CONCILES DE l'ÉGLISE GRECQUE ET ORIENTALE
faite au Trisagion, et l'opinion prétendant que le Deus trinus avait [611] souffert pour nous1. Le Libellas synodicus l'appelle à tort un concile alexandrin 2, et donne à Quintien le titre de kzicy^izzç 'Apxou-
De Barsauma à Acace. Dans le temps que Satan a suscité une querelle entre moi et Mar Babowaï, je suis monté et j'ai cédé à l'instigation de tous les évêques délinquants contre lesquels il voulait porter un jugement et qui se révoltaient contre lui pour venir près de moi, et qui m'ont donné de nombreux conseils pour faire, eux et moi, contre lui, des choses contraires à la conduite chrétienne et à la direction de l'autorité à laquelle nous appartenons; (je confesse) aussi que nous nous réunîmes dans la ville de Beit Lapât, que nous y tînmes un synode et statuâmes des canons par la passion humaine, du temps de Mar Babowaï. Que Dieu pardonne et remette les fautes de toute cette assemblée. En vérité, je l'atteste, le synode que nous avons tenu était contraire au christianisme, ainsi que tout ce qui y a été fait. Après quelque temps je fus pris par le remords de ma conscience. Gomme rien de ce que nous avons fait ne tient ni ne tiendra, il convient que de notre vivant nous fassions pénitence, et que nous annulions et anéantissions ce que nous avons fait, afin que personne après nous ne puisse faire usage de ces canons et que tout ce qui a été fait là soit censuré et soit anathématisé. Antérieurement à cette lettre, deux fois déjà, je vous ai écrit des lettres pour annuler et détruire ce synode rebelle, contraire à tous les synodes de Pères. » Les lettres iy*, ▼* et vie n'ont plus trait au concile de Beit Lapât. D'après M. J.-B. Chabot, la première lettre remonte au mois d'août 485, la deuxième lettre serait du mois de septembre ou d'octobre ; la date de la troisième lettre est très incertaine. On pourrait conjecturer qu'il a existé un recueil spécial de lettres dans lesquelles Barsauma réprouvait ouvertement son concile de Beit Lapât, indépendamment d'une autre collection épistolaire du même évoque.
Nous avons dit que Barsauma signalé à Peroz par Babowaï lui-même comme l'homme le plus capable de le renseigner sur les affaires des Romains, devint tout ensemble métropolitain et marzban ou inspecteur des troupes de frontière. Ses lettres, et particulièrement la troisième, nous le montrent aussi soucieux des intérêts du prince que de ceux de l'Église. Il n'est guère douteux qu'il sut persuader Peroz que le monophysisme constituait un péril intérieur à raison de la sympathie de l'empereur Zéuou pour ceux qui adoptaient cette doctrine ; dès lors la fidélité des chrétiens de Perse ne pouvait être assurée que s'ils se rattachaient au dyophysisme. Peroz fut bientôt convaincu et les monophysites durent quitter le pays et aller s'établir en terre romaine. Les violences rapportées par Bar-Hébrœus — 7.700 martyrs — sont certainement exagérées. Cette période passée, Barsauma demeura à peu près maître du pays araméen, saufTagrit; par contre, son succès fut médiocre en Arménie. En 491, le catholicos Babken, entouré des évoques de l'Albanie et de l'Ibérie tint un synode à Valarsapat ; on y condamna le concile de Chalcédoine, le tome du pape Léon et l'évêque Barsauma qui vivait peut-être encore à cette époque. (H. L.)
1. l'agi, ad ann. 485, n. 8, et Mansi, op. cit., t. vu, col. 1170 ; cf. t. vu, col. 1068: Epistola Felicis ad monachos urbis Constantinopolis et Bithynîx.
2. Mansi, op. cit., t. vu, col. 1109 sq. ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 835 sq.
Xiavûv, ville non identifiée mais qui, d'après Pagi, faisait probablement partie du patriarcat d'Antioche i.
Enfin, à cette même année [484] se rattachent deux conciles persans que nous connaissons par la Bibliotheca orientalis d'Assemani 2. L'un d'eux fut convoqué parle métropolitain supérieur Babowaï en Séleucie, qui prend dans les actes le titre de catholicos, quoique ce titre soit d'une origine beaucoup plus récente ; l'autre concile se tint sous le métropolitain Barsauma de Nisibe, imbu de nestorianisme. Dans ce concile, Barsauma permit le mariage des prêtres et des moines (même après avoir reçu les ordres et émis les vœux) ; il défendit le mariage avec la belle-mère ou la belle-sœur, ou encore la bigamie. Les évêques blâmèrent le catholicos de la permission donnée aux femmes d'entrer dans le baptistère et de se montrer nues lors de leur baptême, ce qui avait causé des fautes de luxure et avait donné lieu à des mariages défendus. Le catholicos défendit dans son concile le mariage des prêtres et des moines, et excommunia Barsauma comme Barsauma l'avait excommunié 3.