actes du Brigandage d'Éphèse, in-8, Paris, 1874, p. 31. On ignore ce qu'il devint alors, mais il est tout à fait probable qu'après la réhabilitation de son maître Ibas par les conciles de Tyr, de Beyrouth et de Chalcédoine, Barsauma reparut en triomphateur à Édesse. En 457, la mort d'Ibas détermina dans sa ville épiscopale une violente réaction monophysite. Expulsé d'Edesse, Barsauma « l'impur » se rendit à Nisibe dont il devint évêque, grâce à la faveur du roi Peroz (457-484) qui le fit même, semble-t-il, marzban ou gouverneur de la ville et de son territoire. C'est ce qui explique comment il avait à sa disposition les troupes royales à l'aide desquelles il propagea ses doctrines par la