CONCILE A LYON
de cette ville. L'assemblée d'Epaone avait renouvelé les défenses au sujet des mariages incestueux. Etienne, préposé du fisc du royaume de Bourgogne, avait, après la mort de sa femme, épousé Palladia, sœur de celle-ci. Ce fut surtout lui que visait le 30e canon d'Epaone. Cette affaire revint au concile de Lyon. Une très ancienne biographie de saint Apollinaire de Valence, présent au concile d'Epaone et frère utérin d'Avit, rapporte qu'Etienne fut excommunié dans un concile en présence d'Avit et d'Apollinaire, ce qui mit le roi en grande colère. Les évêques s'étaient, sur ces entrefaites, retirés dans le voisinage de Lyon 4. Là, ils célébrèrent le concile
517, n. 10 (affirme à tort que le lieu du concile, Lyon, n'est qu'une conjecture) ; de Lalande, Concilia, p. 350-251 ; Labbe, Concilia, t. iv, col. 1584- 1586 ; Ghesquière, dans Acta sanct., 5 octobr., t. ni, col. 55 (date fin 517) ; Hardouin, Coll. concil., t. n, col. 1053-1054 ; Coleti, Concilia, t. v, col. 721- 724; Mansi, Concilia, t. vin, col. 567-574; Allmer et Dissard, Musée de Lyon, Inscript, antiques, t. iv, n. 96 (date de 518) ; Maassen, Concilia xvi merovingici, 1893, p. 31-34. — (Eladius diacre ?) Vita S. Apollinaris, 1. I, c. 3, dans Barralis, Chronol. insulx Lerinensis, t. i, p. 377-378 ; Labbe, Biblioth. mss., t. i, col. 690-694 ; Martène, Veter. scriplor. collectio, t. vi, col. 779-780 ; Acta sanct., octobr. t. ni, 59 ; Bouquet, Recueil des histor. de la France, t. m, p. 404 ; Mansi, Supplem., t. i, col. 399-400; Conc. ampliss. coll., t. vin, col. 573-574. — Vita S. Aviti, dans Acta sanct., févr. t. i, col. 668 ; 3« édit., col. 674 ; Labbe, Bibl. mss., t. i, col. 693-694 ; Monum. German. histor. auct. antiquiss., t. vi, part. 2, p. 178-180. (H. L.)
1. La Vita beati Aviti episcopi Viennensis (Labbe, Nova biblioth. mss., 1657, t. i, p. 693-695 ; U. Chevalier, OEuvres de S. Avit, in-8, Lyon, 1890, p. xxi sq.) donne des détails circonstanciés relativement à ces événements : Itaque accidit ut quidam ex officio régis Sigismundi, nomine Stephanus, qui super om~ nem dominationem fisci principatum gerebat, defuncta ejus conjuge, sororem uxoris suas sibi illicito conjugii consortio copularet. Qua de re sancti ac beatissimi apostolici viri Avitus et Apollinaris, qui secundum carnem germani, in Christi vero opère famosissimi fratres, omni semper intempore operibus mancipati divinis, nobilitate eorum cognita, prudentia, doctrinis sacris, spiritu fervente eruditi, synodalem institutionem servantes, cum reliquis pontificibus, simul in unum congregati, ipsum Stephanum sacra communione privari san~ xerunt... Tune rex dirx insanix furore permotus, beatissimos pontifices, acerrime insidias prxtendendo, injuriare non desinebat. Sed apostolici atque venerabiles viri, minas terreni régis minime formidantes... Visum enim illis est, ut in oppido civitatis Lugdunensium, quod nuncupatur Sardinia, pariter tanquam exilio deputati, auxiliante Deo, comitarentur. Videns vero rex ille constantiam eorum incorruptibilem esse, ab ira non desinens, prxcipit ut pontifices, qui ibidem pariter residebant, ad propria reverterentur, et singillatim per singulos menses regem opperiri deberent. Sed quia beatissimus Apollinaris in condemnatione Stephani persévérons videbatur, ipsum primum studuit observarc,
dont nous avons maintenant à parler, car le concile qui excommunia Etienne, en présence d'Avit et de son frère, n'est certainement autre que celui d'Epaone *. On ne saurait, en tout cas, placer cette excommunication au concile de Lyon, auquel Avit ni Apollinaire n'ont pris part. On voit du reste, par les six canons décrétés à Lyon, que les rapports entre le roi Sigismond et ses évêques s'étaient un peu améliorés, mais demeuraient encore l'objet de préoccupations 2. Ces six canons sont ainsi conçus 3 :
1. Nous tous, réunis pour la seconde fois au nom de la Trinité à cause de l'inceste d'Etienne, avons décidé que le premier jugement porté à l'unanimité contre lui et contre sa compagne illégitime devait garder force de loi. La même peine atteint les autres personnes qui ont participé à cette affaire.
2. Si, à raison de ce jugement, l'un de nous vient à avoir à souffrir de la part du pouvoir civil, nous souffrirons tous avec lui, et si
1. C'était l'opinion de Mansi, loc. cit. ; il est vrai que les actes du synode d'Epaone tels qu'ils sont parvenus jusqu'à nous, ne disent rien de cette particularité. [M. J.-B. Martin, op. cit., p. 12-13, n. 38, attribue au concile de Lyon (517-523) l'excommunication d'Etienne ; il mentionne l'opinion de D. Lalande qui fait précéder les noms des évêques qui souscrivirent les actes du concile de celui d'Avit de Vienne ; < d'après la Vita S. Apollinaris, ajoute-t-il, Avit aurait bien assisté à ce concile. » (H. L.)]
2. Le ms. utilisé par Sirmond offre une sorte de sommaire des canons avant ces canons eux-mêmes : Incipit epistula tempore Sigismundi régis ab episcopis in urbe Lugdunam facta in qua scriptum inverties: De incesti facinore. Item si quis cupititatis instincto ecclesiam alterius vel parrociam absque eius, ad quem pertinere nuscitur, cessionem prœsumpserit aut ordinatione fecerit. Et ut nullas in locum viventis episcopi sacerdotii gradum ascendat. — Sinodus vel constitutio sanctorum episcoporum contra Stephanum qui oblitus divinas vel humanas leges cognatae sux ausu nefario se sociavit. Et à la fin : Explicit epistula contra Stephanum tempore Sigismundi régis. Les actes du concile de Lyon ont donc porté le nom d'epistola et cette appellation provient vraisemblablement du fait qu'on aura communiqué le contenu des actes aux évêques intéressés avec une lettre d'envoi. La date du concile reste incertaine. Il n'est guère postérieur au concile d'Epaone, de 517, et d'autre part, les noms des évêques signataires ne permettent pas de dire si l'un d'entre eux était mort avant l'année 523, date de la mort du roi Sigismond, sous le règne duquel se tint le concile. Il faut donc le placer sous le règne de ce prince, entre 517-523. (H. L.)
3. Sirmond et tous les éditeurs qui l'ont suivi, à l'exception de Maassen, se basent sur deux manuscrits et coupent les décrets du concile en six canons. Maassen, op. cit., propose une division en quatre canons. Le 1er renferme les canons 1, 2, 3, de l'ancienne division, les 2e, 3«, 4e correspondent à l'ancienne division 4e, 5e, 6e. (H. L.)