LES DEUX CONCILES ROMAINS SOUS LE PAPE GÉLASE
Romana Ecclesia nullis synodicis constitutis ceteris Ecclesiis prae- [621] laia est> sed evangelica voce Domini et salvatoris nostri primatum obtinuit. Puis il déclare entachée d'hérésie * l'opinion souvent émise jadis et même dans la suite que Pierre et Paul n'ont pas souffert le martyre à Rome la même année [uno tempore). Enfin, il donne à l'Eglise romaine la primauté sur toutes les autres Églises et cela parce que le Seigneur la lui a concédée dans Pierre ; il montre cette Eglise romaine comme non habens maculam neque rugam nec aliquidhujus modi ; le deuxième rang appartient à l'Église d'Alexandrie fondée au nom de Pierre par son disciple l'évangéliste Marc, enfin le troisième revient à Antioche où Pierre, priusquam Romain venissety habitavit.
A ces trois sections de Damase, le pape Gélase en ajouta deux autres : De synodis œcumenicis et de libj'is recipiendis (c. 2e, 3e et 4e du décret entier). Dans le premier il est dit : Sancta i. e. Romana Ecclesia post Mas veteris et novi testamenti, quas regulariter suscipimus, etiam has suscipi non prohibet Scripturas, id est : Sanctam synodum Nicœnam..., sanctam synodum Ephesinam..., sanctam synodum Chalcedonensem. Nous avons déjà fait remarquer que le IIe concile œcuménique n'est pas cité, mais le pape Hormisdas l'a ajouté dans son édition et c'est la première des additions importantes dont on lui est redevable. La deuxième addition se trouve après la mention du concile de Chalcédoine qu'il fait suivre de ces mots : Sed et si qua sunt concilia a sanctis patribus hactenus instituta, post horum auctoritatem et custodienda et recipienda et decernimus et mandamus . Le pape Hormisdas a ajouté encore après le concile de Nicée ces mots : in qua Arius hœreticus condemnatus est.
Dans le c. 3 le décret énumère les libri recipiendi des Pères de l'Église et dans le c. 4 les libri apocryphi, qui non recipiuntur ; il déclare apocryphes tous les livres que l'Église romaine rejette, que ces livres soient faux (apocryphes dans le sens propre du mot) ou qu'ils soient authentiques. C'est ainsi qu'il cite comme apocryphes les écrits de Tertullien et de Clément l'Alexandrin aussi bien que les Actus Andreœ apostoliet ceux de Thomœ apostoliyetc.y etc. Il y a lieu de remarquer que les opuscula Tascii Cypriani sont rangés
1. Windisrhmann cherche à expliquer cette opinion dans son Vindicix Petrinx, p. 66, en faisant la supposition suivante : Gelasium magis perversam hx* reticorum, qui ea traditione abutebantur, intentionem reprehendisse credimus, quam quod ipsam illam traditionem hœreticam esse censuerit.
parmi les apocryplia, tandis que les Opuscula b. Cœcilii Cypriani [622 martyr Us et Cartliaginensis episcopi figurent les premiers parmi les livres recommandés (dans le c. 3) Cela tient à ce que ou bien ces apocryplia Cypriani ont été attribués à tort à saint Cyprien, ou bien sous ce nom de Tascius Cyprianus ils appartiennent à un auteur autre que saint Cyprien (qui lui aussi, c ependant, est appelé Tascius).
Il semble également étrange que YHistoria Eusebii Pamphili soit comprise parmi les apocryplia, tandis que la Chronique d'Eusèbe est rangée parmi les libri recipiendi avec cette remarque : quamvis in primo narrationits suœ libro tepuerit (il ait été tiède) et post in laudibus atque excusatione Origenis schismatici unum conscripserit librum, propter rerum tamen singularum notitiam, quse ad instructionem pertinent, usquequaque non dicimus renuendos.
Enfin nonnulla opuscula d'Origène quse vir beatissimus Hieronymus non répudiât sont acceptés, tandis que les autres ouvrages du même auteur sont rejetés et que les canones Apostolorum, \ePastor Hermœ et les écrits d'Àrnobe, de Lactance et de Cassien sont compris au nombre des apocryplia. Les différences que Ton peut constater sur cette partie dans le décret publié par Hormisdas sont de très peu d'importance.
Immédiatement après ce concile romain de 495, les collections conciliaires mentionnent une seconde assemblée tenue à Rome, au mois de mars (et non au mois de mai, 495) et qui par conséquent prend place chronologiquement avant le concile précédent. Ce concile présidé par le pape comptait quarante-cinq évêques, [cinquantehuit] prêtres, des diacres et deux hauts personnages civils. Il se tint à la demande de l'évêque Misène, le légat infidèle du pape Félix, désireux d'être réintégré dans l'Eglise. Misène présenta sa supplique dès la première session, 8 mars 495; mais on ne prit aucune décision, et le pape fit relire la supplique dans la seconde session. Misène dut comparaître en personne devant le concile et remettre une seconde supplique, datée du 13 mars, qui fut également lue. Le 13 est probablement la date de la seconde session ; car il n'est guère possible d'admettre qu'il y ait eu un grand intervalle [6231 entre les deux sessions. Il est vrai que la suscription des actes indique le 13 mai (/// idus Maii) comme étant la date de la 11e session, mais Pagi 1 et d'autres ont vu là une faute de copiste, et ont lu ///