Ibid., p
6. Hardouin, op. cit., t. n, col. 54-274 ; Mansi, op. cit., t. vi, col. 563-938.
sortir, ou nous sortons à l'instant. »] Le secrétaire du saint consistoire, Béronicien, traduisit sur-le-champ en grec les paroles que le légat venait de prononcer en latin. Les commissaires et les sénateurs demandèrent quels griefs en l'espèce étaient reprochés à Dioscore ; Paschasinus ne fit pas à cette demande une réponse satisfaisante, aussi la demande fut-elle réitérée. Alors Lucentius, second légat, déclara que Dioscore s'était indûment arrogé une juridiction ; qu'il avait convoqué un concile (général) sans l'assentiment du Siège apostolique, ce qui ne s'était encore jamais fait et ne devait pas se faire 4. Paschasinus ajouta que les [424] légats resteraient fidèles à leur mission, de même qu'aux canons ecclésiastiques et aux traditions des Pères. Les commissaires et les sénateurs demandèrent une troisième fois ce que l'on reprochait en particulier à Dioscore, et Lucentius ayant dit : « Il n'est pas appelé ici en qualité de juge, mais d'accusé, » les commissaires repartirent: « Situ veux, toi, te poser comme juge, ne commence donc pas à te poser comme accusateur. » Ils commandèrent cependant à Dioscore de quitter sa place et de s'asseoir au milieu (il ne fut donc pas complètement chassé, mais simplement exclu du nombre des votants) : ce qui satisfit les légats du pape.
Eusèbe de Dorylée [quitta sa place, s'adressa aux magistrats: « J'ai été lésé par Dioscore, dit-il, la foi a été lésée : Flavien a été tué, ce saint évêque dont je ne puis prononcer le nom sans verser des larmes. Enfin j'ai été injustement déposé avec lui. J'accuse Dioscore de tout cela et j'ai adressé à ce sujet à notre pieux empereur une requête qu'il vous a renvoyée. Par la tête des maîtres du monde, je demande qu'il en soit donné lecture à l'assemblée. » ] Les commissaires et les sénateurs y consentirent, et Béronicien lut le mémoire dont voici le résumé : « Lors du concile d'Ephèse qu'il eût mieux valu ne pas tenir, Dioscore, soutenu par un peuple déchaîné et par des moyens de corruption, avait nui à la vraie religion et approuvé les erreurs d'Eutychès. En conséquence Eusèbe demandait aux empereurs d'ordonner que Dioscore répondît aux plaintes portées devant eux ; pour cela, d'ordonner
1. Arendt, Léo der Grosse, p. 270, dit que : « cruvoSov hôl^r^e 7rot^<7at ÈTurpo- 7tf,ç St^a to-j àTToaroXcxoîj Opovou veut dire au fond qu'il avait, sans la permission du pape, présidé le synode et conduit toute l'affaire : car Léon avait approuvé la convocation du synode, en y envoyant ses légats. » Les Ballerini ont été du même avis dans leur édition des Œuvres de S. Léon, t. ii, col. 460, n. 45. Cf. le premier vol. de notre Hist. des conciles, introduction, p. 15-17.