‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 267 sur 544 · concile d'épaone en bourgogne · texte numérisé non relu

concile d'épaone en bourgogne

[681] représentait son évêque Salutaris. En comprenant Avit, il y avait en tout trente-quatre évêques et un prêtre.

On n'a pu déterminer définitivement le site d'Épaone ou Eponum. Il est très vraisemblable qu'Epaone était située dans le voisinage d'Agaune et qu'en 563 cette ville fut ensevelie sous un éboulement du mons Tauretunensis (près de Tarnada) ; quelque temps après on reconstruisit dans la vallée la bourgade de Yenne où les habitants d'Epaone sauvés du désastre ont dû se retirer.

Le concile d'Epaone fut convoqué par les deux métropolitains de la Bourgogne : Avit de Vienne et Viventiole de Lyon. Nous possédons encore les lettres de convocation 4. Celle d'Avit est adressée à l'évêque Quintien, qui occupait le siège de Clermont en Auvergne, et n'appartenait ni à la province ecclésiastique de Vienne ni au royaume des Burgundes ; aussi le P. Sirmond a-t-il, dans son édition de saint Avit, émis l'opinion que l'adresse à Quintien et la lettre de convocation aux suffragants n'appartiennent pas à un unique document. La lettre à l'évêque de Clermont est probablement perdue ; on n'en a conservé que l'adresse, qu'on aura jointe à tort à la lettre de convocation envoyée aux suffragants 2. Dans celle-ci, Avit 3 dit que les anciens canons prescrivent la tenue annuelle de

1. Mansi, op. cit., t. vm, p. 557. Cf. Maassen, Concilia, p. 16, et ces deux lettres données p. 17 et 18. (H. L.)

2. Cette opinion de J. Sirmond est généralement admise ; cf. Spruner- Menke, Historisches Handatlas, Gotha, 1876, n. 29 ; U. Chevalier, OEuvres de saint Avit, p. 117, note 2 ; Maassen, Concilia, p. 17, note. Peiper, dans son édition de saint Avit, Epist., lxxxviii, est également du même avis et compte deux lettres : celle à Quintien, dont le texte manque, sous le n. 88 ; celle aux suffragants sous le n. 90. Le ms. de Lyon, n. 111, écrit avant 535, au lieu de faire lire Epistola beati Aviti ad Quintianum episcopum, donne : Epistola ad Amandum. Mais Peiper et, après lui, Chevalier ont fait remarquer que le nom d'Arnaud ne figure pas parmi les vingt-cinq évêques qui souscrivirent les décisions du concile ou qui s'y firent représenter par des prêtres. Il est vrai qu'il y manque ceux de Belley et de Lausanne (titulaires encore ignorés). (H. L.)

3. On doit maintenir sans hésiter le rôle prépondérant d'Avit à Épaone. Une Adnolatio de synodis porte : Quinta décima Epaunensis, in qua Patres XXVII {al. XXVI, XXXVII) statuerunt canones XL (al. LX) quorum auctorm axime Cesarius episcopus extitit (al. fuit). W. Lippert a prouvé que ces notices n'ont aucune valeur historique : elles ont été fabriquées d'après l'ordre altéré des signatures épiscopales dans les mss. de la collection canonique dite collection d'Angers. Die Verfasserschaft der Canonen gallischer Concilien des V. und VI. Jahrhunderte, dans Neues Archiv, 1888, t. xiv, p. 9-58. (H. L.)

deux conciles provinciaux, mais qu'il serait bon d'en tenir un au moins tous les deux ans. Le pape lui a reproché la non-observation de cette prescription en Bourgogne. Il exhortait donc tous ses collègues à se trouver le 6 septembre à Epaone ; ceux qui en seraient empêchés par la maladie se feraient représenter par deux prêtres [682] éprouvés, capables de délibérer avec le concile 1.

Viventiole de Lyon envoya une lettre analogue, convoquant au concile les évêques, les clercs et même les laïques ; la plus grande impartialité et la liberté de discussion la plus complète devront régner 2.

Un autre document figure en tête des canons d'Epaone, avec le titre de Proœmium ; c'est le début d'un discours prononcé par l'un des évêques ou des prêtres sur l'ordre des Pères, et probablement à la séance d'ouverture . C'est un verbiage diffus autour d'une seule idée : l'orateur se reconnaît indigne et impuissant pour prendre la parole devant une telle assemblée ; s'il le fait, c'est par ordre et pour édifier par son obéissance. C'est l'opinion des auteurs de Y Histoire littéraire de la France, qui regardaient ce Proœmium comme une sorte de préface mise en tête des canons par le clerc chargé de la rédaction de ces mêmes canons. Nous regarderions plutôt comme servant de préface à ces canons les quelques lignes portant le titre deprœfatio, annonçant la réunion des évêques et leurs décisions. Voici le résumé des 40 canons 3 :

1. Lorsqu'un métropolitain .a convoqué ses confrères pour un concile ou pour une ordination, aucun d'eux ne doit refuser de s'y rendre, sauf pour cause de maladie 4.

2. L'ordonnance apostolique 5 qui défend à tout homme qui s'est marié deux fois ou qui a épousé une veuve de devenir prêtre ou diacre, doit être remise en vigueur 6.

3. Quiconque a été soumis à la pénitence ecclésiastique ne peut devenir clerc 7.

1. Mansi, op. cit., t. vin, col. 555 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1045 ; Maassen, Concilia, p. 19.

2. Mansi, op. cit., col. 556 ; Hardouin, op. cit., col. 1046.

3. Mansi, op. cit., t. vin, col. 559 sq. ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1047 sq.

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